Mes amours au temps du Patriarcat

Une fois que l’on est féministe et qu’on est dans la déconstruction, et surtout qu’une certaine conscience des petites subtilités d’oppression se met en place, on ne peut plus regarder les relations hommes/femmes comme avant.

Il fut un temps où Kate Millet, féministe radicale américaine l’affirma : « L’époque se porte mal à aimer les hommes ». Aujourd’hui, la question est révolue. Il n’y pas de honte de se dire féministe et d’aimer les hommes. Personnellement, les relations privilégiés que j’avais avec les hommes m’ont énormément apporté sur le plan affectif/sexuel/intellectuel, et m’ont fait prendre conscience que les relations affectives et/ou sexuelles avec les hommes interféraient –qu’on le veuille ou non – avec le patriarcat.

Alors je ne vais pas parler des autres femmes, et ne vais pas théoriser non plus (un peu quand même), j’apporterai ma vision des choses, mon vécu, j’apporterai surtout des questionnements. Quand j’utilise le pluriel pour « hommes », je ne parle pas de tous les hommes mais des quelques hommes que j’ai connus, j’ai préféré ne pas utiliser des lettres initiales pour désigner tel ou tel pour ne pas compliquer la lecture, quand j’utilise le pluriel pour «femmes », je parle de moi mais aussi d’autres femmes dont je connais de près l’histoire sexuelle/affective.

Une histoire de normes

Très souvent, lors des discussions avec des hommes, j’avais toujours eu l’impression qu’il y avait deux mondes séparés ; celui des hommes et des femmes, je m’identifiais rarement dans les représentations qu’ont les hommes sur les femmes, j’avais l’impression alors de ne pas correspondre à leurs schémas. Les hommes me reprochaient souvent, par exemple de ne pas être assez « fofolle» et transgressive, de ne pas boire assez, de ne pas fumer de joint, c’est-à-dire de ne pas répondre à leurs propres transgressions, parce qu’ils sont loin d’imaginer qu’une femme paye beaucoup plus lourd ses transgressions qu’un homme le paye. Ils me reprochent aussi souvent de « faire la forte », et de pas être « une femme» tout court, parce que selon eux une femme ne peut pas « être » une femme forte et sûre d’elle, elle peut seulement faire semblant de l’être, parce qu’ils ne conçoivent la féminité que dans une position de dominée. Ils ont été pour la plupart insensibles à la part enfouie en moi. J’ai vu des hommes en colère contre moi, parce que je refusais leurs demandes sexuelles trop hâtives, qui ne comprenaient pas pourquoi je disais « non » à leurs invitations, qui voyaient que j’étais « une coincée du cul » parce que je préférais attendre. On me reprochait d’être « faussement » ouverte d’esprit, aussi de vouloir les séduire, ils nous pouvaient pas imaginer qu’une belle femme comme moi pouvait ne pas avoir une sexualité « affranchie » comme eux ils l’entendaient.

Les hommes ont beau se mettre à la place des femmes, jamais ils ne sauront c’est que être une femme dans une société patriarcale, et je les comprends, parce que nous les femmes ne leur avons jamais parlé de ça, pas réellement. Les hommes apprennent beaucoup sur les femmes mais c’est toujours par la bouche d’autres hommes. Ils ne savent pas qu’une femme de trente ans en a déjà assez vu de mécanismes patriarcaux dans sa vie pour se méfier des hommes.

J’en ai pris conscience le jour où j’ai dit à mon compagnon, que je ne pouvais pas l’attendre à un tel endroit, parce qu’il était bondé d’hommes et que je risquais, en tant que femme seule, assez coquette pour rencontrer son amoureux, de me faire agresser, du moins « male gazé » *. Mon compagnon a fait une telle mine d’étonnement que j’ai compris alors qu’ils y avait tout un monde qui sépare les hommes et les femmes. Je lui ai demandé de me guetter de loin et d’observer, et il a pris ça avec un éclat de rire.

Consentement et autres histoires de déconstruction

J’en ai pris conscience aussi le jour où je me suis vue perdre des histoires affectives qui allaient être importante dans ma vie, car j’ai préféré attendre. Parce que pour les hommes le consentement c’est quelque chose de « spontané » « qui vient naturellement », et que pour moi, le consentement c’est quelque chose qui vient tout d’abord de moi, et de nulle part ailleurs.

Comment dire à tous ces hommes, que le consentement – sur tout – dans les relations affectives et/sexuelles est devenu problématique, le jour où un ami n’acceptant pas la « friend zone » que j’ai dessiné du premier abord, m’a forcée de coucher avec lui. Leur dire qu’ils doivent d’abord commencer par voir et reconnaitre ces relations de pouvoir pour les déconstruire, et tant que les hommes préserveront ces schémas là – sur la femme – la sexualité – le couple – l’amour et que les femmes persisteront à s’être conformes à ces modèles prêts,  nous ne sortirons de cette misère affective et sexuelle, car aucun de nous, femmes ou hommes ne répond réellement à ces modèles.

Je l’ai vue cette relation de pouvoir dans les relations affectives et/ou sexuelles entre les hommes et les femmes, je l’ai vue quand elle n’y était pas justement, à vingt-cinq ans, quand j’ai rencontré une femme, et ça m’a énormément ouvert les yeux, ça a cristallisé d’un coup tous les soucis que j’avais avec le patriarcat.

D’abord, parce que dans une relation homosexuelle avec une femme avec qui j’avais le même âge, (avec une femme plus âgée il y a aussi un rapport de domination) tout était consenti, c’est à dire rien n’était discuté concernant mes désirs, nos désirs étaient mutuellement respectés, et je ne parle pas de sexualité seulement, mais de tout, même du fait de désirer sortir ou pas.

Ce n’était pas toujours le cas avec les hommes, qui dès qu’ils désirent faire quelque chose avec moi – voir un film, boire un café/un verre – et que moi je n’en avais pas envie pour x raisons – ils vont insister, beaucoup insister. Pareillement, avec une femme (et un homme) je ne m’en souviens pas avoir insisté pour obtenir le consentement sur quoi que ce soit. Mes désirs et mes attentes étaient exprimés certes mais jamais convertis, alors que j’avoue, qu’en face d’un homme en attente de quelque chose, j’ai pas mal de fois cédé.

Ainsi, dans une relation affective et sexuelle homosexuelle, rien n’était catégorisé et tout ce schéma, ce moule auquel j’avais l’impression de ne pas correspondre, devenait transparent. J’étais moi-même tout simplement, ni classée, ni cataloguée. Il n’y avait pas une norme invisible qui plane comme un fantôme dans la relation et qui te dit « pourquoi n’es-tu pas comme ça ? » et surtout il n’y avait pas cette hiérarchisation des choses, il n’y avait pas de « bonne » romance et de mauvaise , il n’y avait pas de « bon » sexe , et du « mauvais » sexe , de bons «  fantasmes » et de mauvais «  fantasmes » , la rencontre amoureuse n’était pas quelque chose qu’on pouvait noter , car elle se construisait au fur et à mesure .

A contrario, avec les hommes, il y a toujours quelque chose qui « va » et une autre qui ne « va pas », c’est-à-dire qui n’entrait pas dans leur conception de la relation homme/femme, par exemple pour certains, je n’étais pas assez « jalouse », pas assez « possessive » pour une femme qui se dit amoureuse, et ces derniers considéraient nos relations comme secondaires, insignifiantes par rapport à d’autres relations où la campagne était plus investie. Les hommes aussi hiérarchisent les relations sexuelles, loin de cliché bon coup /mauvais coup, ils considèrent moins importantes les relations non péniennes, c’est-à-dire sans pénétration. Je reviens à cette question de la pénétration, et d’orgasme féminin.

Une histoire de phallocentrisme

Tous les orgasmes que j’ai eus jusqu’à présent, que ce soit avec des hommes et des femmes, étaient des orgasmes clitoridiens. Et j’ai beaucoup écouté des femmes dire – parfois à demi-mot – leur difficulté à atteindre l’orgasme. (Je parle bien sûr d’orgasme et non pas de plaisir). Nous payons le prix d’ une conception phallocentré de la sexualité humaine. L’orgasme et la pénétration sont deux choses complètement séparés, et je ne comprends pas qu’il puisse exister une seule forme de sexualité – encore plus phallocentrique. Et qu’une sexualité sans pénétration, basée sur les caresses, la sensualité n’en soit pas moins importante qu’une sexualité typique.

Je vous parle de quelque chose dont j’ai été témoin, il y a quelques années, pour vous montrer combien ce phallus est indétrônable. Quand un soir, le fiancé de mon amie a découvert sur son téléphone qu’elle fréquentait des filles, la première idée qui lui est arrivé à l’esprit c’est de courir vers la pharmacie pour acheter une capote et revenir faire ce qu’il à faire. Quand je suis intervenue le lendemain pour comprendre, il m’a bien dit calmement, qu’elle s’est tournée vers les filles car « ça » lui manquait , pas plus .

 

C’est ce schéma que je viens d’évoquer dessus, qui fait que nous les femmes nous nous n’identifions pas dans ces représentations de la sexualité féminine. C’est soit on se conforme à leur schéma et là, on est des simulatrices, actrices d’ « une comédie sexuelle», soit on leur parle de ce qui en est réellement et on échange. Et c’est ce schéma qu’on veuille imposer aux femmes aussi qui leur fait violence.

 

Une histoire de non-réciprocité et d’échange

Cette réciprocité dans l’échange affectif et sexuel fait défaut à la plupart des femmes aujourd’hui, qui se trouvent en face au mutisme des hommes, des hommes qui ont appris dès l’enfance à tout reléguer aux femmes, notamment le « le travail affectif », et nous aussi qui avons intériorisé ce rôle. Nous avions souvent un besoin de parler, de nous exprimer, de discuter, d’expliquer et d’écouter, de chercher un sens à/ sur une relation que nous avions jugée importante dans nos vies, mais nous nous heurtions à la des -implication des hommes , nous nous adressons alors à d’autres femmes pour parler de problèmes qu’on a avec des hommes . Nous avons ainsi contribué à exclure les hommes de la sphère affective, sachant qu’ils se parlent peu entre eux de problèmes affectifs, et que c’est leur causer du tort que de les exclure.

 

Les rares seules fois où j’ai pu bénéficier d’une réflexion avec mes amoureux autour de nos relations affectives, c’était dans le cadre de relation ouverte, c’est-à-dire non exclusive, et là on réfléchit ensemble, on reconstruit ensemble quelque chose qui n’existait pas avant.

Une histoire de « couple » et de non-couple

Evidemment, quand on est « en couple » avec une personne homme ou femme, les règles sont définies d’avance. L’exclusivité, la fidélité ne sont pas discutables. La jalousie devient légitime même souhaitable. Les sentiments se rationnalisent et s’institutionnalisent avec le temps.

Quand les règles de la fidélité, sont souvent enfreintes par des hommes qui sont ensuite pardonnés, et quand la balance affective tend plutôt vers les femmes,  être « en couple» pour moi c’est alors  être dans une relation inégalitaire.

Dans une relation ouverte, non-exclusive, on déconstruit, et c’est en échangeant sur tout cela, en négociant, en fixant nos attentes, on reconstruit de fil en aiguille un lien, on  dépareille les sentiments de toute construction sociale.

Dans une relation ouverte, non-exclusive, confiance, respect de l’espace de l’autre s’installent chemin faisant, car il y a échange et réflexion sur la relation même, il n’y a pas de déceptions puisqu’il n y’a pas de promesses, il n’y a pas de dégradation d’estime de soi, celui-ci n’entrant pas en jeu, comme dans une relation de couple traditionnelle (hétérosexuelle ou homosexuelle), où on cherche désespérément la reconnaissance dans l’autre.

Les rencontres multiples ne sont plus hiérarchisées, elles ont chacune leur propre charge intellectuelle/sexuelle/affective/ émotionnelle /spirituelle. Cette non-exclusivité est une ouverture incessante /se faisant sur d’autres mondes, sur l’Autre et surtout sur soi-même.

 

 

Un jour, Duras a dit « Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter. » Voilà pourquoi nous les supportons , pour pouvoir, un jour , changer les  choses avec eux.

الحُمَّى

جَسدِي يَغلِي
برّاد مِن حديد قدِيم و صدِئ
يزفُر بُخَاره .. و إفرَازات غرِيبة ، برائِحة لا أميّزها
أستسِيغُ قذَارته في رضى
أحبّ الحمّى
أكثر من الكُحول ، المخدَّرات
الصّلاة و الشّعر
أحبّ الحمّى
تجْتاَحُني تمامًا
تركبُني كثَور
فيرْكع الحقِير
الكاَفر بي
البورجْوازِي , المثقّف
المتبرّئُ منيّ
!جَسدِي
يسقط الطّاغية
و لا يقَاوِم السّقُوط ، لريبة من أيّ نوع
لغريزة من أيّ جنس
لا يُحمِّل السّفر اللّذيِذ أيّ عبء ، أو ختم

أرُشُّ عليه شِعر
أبللّه بصوتٍ
أثيره  بذاكرة
أقرُصُه
أخدشُه
أعيِّرُه بحُدُود ظِلِّه
أشتُمه : يا إبن النِّظام
يا ساعة بيُولوجيّة
يا هِرمُون مُصنَّف
يا آلة دمويّْة
يا مشروع جثَّة !!

لا يجيبْ
لا ينهَرُني
لا يُغلِق بابه علَيه و يتركني وحدي
أحبُّ الحُمىّ

يمكِنُني الآن أن أتخلّص من تاءِ التاْنِيث
أكسِر هياكِل الحُروف، و ألواح الطّين
أتخلّص من الخوف ، الجُّوع ،الألم و حكِّ الجلد
يُمكِنُنِي
أن أشْتهِي قمْلة
أُضَاجع كل شعرة بذات اللِّحيَة
أن أحْلِق اللّحيَة
يُمكِنُنِي
أن أستقيل ، أتكَاسل ، لا أكتَرِث
أن
أسْكُن تحَت إبِطٍ  دافئ برائِحة
بين جنَاحيْن بماء
خِصيَتيْن بشَعر
يُمكِنُنِي
..أن أَنْعمَ بالسّكِينة و السلم

Barbara KRUGER, Untitled (your body is a battleground), 1989

 Amal. C
Photo  de Barbara Kruger
http://www.arthistoryarchive.com/arthistory/feminist/Barbara-Kruger.html

Garçon et Fille

Malentendante de naissance, voici quelques bribes de phrases ou de conversations restituées qui m’ont marquée.   

« Maman, je veux jouer avec le camion
Non chérie le camion est fait pour les garçons. »

« Pourquoi il porte un short ? Je veux porter un short moi
Les robes sont faites pour les filles et les shorts ce sont pour les garçons. »
« Maman ! Mon corps est tout plat mais Ahmed a un truc qui sort des jambes
Tu n’as pas honte !! Ne parle plus de ce sujet. »
« Je veux Barbie, je veux Barbie !!
Tout de suite, je vais te l’acheter. »

« Je suis content que tes souliers roses te plaisent.
Oui, Aicha a les mêmes souliers que moi. »

« Chérie, va regarder la télé, tu dois rester ici.
Mais je veux jouer avec Ahmed dehors. »

« Apporte- moi une verre d’eau
Toute de suite Papa ! »

« Oh la la !! Tu as fouillé dans mes affaires. Tu as ruiné mes maquillages
Comment tu me trouves maman ? »

« Papa, Je veux faire la dance comme études
Non la dance est faite pour les putes.
Qui sont les putes ?
Les femmes de mauvaises fréquentations
Et les hommes sont-ils des putes ?
Arrête de poser des questions débiles !! »
« Il m’a violée.
Oh ma chérie, c’est dur ça, je suis vraiment désolée, comment il a osé ça ! Il parait gentil
Je ne sais quoi faire je ne sais que dire a mes parents tout est fini
Tiens, je connais un moyen pour restituer ta virginité. »

« Est-ce que tu veux vraiment te marier avec lui
Je n’ai rien à faire tout le monde le fait
Mais tu es brillante tu es intelligente, tu as toute la vie devant toi
Je ne veux pas le perdre et rester célibataire, toutes les filles dans ma cité sont mariées. »

« Alors tu es vierge ?
Ça veut dire quoi vierge ?
Tu n’as pas eu des rapports sexuels avec un mec auparavant ?
Mais non ! Je suis pieuse, je porte le voile, je n’oserai jamais faire cela
Dieu merci !…J’en étais Sûr. »

« Il m’a battue.
Rentre chez toi chérie, on ne veut pas que les voisins sachent cela
Mais il va me battre encore
C’est la vie ma chère, il ne fallait pas l’énerver, patiente toi. »

« Maman , je veux jouer avec le camion .
Non chérie le camion est fait pour les garçons. »

Mona Belhouane

… كرواسون للجائعين

هي ليست مزحة، وليست اقتباسا من مقولة ماري أنطوانيت ملكة فرنسا الشهيرة « إذا لم يكن هناك خبزٌ للفقراء.. دعهم يأكلون كعكاً ».. بل هي حقيقة، انا صاحبتها، وبعد ان قمت بها استنتجت لها ابعادا جديدة

منذ أيام قليلة، في طريقي الصباحي إلى العمل تصحبني جوقتي النسائية المعتادة، مررنا على بائع مرطبات وأخذنا قطع « كرواسان » وسرنا الهوينا نقلب أعيننا بحثا عن « تاكسي »، مررنا بجانب رجل يجلس القرفصاء وأمامه آلة ميزان التي تبدو مورد رزقه الوحيد، وبوجه متلبد وبنظرة جائعة رمقنا، ولأكن أدق، رمق الكرواسون الذي نحمله وقد انطلقت إحدانا في أكله.. النظرة لم أرها بوضوح، لكنها أصابت رفيقتي في الكرواسان فنبهتني بعد أن تجاوزنا الرجل، فعدنا إليه وأعطيناه قطعة دون أن ننبس أو ينبس هو ببنت شفة

ولأكن صادقة، سخرت من نفسي للحظات. جائع أعطيه كرواسان؟ يا لي من « مُتبرجزة » صغيرة أمارس ما طاب لي من أفعال المتيسرين العطوفين أصحاب القلوب الرحيمة.. ثم استدركت، لقد أراد فعلا الكورواسون، ولم يمانع أبدا في أخذه، بل لربما قد سعِد به في داخله دون أن يُظهر لنا غبطته. انتهت القصة هنا، لكن تفكيري لم يتوقف عندها، لم أعرف كيف ربطت هذه القصة الواقعية بقصص أكثر واقعية صرت أتعايش معها يوميا، وجدت خيطا رفيعا قادني من الجوع البيولوجي المعتاد إلى الجوع الجنسي في وطننا العزيز. أي رابط بينهما؟ إليكم الاجابة:

كنت أفكر في سُخف أن نقدم لجائع محروم من أبسط مقومات العيش، إحدى رموز الرفاهية الغذائية المتعارف عليها، فلطالما سخرنا من آكلي الكرواسان كرمز للبذخ لسعره المرتفع مقارنة بحجمه وقيمته الغذائية. ثم قفزت إلى ذهني فكرة سُخف أن نطلب « الحب » وما يصحبه من رفاهية عقلية ونفسية، من مجتمع جائع جنسيا. لا أدري نقاط الشبه أو صحة الفكرة، لكنها تخمّرت عندي وتعاظمت بسرعة. فعلا، ألسنا مجتمعا جائعا للجنس والمتعة رجالا ونساء؟ أليست الفكرة الأكثر سيطرة على تابوهاتنا وخيالاتنا واشكالياتنا وخوفنا وطمعنا وحساباتنا؟ وجب أن أستحضر دعابة صديقة صدوقة لا طالما صارت ترددها: « أريد أن أتزوج !  أريد أن يتم نكاحي !  أريد قضيبا ذكريا بربطة عنق يجلس في جانبي على المنصة ! »

ها أني قدمت مثالا مؤنثا حتى لا أكرر القول بأن الجوع الجنسي مقتصر على الذكور عندنا (على اعتبار جوعهم وقرمهم لا جدال فيه)، لكني بدوري وجب أن أنوه: لست بهذه الدعابة أعني أن هذا الجوع يعانيه فقط غير المتزوجين خاصة من الإناث اللاتي يطالبهن مجتمعنا البدائي بشهادة عدم الاستعمال (غشاء البكارة سيئ الذكر). إذ أن المتزوجين وحسب تجاربي الشخصية البحتة أكثر نهما وجوعا وغبنا جنسيا… والسبب، حسب تحليلي المتواضع، تعاسة جنسية على فراش الزوجية، وتراكمات ذكورية مفادها أن الزوجة ليست للجنس بل للإنجاب والتربية وتقديم الخدمات المنزلية وحتى المادية.. هي بعبارة أخرى موظفة محدودة المهام. قد تتهموني بالتهجم على مؤسسة الزواج العظيمة عندنا أو بالتجني على رجال بلادي وشبانها، لكني أؤكد أني أحبكم حبا جما (لا خيارات أمامي) وأني لا أكن عداوة للرجل التونسي بقدر ما أكن احتقارا لمنظومة مجتمعية قبلية أبوية كاملة مترسّخة فينا، لم يمحها بورقيبة (أب التونسيين ! ) ولا البورقيبيون (اليتامى) ولا المثقفون (الثقافة نفسها أنواع سيدي خويا) ولا النسويات (نسويات مع الذكور، ذكوريّات مع الإناث) ولا المفكرون (حاملو الأفكار الجميلة والأفعال الشنيعة) ولا المصلحون (المصلحون للعذرية في أغلب الحالات).. لست أتحامل صدقوني، أتحدث فقط من المُعاش اليومي الذي أظن كثيرات مثلي يعشنه، لسنا مجتمعا سيئا جدا في النهاية، لكنه مجتمع منافق، وأناني، ورجعيّ جدا. ما أجمل صورته الخارجية: شوارع ومقاهي مختلطة، فنون منتشرة، نقاشات « بناءة » جدا، حانات راقية (لـبنات العائلات اللاتي يليق بهن الخمر) وأخرى رخيصة (للرخيصات) رجال « جانتلمان » (إلى أن يُضاجعوا) وأمن مستتب (بعد منتصف الليل قد تصبحين في خدمة الأمن) .. مجتمعنا جميل فعلا، يبهر كل زائر وعابر، ويحسدنا الكثيرون، وهم يعلمون أو قد لا يعلمون

لست أدعو إلى ثورة هنا، فتاريخنا مع الثورات غير مشرف، أريد فقط قليلا من الصراحة. كم أحترم رجلا لا ينمق كلمات الحب والوله ولا يحفظ أبيات درويش (وما أدراك ما درويش) فقط ليقود بها أول أنثى (ثقب) إلى فراشه. كما أحترم امرأة تريد أن تتزوج لأنها أجبن من تواجه « الأب » الكامن فيها والمسلط عليها وتريد جنسا علنيا « حلالا ». كم أتفهم فتاة تلتجئ إلى « الرتق » والترميم لأنها تعرف جيدا أنه لن يسامحها. كم أستوعب ذكرا يشترط عذراء للزواج بعد أن ذاق طعم العذراوات والثيبات يمينا وشمالا.. كم أحترم متزوجا يصارحك بلا مواربة أو تنميق بأنه يريدك عشيقة لأن الفراش اليومي لا يمتعه، ولا يوهمك بأكثر من ذلك. كم أحترم الصادقين مع أنفسهم في يم النفاق الذي أغرقنا.. فقط أقول في الأخير، رجال بلادي قد يصيرون رجالا ونصف،لو فقط تخلصوا من « رجولتهم » تلك التي لقنوها لهم منذ الختان

    أمل الهذيلي

Du viol , du Consentement et du Désir

3 septembre 2012, une jeune fille  arrêtée dans une voiture avec son compagnon  est violée par  deux policiers. Très vite, la jeune fille se trouve accusée « d’atteinte à la pudeur ». Le porte-parole du Ministère de l’intérieur, quant à lui, n’a pas hésité à déclarer lors d’une conférence de presse que la jeune  fille a été trouvée dans une « posture immorale. » Un mouvement de solidarité  commence à se former autour de cette affaire. Fin novembre, le parquet  décide un non-lieu en faveur de la jeune fille violée et de son compagnon. Janvier 2013,  l’accusation du viol  est retenue et  les 2 policiers sont officiellement inculpés. La jeune fille, mieux connue dès lors sous le prénom de Myriam, doit faire face à une nouvelle bataille. Fin mars, le tribunal de première instance de Tunis confirme l’inculpation des policiers accusés du viol de Myriam, mais le verdict a surpris plus d’un : sept ans de prison ferme pour les policiers violeurs. Le 7 avril, Le parquet général fait appel du verdict. L’avocat de défense   déclare publiquement lors de ses interventions dans les médias, qu’aucune violence  ou contrainte  subies par Myriam n’ont été prouvées. Il  stipule même qu’il n’y avait jamais eu de viol et qu’au contraire, il y a eu accord et consentement. Après deux ans de procès et plusieurs ajournements , le 31 mars 2014 , le parquet s’est prononcé et le verdict  est tombé :7 ans de prisons ferme pour les  deux des policiers , et  2 ans et une amende de 20 000 Dt pour le troisième . Une peine légère pour un crime aussi atroce .

Mais revenons au viol ..

Le Viol 

Il faut dire que les notions de viol, du harcèlement restent floues et faussées. C’est une vision très sommaire qu’ont beaucoup d’hommes, une image stéréotypée du viol, véhiculée par le cinéma,  ancrée dans l’imaginaire social, selon laquelle il n’y a de viol que s’il y a de violence physique, de cris, d’écorchures ou des preuves de résistance. Lors  des  procès pour viol, en cas d’absence de trace tangible de violence, on  cherche souvent  à  prouver le consentement de la victime.  Le viol est le seul crime  où l’on cherche à prouver le consentement  de la victime. Avec le verdict  clément des violeurs de Myriam, la justice semble ne  pas trancher  quant  à  la qualification pénale de ce crime. Les violeurs semblent  bénéficier de circonstances atténuantes  (non explicitées).  Les juges  approuveraient   l’existence  d’une « zone grise » entre consentement et non- consentement parce que la victime est  «  active sexuellement » et qu’elle n’a pas subi de violence physique.

Sans la prise en compte des données scientifiques, qui éclairent sur l’état de sidération de la victime pendant le viol, le non-consentement de la victime reste, selon la loi, ambiguë. Cette « zone grise » réellement  inexistante, profite aux  coupables.

Les femmes ayant passé par là ou par une expérience proche le savent : le viol a un impact psychologique important, lié à un sentiment de menace, de peur, et par la suite un état de sidération  (dépersonnalisation/paralysie) qui rendent « survivable » cet instant de viol.  Ceux qui pensent qu’une femme choisit (ou pas) de  se défendre dans une situation de viol  ou  qui cède est constante, ne font que se réconforter, car céder n’est en aucun cas consentir.

Qu’est-ce qu’un viol donc ? Le viol est surtout « un moment où on n’entend pas notre NON ». Comprenez, un moment où on ne conçoit pas notre NON. Ce NON, s’il n’est pas explicitement  verbal, il est gestuel et corporel. Dans ce sens, on considère qu’il n’existe pas  de  « zone grise  » entre le consentement et le viol.

Le Consentement 

La question du viol permet de déplacer la question sur le consentement, notion qui reste vague. Dire OUI à un partenaire après des demandes insistantes fait –il de ce OUI un consentement ? Pareillement, céder n’est  pas consentir, encore moins désirer. Le consentement et le viol  peuvent coexister dans un même schéma,  (viol  dans un cadre conjugal ou prostitutionnel) où  le partenaire impose, lors d’une relation sexuelle             (consentie /désirée  par la femme), une pratique sexuelle (non consentie/non désirée).

Beaucoup de femmes cèdent  à des contraintes, finissent par consentir à un acte sexuel , en pensant qu’elles le désirent, parce que nous vivons dans une société  patriarcale qui légitime  les désirs  des hommes , qui , à la fois, banalise le viol et  en alimente la peur , qui , sous le fait d’ un « impératif sexuel  » et  d’une soi-disant libération sexuelle , culpabilise les femmes qui  disent NON ,et hypocritement , celle qui disent OUI . Parce que, on est dans une société où  «le consentement est la seule expression de « liberté » qui soit permise  aux opprimées. »

La dichotomie Consentement /Viol n’est plus pertinente, elle n’est  surtout pas irréversible. Un consentement  peut dégénérer en  viol. Qu’est ce qui prévale donc ? Très souvent,  les victimes peinent à se faire reconnaître comme victimes.  Juridiquement et socialement, le consentement prévale sur le viol.

Le Désir

De là,la nécessité d’en finir avec cette dichotomie, contre celle du Désir/Viol, et de valoriser le Désir des femmes et déconstruire les mythes autour du consentement féminin . Nous ne contentons plus d’être  seulement  constantes , répondant aux attentes des hommes , nous  voulons surtout être des femmes « désirantes », assumant nos sexualités  différentes et  diverses , avec des partenaires désiré(e)s , des sexualités libres de toute contraintes psychologiques , sociales ou économiques .

Du privé au politique 

En cela,l’affaire du viol de Myriam  devient le lieu même de plusieurs questionnements  qui concernent les femmes de prés, d’un débat féministe –disons-le, mais qui concernent  aussi les hommes  parce qu’elle met en  en question  toute une représentation patriarcale des femmes. L’histoire de Myriam, est d’une façon ou d’une autre, celle de toutes les femmes. Son parcours personnel, depuis le début de l’affaire, n’est pas moins symbolique : de la jeune fille anonyme, dont la voix  est restée muette et pour qui on rapporte les faits,  à la jeune Myriam, qui parle ,dont la voix se libère par un acte de prise de parole qu’est l’écriture d’un témoignage, jusqu’à une certaine visibilité médiatique  où elle sort de son statut de victime . Myriam résiste pour porter à elle seule toute une cause : celle des femmes . Un parcours personnel  qui donne les prémices d’un parcours politique et militant.

Yosra.

Tunis , 14 avril 2014

Les Fast relations

Le mal être est bien présent ..

Dans une hystérie collective, on alterne euphorie et déprime..
Entre les deux chacun se doit d’assurer, de faire face pour se réveiller tous les jours à l’heure et aller travailler..

Chacun essaye d’apaiser ses angoisses, d’atténuer ces peurs et de combler ces besoins, par moments doucement, souvent désespérément, par moments intelligemment , souvent maladroitement..

Dans le mal être, chaque échange est malentendu,
chaque différence est agression, chaque interaction est ravivement de douleur ..

Dans le mal être, le besoin de se sentir aimé et l’envie de baiser, sont intenses, urgents, pressants .. ainsi la peur , ainsi les doutes ..
Blessé, et lasse , chacun tente de se protéger , de se faire une carapace.

Dans le mal être on consomme plus, on s’investit moins …
On a recours aux fast relations, on consomme nos corps , nos esprits nos sentiments.. chacun choisi ses propres ingrédients ..

Les fast relations sont disponibles, légers, cool et amusants,
sauf qu’ils ne sont pas consistants, on les multiplie , on les varie, chacun à sa faim
pourtant ils ont tous le même gout ; un peu salé, un peu amer.. surtout la fin.

A force d’en consommer, les fast relations causent des dérèglements sentimentales.. plus de mal être , plus de distance, plus de barrières ..

Les fast relations dérapent par moment, faute de dosage on y met trop d’émotion.. dure dure la désillusion !

Trop lâches pour s’assumer, trop avide pour se priver, trop égoïstes pour s’investir, on choisit souvent la facilité .. on passe au suivant , toujours avec les mêmes illusions ..

https://www.youtube.com/watch?v=KNBzzjHs8vc 😉