Le taximan et le décolleté

Lui, n’était pas le prince charmant, ni pas charmant, ni charmant du tout d’ailleurs. Et puis que signifie charmant ? Un mot qu’il na jamais lu de toute sa vie…

Il se réveilla le matin avec une petite gueule de bois que les ablutions auront vite fait partir, s’en alla se recueillir tout en prière : pardon seigneur, j’ai pêché, mais comme tu sais, je suis un homme… et taximan pardessus le marché… et hop, attaquons la journée…

Un coup de gel, de parfum qui empeste la rose pourrie, un bisous sur le front de la « vieille » un autre sur celui du « vieux »… tout est bon pour attaquer la journée en homme de bien. Dans le taxi, avant de se diriger vers la grande route, il fit un détour par le quartier Passant devant la parfumerie, il baissa la vitre pour faire un clin d’oeil halal à la propriétaire, sa tendre bien aimée.

Zinouba, toute belle toute voilée, comme le seigneur l’a exigé, (quelque part, il ne sait plus où, mais le cheikh l’a dit) et puis c’est la loi du quartier…. donc, Zinouba est celle qui lui a vendu le parfum sentant la rose pourrie et du charme en bonus. Et puis c’est celle qui sait le remettre, quand il le faut, à sa place comme personne ne saurait le faire… sauf la « vieille » mais ne comparons pas l’incomparable…

Et puis à coup de courses par ci et par là, de clients avec qui il devisa sur la situation, les politiciens traitres, les journalistes vendus, les hommes et les femmes qui s’ecartaient des voies pourtant toutes tracées par la chariaa, que lui même respectait de façon modérée, tous les jours de 8h à 20h… il ne vit pas le temps passer, il était presque 13h.

Vers la pause, il se retrouva dans les quartiers chics au Nord de la ville. C’est là où toutes les grandes sociétés siégeaient… et c’est là où des créatures bizarres, se déhanchaient, tasses de café à la main, elles tiraient à bout portant sur les passants, à coup de pantalons slims et de décolletés… non mais, non mais, elles se croient en occident ces hérétiques… c’est pour ça qu’il ne pleut d’ailleurs plus… la barka est partie. Sensible aux formes et à la sensualité débordante elle a quitté le pays, laissant la place à un réchauffement climatique oú le méthane est un faux coupable.

Donc, après avoir déposé un client devant un hôtel prestigieux, il redémarra pour quitter les lieux maudits, mais… il n’était pas trop pressé, le spectacle n’étant pas si mauvais et, là, surgissant de nulle part, un décolleté proéminent, plus imposant que les autres, un café entre… les mains… woww euuuh astghfirullah, laanatoullah, tfoouuuh. Tu verras sale… c’est quoi du 90 C? Non mais la fille de…

Le cheikh n’avait-il pas dit qu’il fallait tout faire pour changer le monde vers le mieux vendredi dernier ?… la « vieille » n’avait elle pas passé des nuits entières à le mettre en garde contre ces femmes qui ne méritaient pas le respect ?

Le buste dehors, la main sur le volant il gueula de toutes ses forces : « cache ta poitrine salope »… hamdoullah, devoir accompli il reprend la route, vitesse grand V, loin du quartier maudit où Dieu nous en préserve, la loi de l’homme (avec un grand C ou deux, je ne sais plus) ne règne plus….

 

*Taximan est un personnage réel qui a existé

*Je ne suis pas le décolleté cité, autrement taximan ne serait pas encore en vie

*Les personnes qui entourent Taximan, eux par contre, je les ai inventés

 

Hajer Boujemaa

taxi

Et au son du forrò, je redevins femme

 

 

  Le froid qui me glaçait bras et jambes disparut aussitôt qu’Eshtar(*), souriante comme à son habitude, me poussa à l’intérieur de la grande salle, fière et heureuse de me faire découvrir « son » monde.

Les douces notes de musique latine m’atteignirent, frôlement pressant d’une main moqueuse sur ma peau offusquée. Ah, les latinos !

L’effet ne s’est d’ailleurs pas du tout fait attendre. Nombre de personnes se pressaient déjà sur la piste de danse, désireuses d’oublier le temps de quelques pas, qui allaient sans doute s’éterniser, la grisaille régnant au dehors.

Ces soirées dansantes attiraient de plus en plus de monde, m’avait dit Eshtar. « Ils veulent s’y évader. Moi, j’y vis » Ce soir-là, le forrò brésilien était à l’honneur.

Eshtar, avec l’aisance des habitués, enleva son manteau et me fit signe de faire de même. « Viens, je vais t’apprendre ». Complètement indifférente aux regards amusés qu’on nous lançait, deux jeunes filles qui « osaient » danser ensemble une danse virile par excellence, elle me prit par la taille. Les pas étaient assez simples.

« 1,2,3,4…1,2,3,4…Tu vois, c’es facile »

Au bout d’une demi heure de danse, complètement essoufflées, nous avons fini par nous installer au bar. La discussion fut de courte durée; Eshtar voulait retourner danser.

« Je vais te présenter un ami, c’est un excellent danseur, tu vas adorer danser avec lui ! »

L’ami en question était très charmant. Il enlaça ma main pour m’attirer sur la piste de danse et avec une soudaineté surprenante, me prit par la taille et m’attira vers lui. Ma poitrine s’écrasa sur son torse et ses cuisses effleurèrent les miennes. 
      La musique commença. Il avança, je reculai, à plusieurs reprises. La pression de sa main sur ma taille me fit basculer sur le côté et puis, sans que je puisse m’en rendre compte, il me fit tourner pour ensuite me reprendre dans ses bras avec une intense fermeté. Sans me laisser le temps ni le répit de céder à mon déséquilibre, il fit passer sa jambe à l’intérieur de mes cuisses, me colla, m’obligeant ainsi à reculer.

Le coeur battant, les joues pourpres, j’essayais tant bien que mal de reproduire les pas que j’avais dansé, toute à l’heure, sans difficulté aucune. Sans doute a-t-il dû deviner mon malaise, car il s’arrêta au beau milieu de la danse et me sourit: « Tu es raide. Le secret, c’est de te laisser aller. C’est à moi que revient la charge de te guider, c’est l’homme qui mène »

Nous reprîmes. Mais malgré mes efforts, je n’y arrivais pas. Mes sautillements étaient soit trop légers, soit pas assez. Mon corps répondait mal à toutes ces acrobaties qui échappaient à son contrôle.

Mon calvaire s’arrêta, enfin. Je grimaçai un sourire à mon partenaire, qui, malgré ma maladresse évidente, me remercia de l’avoir accompagné. Je n’eus malheureusement pas le temps de souffler, car Eshtar accourut vers moi et me proposa d’échanger de danseurs. La deuxième danse ne fut pas plus concluante que la première, ni aucune de celles qui suivirent.

         Prétextant une profonde fatigue afin de ne pas avoir à justifier l’angoisse que cet exercice m’inspirait, je me réfugiai au bar, et dans mon verre, éternel compagnon.

L’alcool aidant, mon esprit s’échauffa. Pourquoi ai-je eu tant de mal à danser?

« C’est l’homme qui mène », avait-il dit.

Est-ce donc cela qui m’a tant déplu? Mon féminisme était-il si ancré en moi que mon corps même a fini par l’intégrer?

Oui c’était sans doute cela. Pourquoi devrais-je m’abandonner à des gestes indifférents à ma volonté? C’est l’homme qui mène. Oui bien sûr, c’est toujours l’homme qui mène, ça a toujours été ainsi. L’homme mène le monde. Pourquoi devrais-je lui accorder de mener une danse en plus?

Et pourtant .. Mes yeux, déjà embrumés, quittèrent le plafond pour se diriger vers la piste de danse. Eshtar continuait à danser, évoluant en une légèreté déroutante. Elle ne semblait pas être menée, non. Elle semblait voler.

« Ah ! »

Je ne pus retenir mon soupir. Je commandai un autre verre.

         Et si ce n’était pas mon féminisme profond qui m’empêchait de danser mais au contraire, le poids encombrant des traditions ?

Après tout, que m’a-t-on appris sur mon corps, depuis ma tendre jeunesse? Rien, sinon à le cacher, par pudeur, et à l’entretenir, par souci de beauté. Et aussi contradictoire que cela puisse paraitre, ces deux indications suivaient en fait le même but, car personne n’a jamais pu penser que la beauté de mon corps puisse être appréciée par une autre personne que mon hypothétique mari.

Je me souvins alors des cérémonies précédant les mariages de mes nombreuses cousines, notamment celle du hammam. En ce lieu mythique, qui a tant et tant suscité l’imaginaire des orientalistes, les corps se dévoilaient, se touchaient, se caressaient. Mais dans cet espace qu’on a souvent voulu représenter comme un sanctuaire dédié à la liberté du corps féminin, celui-ci ne se révélait que pour une unique raison: satisfaire les désirs du mâle et ses attentes.

Je revoyais les soins par lesquels on entourait mes cousines, bien satisfaites de devenir « aussi pure qu’un diamant! »

         Foutu mythe de la pureté féminine, dans lequel on nous fait grandir, évoluer, jusqu’à ce qu’il submerge nos esprits ! Et quand bien même nous arrivons, au prix de luttes, de larmes, de culpabilité, à nous en défaire, voilà que nous découvrons nos corps encore apprivoisés !

Forcément. A force des paroles trompeuses, de mises en garde masquées par des sourires en coin, de petits rituels que le vernis de la modernité n’a pas su couvrir, on a inculqué à mon corps que son but ultime était l’accouplement et, par la suite, la procréation.

Dès lors, comment pourrait-il percevoir autrement la proximité avec un corps masculin?

Il ne le peut, semble-t-il. Tout contact, aussi ridiculement intime soit-il, le replongeait dans les affres de cet héritage désuet.

Et quand bien même mon esprit lutterait, mon corps ne pourrait y répondre que de la façon dont cet héritage l’a façonné: par la gêne, la pudeur, l’embarras. Le dégoût. Ma raison n’y ferait rien, il ne verrait dans ce contact que l’étape première vers l’accouplement.

On n’a jamais destiné mon corps à la danse, la course, la représentation et que sais-je encore ! À la liberté, tout simplement ! Non. On l’a destiné à l’accouplement. Au mâle.

Ainsi donc, moi qui me croyais enfin libérée, je me découvrais de nouvelles chaînes. Mais elles tomberont. Comme sont tombées les premières.

« On ne naît pas femme, on le devient », disait la Grande.

Et voilà qu’au son du forrò, je redevins femme.

Eshtar, elle, continuait à danser.

 


Dalenda

 

(*): Le nom d’Eshtar vient de celui de la déesse mésopotamienne Ishtar, déesse céleste et déesse mère, mais également déesse de l’amour, de la sexualité et de la guerre.

Des chats, des chattes, du sperme et des fausses blondes

Le ciel grogne de mécontentement et la foudre menace d’éclater à tout moment, au même rythme d’un coup de foudre qui risque de foutre en l’air ce qui reste de ce semblant de vie

La désolation stagne dans chaque recoin de la ville et les murs tatoués de cris de haine, de ras le bol, et de désenchantement, ces murs puent la pisse des ivrognes de la dernière heure, chassés des bars à deux balles, crasseux, leurs derrières de pantalons bleus jaunâtres rappellent ces tabourets en plastiques sur lesquels ils étaient assis, ils puent surement le sperme des va, et des vient.

Ils manquent de bol, mais, vaut mieux se bourrer de mauvais vin, que de tirer des balles, disent-ils. Des balles réelles mais fausses. Qui ratent au passage. Et au passage, que des chiens errants. Même les chats, qui la nuit, sont tous gris, n’osent plus sortir.

Tunis, n’est plus une ville de chats. De chattes, oui.

Comme les balles, fausses, des blondes trainent depuis deux heures sur les trottoirs de la ville, elles vont se faire mettre, des mains. Juste des mains. Rien de plus. Pour se faire mettre une fausse blonde sans manquer d’oseille, il faut un sacré bol, que ces ivrognes n’ont pas, une sacrée queue, ou alors qu’ils paient. Mais la paie se fait longue, la queue aussi. Le manque aussi.

Violée, déchiquetée, tabassée, ensanglantée, des bleus sur tout le corps, elle la ferme et traine toujours, en attendant de mettre le voile ou de mettre les voiles.

Le grand nombre et le manque de bénédiction ! Dirait le dicton d’une ville lasse, lésée et laissée pour compte contre un conte de jasmin et de révolution. Même le jasmin, sur une table, le lendemain d’une grosse cuite et d’une partouse de corps engraissés rappelle l’odeur de pisse et de tabac froid.

Dans ce décor de jugement dernier, le moche aux bois dormant s’est réveillé, la veille. Et la veille qui à peine commençait, le laissait aux abois au rythme d’une migraine et d’une gueule de bois. Une gueule qui se fait démonter à coup de bienvenu en démocratie.

Le moche aux bois dormant devait changer de nom, de plus il vit en ville à présent, et ne dort plus longtemps. Depuis la veille. Et bien qu’il manque d’oseille, il se tient droit, fier, comme un peuple qui depuis des siècles avait crié dégage, et avait pris pour gage, de se complaire dans la médiocrité.

A suivre.

 

Joe Rge’Sand

 

 

 

Moi, je suis un tas de merde de monde (Partie 4)

Avant de commencer, dans ce texte (bcp de partie et celle-ci est la quatrième) je vais me permettre les erreurs d’otho et de machin du monde, sans correction. Une envie de râler ce que je suis « une merde » que j’apprécie d’être.

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Moi ! Mon nom est (Je ne sais quoi) mais on m’appelle souvent Nadia ou Amal Bint Nadia.

Née, en un mois glaciale d’une année, peu ordinaire, d’un pays où « liberté du deuxième sexe » est dites et n’existe qu’en apparence, on me décrit comme légère. Une appellation qu’on m’attribue avec indulgence. Je suis le fruit de je ne sais quel mélange. Et si, je suis spéciale, c’est que je n’aime jamais légèrement autant que je le suis. Légère !

Petite gâtée, grande je voulais le rester. Je suis l’enfant brillant en danse de coincées du cul qu’à l’école. Celle qui n’a pas droit à l’erreur et j’ai assuré.

Je suis la salope de mauvaise pro génitrice…

Moi qui t’a tuée jugeant que ton père n’était pas assez homme, alors que je t’ai conçu avec toute ma volonté et ma négligence (que je devrais assumer) ; je t’ai quand même, comme une conne, adressée la parole.

J’avais longuement hésité avant de t’écrire cette lettre. Ai-je le droit de te dire ce que tu pourrais vivre et ce que tu ne devrais pas ? Ai-je le droit de te dessiner sur un bout de papier, ce que j’ai pu traverser, escalader ..? A quel point ai-je pu ramper, tomber, me casser, m’éparpiller, m’égarer ..? A quel point ai-je pu aimer, être heurtée par cette vague d’émotions qui s’agrippe à ton petit cœur, le démembre, lui inflige les oscillations les plus aiguës, et le fracasse par la suite ..?

Ma fille, mon beau petit ange ! Sais-tu que dans toutes les branches de l’humanité nous sommes incompris par la grande majorité des individus ? Sais-tu que l’amour en est une branche ? Sais-tu que les gens se marient pour les mauvaises raisons, font des enfants pour les mauvaises raisons, s’accouplent pour les mauvaises raisons… Et que de la vient la séparation ?

Ma fille ! Aimer quelqu’un, ce n’est pas tout apprécier de lui, ou se calquer sur lui, ou vivre constamment en sa présence. Aimer quelqu’un c’est ;

se donner à se partage, sans s’oublier !
jouir dans cette chamaillerie, sans l’alimenter !
sentir le manque dans son absence, sans en mourir !
voir d’un œil différent pour se croiser dans un point quelconque, sans fermer les yeux !
se perdre dans les silences, sans se taire !
se donner pour le faire avancer, sans stagner !
le laisser trébucher pour le consoler, sans en abuser !
le pousser à avancer, sans reculer !
se cacher derrière lui, sans s’enterrer !
lui donner son droit à la liberté absolue, et prendre le tien !
avoir la joie de le féliciter pour ses réussites et de panser ses échecs… qui sont aussi les tiens !

L’amour, mon enfant, ce n’est pas de concourir à son propre bien-être et à son bonheur ni de se forger des illusions que la brutalité de l’existence et de la réalité s’empresseront de détruire. Ce qui en résulte n’est que p pénible. La lutte pour la vie ne se nourrit pas de chimère.

Mon amour, s’il t’arrive de te lasser de la vie et que le chemin vers tes objectifs te paraît long, ou si en route tu as l’impression que tu ne te diriges plus vers ce que tu veux vraiment… résiste et persiste. Peu importe ce qu’on te dira entre temps, et ne croit surtout pas que parce que tu es une femme en devenir, que tes droits sont minimes devant ceux dont jouissent les autres.

La vie peut sembler absurde, pleine de déceptions. Les gens peuvent mal te comprendre ou ne pas le faire tout court. Le système dans lequel nous vivons pourrait t’opprimer, te délaisser, te sembler injuste… Ne cherche pas trop à comprendre le pourquoi mais cherche à recréer tes modes de fonctionnement régis par tes propres principes et fais-toi plus forte pour recommencer.

Mon trésor, ne cherche jamais à freiner ton cœur. Le cœur d’une femme n’a souvent pas de limites et est loin d’être raisonnable quand il est libre. Laisse-le donc fonctionner à sa façon. Tu tomberas debout dans tes chutes, et tu n’en mourras pas. Regarde-moi !

Et si certains éprouvent de la pitié pour toi quand tu trébuches, te reprochent ton sens développé pour aimer passionnément sans justification, s’ils sont déçus ou irrités… ne te révolte pas et ne demande rien en retour pour ce que tu es.

Aimer à la folie pour trouver ma raison est mon mot d’ordre. Tu peux être tendre et pure mais à la fois forte et sage, sans jamais fermer ton cœur.

Sais-tu ma fille, que même dans la misère, on peut vivre les plus grandes richesses qui puissent exister. Ne pense jamais qu’étant pauvre, tu as le droit de ne pas achever tes rêves. Ne sois jamais esclave de tes humeurs, ni de la réalité du monde atroce qui pourrait t’entourer.

Le temps t’apprendra à respecter la mort des liens entre les humains. Ça t’impactera, toi ma fille qui porteras la sensibilité sur ton être et qui la refléteras par ton regard, tout comme moi. 
Le temps t’apprendra à panser tes blessures mais ne jamais les oublier, ce qui fera que tu sois encore plus forte pour aimer plus fortement sans recommencer les mêmes erreurs du passé.
Le temps t’apprendra à ne plus haïr même trahie par ceux que tu as pu aimer sans fin. Tu sauras que parfois, il faut laisser l’autre partir même par amour.
Le temps t’apprendra à tout donner sans perdre le nord. Tu sauras comment être ce qu’il veut que tu sois, parce que c’est ce que tu veux être et pas par soumission.
Le temps t’apprendra à vivre ton monde, celui que tu as façonné dans ton esprit, pierre par pierre, à la longueur des années qui font ton âge, et ce sans donner attention aux freins de la vie, causés par le genre humain, que ça soit par jalousie, méchanceté, ou gratuitement…
Le temps t’apprendra que la beauté fane, qu’elle ne dure jamais assez. Tu feras donc de ton caractère, l’essence même de ta beauté, sans tout dire ni te dévoiler entière.
Si tout se passe bien, ta maison ressemblera à la mienne. La porte ouverte mais que pour les gens vrais. Ceux avec qui tu ne te sentiras jamais destituée, discréditée, menacée, agressée, soumise, détestée… Ceux avec qui tu affronteras le temps sans t’écrouler face à la solitude ou à l’hypocrisie sociale qui colorie notre monde.
Le temps t’apprendra à assumer ton cœur, ta beauté et ton âme, même quand d’autres se tueront à te faire douter. Tu te découvriras, te construiras dans l’amour que tu sèmeras.

Ma fille, le jour où tu trouveras que j’ai vieilli, aie de la patience envers moi. Et si je commence à te raconter les mêmes choses un million de fois, aie la gentillesse de me laisser finir. Souviens-toi qu’étant petite, tu adorais que je te raconte les mêmes histoires chaque soir, encore et encore.

Ma belle, si l’espoir fait vivre, ne le perd jamais et sache que moi, même immobile, sans mémoire, à demi morte… je serai là pour te tenir la main jusqu’à la fin des temps. Je serai là pour te voir, « cette femme » que j’ai tant chérie, passionnément aimée… Celle qui me fait encore vivre. Le seul cadeau que la vie ait pu me donner.

(Vous vous en doutez ? je n’ai jamais eu cet enfant que j’ai regretté et que je regretterai éternellement. Cet enfant dont je ne peux, et à ce jour, toujours pas en parler).

Moi, je suis un tas de merde de monde (Partie 3)

Avant de commencer, dans ce texte (bcp de partie et celle-ci est la troisième) je vais me permettre les erreurs d’otho et de machin du monde, sans correction. Une envie de râler ce que je suis « une merde » que j’apprécie d’être.

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Moi ! Mon nom est (Je ne sais quoi) mais on m’appelle souvent Nadia ou Amal Bint Nadia.

Née, en un mois glaciale d’une année, peu ordinaire, d’un pays où « liberté du deuxième sexe » est dites et n’existe qu’en apparence, on me décrit comme légère. Une appellation qu’on m’attribue avec indulgence. Je suis le fruit de je ne sais quel mélange. Et si, je suis spéciale, c’est que je n’aime jamais légèrement autant que je le suis. Légère !

Petite gâtée, grande je voulais le rester. Je suis l’enfant brillant en danse de coincées du cul qu’à l’école. Celle qui n’a pas droit à l’erreur et j’ai assuré.

Je suis l’ex-femme-battue…

A toi mon violenteur, toi que j’ai longuement aimé…

A toi… mon autre.
Engloutie par le malheur et la culpabilité, je t’écris cette lettre pour te dire que je vais reconstruire ma vie et pas en t’oubliant. Oui, j’ai décidé de reprendre goût à la vie avec ton souvenir au plus profond de mon âme.
Mon autre… Toi avec qui j’ai partagé la souffrance autant que le bonheur. Toi grâce à qui j’ai frôlé ce que je n’aurais jamais imaginé vivre. Toi pour qui j’ai porté le plus noble des fruits qu’une femme puisse donner. Toi en qui je n’ai jamais cessé de croire avec dévotion, loyauté et soumission.
Je me souviendrai de tes gifles, les coups de pieds sur le dos et moi à quatre pattes, la face écrasée contre la céramique des toilettes ; je me souviendrai du beurre noir sur les yeux, des insultes, de tes mains autour de mon cou, du souffle que j’ai perdu quand tu m’as soulevée du plancher, du long sifflement qui a envahi mes oreilles après que j’aie perdu connaissance, du poids de ma tête à mon réveil après avoir passé la soirée à pleurer, des empreintes que ton poing a dessiné sur mon visage, de toi en train de me traîner par les cheveux…
Je ne t’en veux pas mais alors là, pas du tout, de m’avoir battue ou humiliée… j’ai trop de compassion pour faire ça. Je t’en veux pour ce que tu as essayé de me laisser imaginer en prenant soin de moi, deux ou trois jours après l’incident , pour t’en lacer après comme si ce n’était que mon dégât. Je t’éclaire, c’est le tien. C’est toi qui devrais avoir honte, parce que c’est toi qui nous as humiliés.
Quand tu es une femme normale, tu souris pour sourire, pas besoin de raison pour sourire, tu peux sourire à pleine bouche. Mais quand tu es mal traitée, tu souris pour rassurer. Tu souris pour camoufler. Je souriais pour que tu ne te sente pas mal en me voyant comme tu m’as rendue. Et pourtant, ça me faisait mal, parce que ma lèvre était fendue de l’extérieur, après avoir embrassé ton poing dans ma mâchoire et de l’intérieur, après avoir embrassé mes propres dents, pour encaisser le choc de ton « amour ».
L’amour. Cette stupide maladie hostile.
Un jour, après que tu m’aies ruée de coups, je me suis soulevé pour essayer de nettoyer ta maison, pour préparer à manger, pour ton bien être… Pas pour le mien que tu venais d’ensanglanter.
Quand tu es une femme battue, à chaque fois tu te dis que c’est la dernière fois. Et tu te crois, parce que tu es conne. Mais tu sais que c’est faux, parce que dans le fond, tu n’es pas conne. Quand tu es une femme battue, tu sais que tu n’as pas de fin heureuse, ni de pause, juste des courts moments de répit qui marquent une séparation entre deux sessions de toi qui se fracasse. Quand tu es une femme battue, cher ami qui m’a battue, tu es consciente de ta fragilité. Quand tu es une femme battue, ton instinct de survie est souvent éteint, feint.
Le déclic, dans le jargon des femmes battues, c’est la fraction de seconde durant laquelle il n’y rien qui se passe et pourtant tu es certaine que tu t’apprêtes à en avoir une. Tu n’as même pas besoin de croiser ton regard pour le comprendre, il suffit juste que tu schématises ta peur. Puis d’ailleurs, heureusement que je n’ai pas besoin de mes yeux pour le voir, surtout que tu ne m’en as laissé qu’un seul.

Quand tu es une femme « normale », tu te tiens avec d’autres femmes « normales » et vous vous échangez des potins. Quand tu es une femme battue, tu ne te tiens plus.
Quand tu es une femme battue, le genre de connerie que tu peux te sortir pour te détendre c’est style « Bats ta femme : si tu sais pas pourquoi, elle, elle le sait ». Ça ne me fait pas rire, ça me coupe juste les cuisses en jambons.

Quand tu es une femme battue, il n’est jamais simple de prendre ses choses et partir. Pourtant il le faut,  si parmi vous existent des femmes victimes de violence, prenez vos choses et partez, aujourd’hui, avant de finir dans une tombe. Il aura beau vous dire que c’est la dernière fois, mais avec lui, on ne peut jamais croire que ça pourrait être la dernière fois.
J’aurais voulu partir plutôt cher ami qui m’a battue. J’aurais voulu partir avec ma vie avant que tu ne l’esquinte plus et sans remords. Mais là c’est trop tard, tu es mort et aujourd’hui je t’écris.
Aujourd’hui mon ami, je suis une ex-femme battue et c’est le 15 ème jour du reste de ma vie.
Moi qui t’ai aimé sincèrement..

Vas te faire foutre.

Moi, je suis un tas de merde de monde (Partie 2)

Avant de commencer, dans ce texte (bcp de partie et celle-ci est la deuxième) je vais me permettre les erreurs d’otho et de machin du monde, sans correction. Une envie de râler ce que je suis « une merde » que j’apprécie d’être.

The Last Time You And I

Moi ! Mon nom est (Je ne sais quoi) mais on m’appelle souvent Nadia ou Amal Bint Nadia.

Née, en un mois glaciale d’une année, peu ordinaire, d’un pays où « liberté du deuxième sexe » est dites et n’existe qu’en apparence, on me décrit comme légère. Une appellation qu’on m’attribue avec indulgence. Je suis le fruit de je ne sais quel mélange. Et si, je suis spéciale, c’est que je n’aime jamais légèrement autant que je le suis. Légère !

Petite gâtée, grande je voulais le rester. Je suis l’enfant brillant en danse de coincées du cul qu’à l’école. Celle qui n’a pas droit à l’erreur et j’ai assuré.

Puis, j’ai découvert mon jeu…

Moi, mon jeu est simple : je ne cache  pas mes mots, mes idées et surtout celles qui choquent. Mon jeu est de lancer ces mots pour observer leurs effets. Je ne tais que mes actes. Parler est dangereux là où règnent dissimulation et soumissions. (apparemment le danger m’inspire, je le respire, il me fait vivre et je suis conne).

Je ne m’évite donc aucunes de mes plus érotiques émotions, les stimulations cérébrales orgasmiques, les battements enragés de mon cœur, l’anarchie de mes sentiments perdues, ma nature allumeuse sourde et dévastatrice.

L’envie de m’ouvrir par mes 5 sens, contempler, humer, capturer les mots… Des mots rares qui attiseraient mon désir. L’envie de m’abandonner à X (ou Y ou Z, je ne sais pas) et de fondre comme une glace sur le feu. Et paff, ça fait des chocapic.

Mon imagination dessine ce moment auquel il me rejoindra au lit. Sur le ventre, le dos arqué, appuyée  sur les avant-bras… Lui derrière moi et ses mains qui m’effleurent, des épaules aux cuisses pour finir sur le bas du dos. Et lui qui m’attire ; et moi qui ne m’attarde pas pour aller à sa rencontre et le sentir d’avantage en moi.

Je le laisserai modérer la cadence de mes mouvements lorsque je serai au bord du fond. C’est de la torture. Entre ma quête de plaisir et ma volonté de freiner mes sentiments, cette contractassions de son cœur entre mes jambes, « le spasme », ce moment d’essoufflements, la sueur… Quand l’obscurité s’accentuera au fond de moi.

A ce moment-là, j’étoufferai mon visage dans l’oreiller pour taire mes gémissements et sécher mes larmes. Je fuirai ses regards pour m’empêcher de réfléchir. Je lui appartiendrai d’une façon ou d’une autre. Et il m’attirera de plus en plus vers lui.

Dans la fusion des corps, à travers cette position nous nous croiserons sous des angles différents mais le plus important demeurera le point de rencontre

Tout vient par un regard, le point de rencontre, une lueur, un sentiment secret, bien caché, l’essentiel est mon désir, mon propre désir, mon désir si rare. J’essayerai de m’en convaincre dans mon silence.

L’amour j’en ai peur, peur de ne pas l’avoir en retour alors je m’en préserve tant que je ne le vois pas. Le désir au moins, je le sens, touche, voix et guide.

J’ai besoin de tendresse, d’écoute, de passion, de présence. J’ai aussi besoin d’exclusivité.

Moi, je suis un tas de merde de monde (Partie 1)

Avant de commencer, dans ce texte (bcp de partie) je vais me permettre les erreurs d’otho et de machin du monde, sans correction. Une envie de râler ce que je suis « une merde » que j’apprécie d’être.

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Moi ! Mon nom est (Je ne sais quoi) mais on m’appelle souvent Nadia ou Amal Bint Nadia.

Née, en un mois glaciale d’une année, peu ordinaire, d’un pays où « liberté du deuxième sexe » est dites et n’existe qu’en apparence, on me décrit comme légère. Une appellation qu’on m’attribue avec indulgence. Je suis le fruit de je ne sais quel mélange. Et si, je suis spéciale, c’est que je n’aime jamais légèrement autant que je le suis. Légère !

Petite gâtée, grande je voulais le rester. Je suis l’enfant brillant en danse de coincées du cul qu’à l’école. Celle qui n’a pas droit à l’erreur et j’ai assuré.

Puis j’ai connu le monde à travers un homme.

Puis, je me souviens de n’avoir rien senti, mis à part la profonde honte de l’étrange sensation d’avoir pissé au lit. Ce sentiment de communiquer à travers son corps. En dire trop par un simple baiser, une caresse ou le contact peau à peau.

On  dit aussi que je suis féministe. Parfois je pense que je suis misogyne. Je dois être un monstre. Grrrrr (avec un air qui hésite à mi-chemin entre monstre et ange qui est au fond est démon, parce que c’est ça la vie). Quoi que je suis réservée avant de me lâcher (ce que je dis doit être entre parenthèse avant).

Je ne suis pas ordinaire ! Vous pensez surement que tous le pense, que chacun se croit spéciale ? Moi ! Je ne le pense pas. Je le sais. Mais je ne suis probablement pas du meilleur côté de la balance, moi qui m’estime plus musulmane que les musulmans, eux-mêmes.

Je ne suis pas très jolie, simplement brune, trop blanche, au minuscule corps bien sculpté. Ce qui faisait ma différence ce n’était pas mon physique mais ma façon de me comporter (moi qui n’a jamais donné vraiment une importance sur la question de réputation que je pouvais avoir). Sauvage, provocante, et flagrante à la fois, normal quand on a envie de m’agripper, me soumettre et me violenter, respectant avec indulgence ma façon de penser.

Je suis disposée à être une belle femme en devenir, on disait que, seule, ma lucidité me sauverai de l’autodestruction (mon domaine) mais je n’y crois pas. Je parle fort, un peu trop même. Je n’ai pas de barrières. Dès mon plus jeune âge, mon cœur était ma bouche, l’amour ma passion et la littérature mon désir.

Tout ce que je vivais au moment même était l’extrême, le maximum… et en prenant de l’âge mes actes en gagnaient en profondeurs.

Je n’avais jamais pu sentir la chose qui vie en moi. Je n’ai jamais pu entendre la voix douce qui m’aurait murmuré « voilà, regarde comme tu es ». Nous essayons d’abord de résister mais le besoin grandi, défrayant sur nous une vague de besoin qui nous taraude, nous excite puis nous provoque pour pouvoir être assouvit. Puis la même voix revient doucement nous hurler « fait le », là on l’entend bien. Au fond de nous, on ne comprend pas de quoi parle cette voix mais on fait tout de suite ce qui nous vient à l’esprit. D’une façon ou d’une autre, on obéit à cette voix et on oublie les bonne questions dans un verre de vin ou un joint, car on le désir. Et cette voix, cette ombre noir en profite pour nous posséder. Nous lui appartenons à cette chose tapis au fond de nous.

Que serais-je plu tard ? Que vais-je devenir ? Comment sera ma vie ? Qu’est-ce que l’amour ? Qui est mon autre ?

Des milliers de questions sans réponses hantent ma vie. La vie n’est pas très joyeuse en globale, avec moi. Tout est ordinaire. Je vis le moins pire du pire. (Surement, je murmure)

Ses répliques étaient comme des pirouettes et en guettant sur mon visage l’impact de ces propos on n’y voyait que de l’insatiabilité. Et puis je me suis découverte à travers des hommes.

Allongé sur le dos, sur le côté, sur le ventre, penché, assis, debout. Pour chacune de ces figures, il existe plus de dix choses apparentées. Chacune a sa propre appellation, soit une soixantaine de positions en tout. Certaines aisées à exécuter et accessibles.

Je me réveil, je m’endors, je souris, je parle, je ris, je travaille, je voyage, j’écoute, je rencontre, j’accomplis tous mes devoirs, je mens, je dissimule, je dédouble, je commande les mouvements. (ça c’est moi en nicked)

Tout ce que l’on aime devient une fiction. Une fiction que nous prenions soins de dresser sur un papier, entre les lignes d’un poème émanant des fissures d’un cœur dont le seul stimulant serait ses heures volées. Ce cœur qui ne jouit d’aucun quelconque type d’engagement comme garder l’horizon, les yeux et la braguette fermée.

Je vis une passion soudaine et paff ; l’envie d’en transcrire chaque sensation, chaque moment, chaque tentation me taraude. Qui suis-je ? Pourquoi suis-je ? Un homme dont je ne peux espérer que des heures volées ? Qu’il me prenne dans ses bras d’homme en secret ? Je ne suis jamais allé plus loin dans mes pensées, mais j’ai compris que la nymphomanie est une maladie créée par un homme pour inculper des femmes, si elles voudraient comme un homme, se découvrir jusqu’à la pointe de la perversion féminine.

Moi, je suis une fissure. Celle qui veut connaitre la limite mais qui ne cherche pas à l’atteindre. Je suis ce cœur aux multiples fractures, qu’on réanime avec aisance.

A moi, il suffit d’être correcte socialement, bon là où je pense, et concis là où je pense aussi. Il suffit d’être intelligeant que je puisse t’écouter et apprendre de toi. (sinon je m’ennuie). Il est important aussi que je sois la seule et unique (et si supplément, je veux le droit de niquer un bordel, quitte à me faire battre).