Toutes les vraies femmes sont des putes.. Ma mère la première. ( Mes hommages)

Mes hommages à vous mesdames, aux grosse putes, aux folles du cul, aux connes incorrigibles, aux amoureuses chroniques, aux dames aux mœurs décalées, aux pouffiasses qui savourent tant les saucisses que les moquettes. Aux grandes râleuses qui pleurent 300 jours par ans, qui dépriment une fois par semaine, qui se remettent en question une fois par mois.

Mes hommages à vous autistes de l’amour, hystériques, mythomanes à vos heures perdues, nymphomanes quand amoureuses, frigides quand c’est lui l’amoureux. Mes hommages à vous les folles du 21ème siècles qui savent ce qu’elles veulent, qui ne veulent pas qu’on les serve, qui veulent juste arracher l’herbe du voisin qui est toujours plus verte.

Mes hommages à vous les putes de ma cités, en mini-jupes, en voile ou en burqa, à vous et à vos paires de seins qui ont libéré des cités, qui ont déclenché des guerres. Gloire à vous les connasses de féministes qu’on utilise pour pouvoir baiser sans avoir à les épouser, gloire à vous les anti-féministes car trop bêtes ou illuminées, ou juste qui veulent être décalées.

Mes hommages à nos mères qui nous ont mal faite, à nos mère qui ont connu le bonheur de ne pas vivre leur vingt ans après une pseudo-révolution où tout le monde déprime, où plus personne n’est là pour nous écouter râler.

On l’emmerde cette révolution, où même le privilège de déprimer, d’être maudit n’est plus accordé.

Cordialement.

*

« Ce n’est pas de ta faute, tu es juste difficile à vivre, je veux une femme qui m’accompagne, qui me rend la vie facile, qui m’aide à devenir un homme, qui facilite mes choix.. tu es compliquée.. tu ne sais pas ce que tu veux, et ce que tu veux, ce n’est certainement pas moi.. », disait-il.

« Je t’emmerde ! Une femme ne rend pas la vie facile. Une femme c’est la vie. Et la vie, elle est difficile. »

by

Joe Rge’Sand 

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إليهن ، أنتمى

أنتمى الى ضحكات النّساء الخليعة
إلى إبتساماتهن المغمّسة بالدّلال ، اللّؤم و النميمة
أانتمى الى صراخهنّ المكبُوت ، الى فجيعتهنّ
إلى طرف الغطاء التى تضغطه الاسنان
انتمى الى الأرجل المغلقة ، الى الزرّ المُقفل بعناية أعلى الصّدر
الى إرتجاف الأصابع ، الى قبضة اليد المشدودة
أنتمى الى الفساتين ، الى قصّات الكتلوجات
الى النّظرات الميتة بعيُون دمى البلاستيك
أنتمى الى الأقمشة ، تحديدا الى القطن و الدُّونتيل

أنتمى الى المطبخ
الى البخار و رائحة البصل
الأضافر المكسورة و الأعمال التى لا تنتهى
أعمال مجانية دائما، بلا قيمة.
انتمى الى الارضيّات ، الى رائحة الجافيل و المطهِّرات
الى حبال الصّابون التى تسكنها العصافير
و رائحة النّظافة

أنتمى الى أغطية الرّأس ، المكشوفة دائما
إلى المحارم حول العنق
الى الأكمام المشمّرة
الى قطرات العرق فوق الجّلد
لتلك الحرارة الحارقة ، الضّاغطة على طرف النّهد
أنتمى إلى زفرات الضّيق ، مونولوجات التّذمّر
إختناق اللّغة ، نوبات الهستيريا
و عواصف البكاء

انتمى الى الانكسار
انتمى الى الهزيمة
الى المكر العتيق و أدعية الحِقد

انتمى الى اللّيالى الطّويلة ، الى العُزلة ، الى الوحدة
الى موسيقى الخوف، رنين إبر الكروشيه
ازيز آلة الخياطة و وشوشة التلفاز

انتمى الى الاجتماعات ، الصّخب الذي لا ينتهى
الى أطبقة الحلوى و كؤوس الشّاي
الى الرّنّات ، الهمسات ، الى الضّحك السّّّافر ، النُكت البذيئة
الى الحكايات ، الفضائح و النّميمة
أنتمى الى علبة المكياج، الى الألوان ، لضلال العُيون
لذلك الخيط المُظلم جدا فوق الجفون
انتمى إلى خدر العطر
الى سُكّر البنات
الصّرخة الاولى ، الجلدة الرطبة الحمراء
أنتمى الى الشّعرة الأخيرة
أنتمى الى ذلك العالم الذى تعرفونه ، خلف السِّتار
الى الأصيص المتروك فى زاوية، المزدحم بالغبار و زُهور الزّينة..

Amal Claude

Gnose

Au nom de l’Infaillible

A rebours du psautier de l’infamie

Au nom de l’Immuable

Votre tailloir d’atomes sur la dorsale d’Adam

Au nom de l’Ineffable

Ma joute moratoire dans le tiroir des aumôniers

Au nom des miens

Prieuré de seigneurs de cénobites et de derviches hurlants

Ce puisement dans la gnose de tes corps dissipés

 

Homme s’échinant à trahir

Transi par la perte de ce qu’il ne sût garder

Femme dans les yeux lestés de l’homme

Plus belle que la promesse de l’étranger

Aimant de la discorde, l’instant se cabre s’enfielle et se tracte

Sur le macadam de la colonie

 

Voici donc la pierre ponce sous l’écorce

L’argus des terres bolaires et des arguments

La chair vive qui gicle du haut de ma vertu

Je t’aurais dit demeurons dans ce gîte où le cœur se réjouit

Honni soient les mots rêches

Et l’étreinte qui m’affranchit sans te dépêtrer

 

Se repeuple la chambre brune

Agglutinée au dernier rempart de ta volupté

N’a pas d’odeur le froissement du midi

Rengaine de lunes empalées qui ne te reviennent pas

 

Et bouches qui n’embrassent pas

Rutilant de trêves longues et exsangues

Le sacrifice du bouc émissaire

N’épanche point le rut

 

A la table de l’Univers s’est assis

Ahlem l’Avenue

La femme crue aux bras charnus

Elle raconte la traite, les nuits fauves et tous les vomito blanco

Puis détourne l’arc-en-ciel sur la ligne de crête

L’homme qui se lève pour payer son café

Ne la rhabille pas avant de s’en aller

 

L’une a trahi l’autre qui va partir

Que tu m’as dit

Toujours la même femme-enfant

Engorgée dans l’autre côte de toi-même

L’Eve née d’Adam salpêtre des temps passés et à venir

 

Vois ces terres fumantes arguant de l’abreuvoir

Où fientent les cigognes

Ce silence bancal déposé sur la table de Jugurtha

Ceint de vent et d’acouphène de la méridienne

Scellé de mes aïeux sillonnant le quantième

Jusqu’à la silice

Où décline le génotype Mayor des basses plaines

Aux saignées des hordes de Tarsus et de Zenata

 

Ici commence le partage des eaux Yarmouk ancestral de satrapes

De suppliciés du sceptre ornant le triomphe

De Cyrus d’Alexandre et de Saladin

Ici finit le voyage de Zénobie au râle sourd

De femmes d’exception coulées dans le quartz

Des Monts Qasioun et Sinaï

Dans l’impatience extasiée sur la couche des amantes

Défrayées au grènetis du gruau

 

Viril fut mon silex de prêtresse

Vaticinant les douze tribus glapissantes

Ma gemme de sentences ralliant en ces temps de marais

Le factum à l’anathème de l’orant

Mon aiguière lavant d’eau verte les échinés de la plaine

En ces temps, le feu sacrait les convois de ma tribu

Ni la stèle où fut ourdi l’épiphanie des futurs mitrés

 

Je m’ouvre femme enfin à ton engeance de chaman

De ton chavirement d’homme du naufrage

Mon pachyderme entre tes mains de désir s’effrite

En eaux-fortes suées exaucées dans le vœu de ta perte

Par nuit fractile où l’hydre par sept fois dégénéra entre tes doigts

Au rectum de nos parlêtres

L’ardeur de ton mot s’ancre à nos membres essentiels

 

Qui charrie en moi ces vives eaux de gangue

Ces jusants de béryl et de nostalgie

Geysers qui se lèvent en l’homme torpide

Et proie enfin lâchée ruisselant de ton eau en retraite

De la coulure de mon corps à ton corps encroué

La consonne sonore éplorée à l’épopée innommable

Ensevelie avec les anti-héros

 

Comme il est proche le temps de la naine blanche

Ravisseuse des magnitudes épandant la lettre servile

Et le cantique imparfait en poussière de croyants

A l’ombre molestée le kandjar de la milice

Inversant la tessiture au kana de l’étranger.

 

Un poème de Nadia Haddaoui

1906a


Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier EcriLecture de Chaml sous le thème du corps. L’idée est de faire parler des femmes, chaque mois, sur un sujet différent. Elles pourront dire ce qu’elles pensent sans que quiconque ne les représente.


ecrilecture avril 2

Cuerpo

Au départ, je devais écrire sur le corps, sur sa politisation, un travail pour engager le débat. Et quand j’ai commencé à écrire, ça a donné un texte que je trouvais candide, simpliste où les références et les influences littéraires étaient quasi-absentes. Une sorte d’improvisation, d’un dialogue entre moi et moi, un dialogue enfantin, autiste, loin d’être superficiel, mais pas aussi profond que je l’aurais souhaité. Je me suis sentie nulle et je me suis même demandé s’il ne fallait pas que j’arrête de débiter mes inepties et d’arrêter d’écrire à jamais.

Puis je me suis retrouvée dans la salle de bain, un des rares endroits où tu es seule avec ton corps, ta tête, tes viscères… oui bon… ce moment d’intimité à faire surgir des souvenirs. Je me suis souvenue d’une fois où adolescente, j’essayais d’enfiler un jean, qui ne voulait pas rentrer, bloquait au niveau des hanches… ce n’était pas une histoire de régime, ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait, c’était une histoire de formes. Je devais avoir combien ? 14 ans tout au plus. Je venais de réaliser, dépitée que mon corps était différent (quand je dis différent, je pense à mes copines de l’époque, des tailles 36, bien dans leurs peaux, bien dans leurs jeans). Et c’est là qu’il a commencé à être pesant, ce corps. Je vous avouerais que durant toute mon adolescence et même une partie de ma jeunesse, je n’ai jamais mis de pull qui s’arrêtait au niveau de la taille… tous mes pulls, mes chemises arrivaient au niveau des genoux. J’ai caché un maximum de mes rondeurs. Pourquoi ? Parce que personne ne m’a aidée, au contraire on m’a toujours fait comprendre que je devais avoir honte de mes formes. Ton corps ne se fond pas dans la masse, il ne passe pas inaperçu… !

Les «tu veux pas mettre un gilet long pour sortir ?», «tu vas sortir comme ça», «ça c’est pas une robe pour toi»…. je pourrais remplir des pages avec. Du coup, chaque fois que je me faisais harceler dans la rue, euuh pardon, chaque fois que je me faisais accompagner «gentiment» contre mon gré à l’école par un mec qui trouvait que ma poitrine étaient ceci et que mes fesses étaient cela, j’avais honte. Une honte mélangée à de la colère, mais pas moins honte pour autant. Il a fallu des années pour que la colère prenne le dessus. Et pourquoi me jugent-ils ? Pourquoi devais-je subir tout ça, les regards, les remarques, les convictions des autres, le moule dans lequel tu dois rentrer si tu ne veux pas être rejetée.

Aujourd’hui, après un bout de chemin et plusieurs histoires, il me porte plutôt bien ou c’est moi qui le porte je ne sais plus, ce corps mais… ce n’est qu’une illusion. Je suis sortie de la prison de mes stigmates, vers une plus large prison. Tu crois t’être évadée de ta détention, mais tu te rends compte que ta cellule débouche sur une cour, une grande très grande cour de prison.

Aujourd’hui, j’ai réalisé que je n’avais plus à subir aucun diktat pour exister mais j’ai aussi réalisé que cela ne suffirait pas à me débarrasser des regards culpabilisants. Des regards qui te pèsent, te soupèsent, te mesurent, qui s’indignent de ton assurance, de ton indifférence face à leur provocation.

Ce que tu penses tu peux le garder pour toi, tout le monde s’en fiche, ici, il y a des règles. Pour vivre dans la grande cour, il faut suivre les règles à la lettre, ou, subir la colère des gardiens.

Les gardiens sont ce mec qui veut donner son avis sur ton corps quand tu le croise dans la rue, c’est l’autre mec qui ralentit sa voiture quand il passe près de toi pour pouvoir te dire une quelconque méchanceté déguisée en drague et qui te traiteras de tous les noms quand tu l’ignoreras.

Les gardiens, c’est aussi cette femme qui te regarde avec haine parce que tu incarne la peste qui menace son « espèce » et qui pervertit les siens.

Les gardiens, ce sont tous ces gens qui n’ont pas compris qu’on pouvait cohabiter malgré la différence et sans être une menace les uns pour les autres.

Ce sont aussi tous ceux qui ont choisi d’être dans la violence pour dominer, pour humilier pour imposer, pour… et qui ont trouvé que dénigrer le corps d’une femme, en faire l’objet de tous les maux sur terre est une bonne stratégie. En réalité les gardiens sont les mailles du filet de tout un système.

Ton corps n’est pas ton corps c’est un temple ou un bordel, choisis ! Tu veux qu’on t’adore où tu veux être une prostituée, choisis. Je ne suis pourtant ni l’une ni l’autre… ou alors les deux, je ne veux pas choisir, foutez-moi la paix. Je veux juste vivre comme je l’entends, sans avoir à vous affronter mais si vous me cherchez…

Maintenant, je vous laisse avec le dialogue qui a précédé la salle de bain :

بدني، سفينة غارقة ساعات و ساعات تعوم فوق الماء رزين نهارات، و نهارات خفيييف يطير مع الهواء… و احنا صغار، ما كناش نفرقو، كبرنا شوية، قالولنا راكم مش كيف كيف. انت ابيض محلاك و انت اكحل الله غالب. هو طفل عندو… يكبر و يولي راجل. وانت طفلة، رد بالك.. زدنا كبرنا، زادو فرقو بيناتنا… شعرك مكشرد، شو هي محلاها، بيضة و طويلة، شعرها ارطب، مصلي عالنبيي. ناخذها لولدي كان انجم، ندفع فيها مال الدنيا… ياخي هي للبيع ؟ كل واحد و سومو… ياخي انا خايبة ؟ كل يوم تكبر، بدنك يزيد يثقل عليك. تتعارك انت و المراية، تكرهو و تكرهها. تحشم بيه… هو يثقل، و خزراتهم تزيد تحسسك قداشو رزيييييبن، قداش هو حبس ليك… بش تخرج لابشة هكة ؟ علاش ؟ شبيه صدري ؟ شبيني.. جلدتي كان نلقى نسيرها، سيور سيور لحمي نفرمو، نحرقني و نرتاح من عينيهم و مالحبس الي محصورة فيه، من بدني. نحرقو و نطير، نجنح. نجي لروحك نبوسها، و نعلي… ماعاد عندي ما يشدني. حد ما عاد يخزرلي و لا يحكم عليا. حد ما عاد يناقش فيا كي الشقف من غير سلعة… نكرههم..

Une ombre passe devant le miroir… Un corps la suit Deux grands yeux qui scrutent le vide… Je passe une main dans mes cheveux, ensuite l’autre… L’une reste accrochée à ma tête, l’autre glisse… Mon cou, il porte ma tête comme il peut. Ce n’est pas tous les jours facile. Elle glisse encore… Deux seins qui pointent comme une arme vers le monde… et vers les yeux arrogants, avides et affamés de ses prédateurs:approche petit con, tu le ferais si tu pouvais, hein ! Mon ventre…puis, l’origine du monde, pas Mon monde… quel monde est sorti de là ? Celui là même qui se referme sur moi comme un piège, qui m’étouffe, me culpabilise, m’utilise pour justifier sa cruauté… jamais tu n’aurais du enfanter ! Mes cuisses, mes pieds, des imperfections que j’ai appris à tolérer depuis qu’on s’est réconcilié… mon corps et moi

رجعت… درت، درت و رجعت ما عنا كان بعضنا انا و انت، تهزني و نهزك… با بدني شقف و سلعة… انا وانت كهو، هوما فرايجية زعمة يعملولنا صنبة انا

وياك، انا و انا ؟ كان يعرفو قداش حاربنا، قداش حررنا, قداش اتفاوضنا و صححنا وثايق، و اعلنا من هدنة قداش من استقلال جبنا، و من ماتش ربحنا كان يعرفو، تو يحطولنا صنبة في الشارع لا شاشية اسطمبولي، لا شوالق سادة، كيما نهار الي تخلقنا… نكره الصنب، نكرههم نكرههم كيما نكره عركاتنا الي خسرناهم… و نحبك

 

Un texte de Hajer Boujemaa

Skindeep de Julien Palast

Skindeep de Julien Palast

 


Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier EcriLecture de Chaml sous le thème du corps. L’idée est de faire parler des femmes, chaque mois, sur un sujet différent. Elles pourront dire ce qu’elles pensent sans que quiconque ne les représente.


ecrilecture avril 2

ليست حربنا

دفاعٌ ، هجوم
هزيمةٌ ، انتصار
مجزرةٌ ، مجزرة
معبرٌ، حاجز
لا إنسان هناك
الكلّ وظائف
المدينة مازالت تحمل اسمها الوظيفي
ورّثه الاستعمار » للاستقلال »
« بن قردان »
اللحم متناثر، لقمة سائغة تغدي المنابر الإعلامية و السياسية
انشقّت أفواه الإعلاميين و الخبراء
كالسيل ، انهمر الكلام
الكل يحلـّل
الكل يحلّ دمنا
قرابين نحن على ناصية الدولة و الدولة
بيانات سياسية تتهاطل
يمتزج غرض المدح بغرض الهجاء
شجعان نحن أنذال هم
أنذال نحن شجعان هم
تتهاطل البيانات السياسية
تمتصّ في زمن القحط ما تبقّى  في الأرض من رحيق
أوقفوا الاحتجاجات
تبرّعوا بالأجساد بالدماء
وبما تبقّى من رواتبكم المبتورة
ان لم يكن لك راتب فعينك تكفي
ان لم تكن لك عين فاذنك تكفي
رئتك أو كليتك لا يهمّ
المهمّ ان تتبرّع
تصدح أغاني الدولة
تهمسُ أغاني الدولة
أُعلنت الحرب
حرب تحريرنا « منا » خونة الدولة الوطنية
قرعت طبول الحرب
حرب تحريرنا « منا » خونة الدولة الإسلامية
يوم خروجك في 17 ديسمبر هل طالبت بدولة ألم تقل كرامة ؟
يوم خروجك في 17 ديسمبر هل طالبت بدولة ألم تقولي كرامة ؟
ألم نقل شغل حرية ؟
ألم نقل لا للرشوة لا للفساد لا للمحسوبية ؟
ألم نقل ثورة في تونس ثورة في مصر ثورة ثورة حتى النصر ؟
ألم نقل الشعب يريد تحرير فلسطين ؟
فما بالنا
نقف طابورا على حافة موتنا الهباء
في هذا العرس الجنائزي , أستحضر فيلما مصريا كنت شاهدته مند بضع سنوات, قد يبدو لبعضكم سرياليا أو من تضخيم الدراما المصرية, يروي الفيلم قصة أخوين سافر أحدهما للعمل بالعراق ومن ثم تم إلحاقه بالجيش العراقي فيما سُمي « بعملية ضم الكويت » في حين تمّ تجنيد الثاني في الجيش المصري بعد قبول مصر دخول التحالف ضد « غزو الكويت » ،ينتهي الفلم بمشهد في الصحراء، يشهر الأخوان سلاحهما يقتتلان..
الدولة تجنّد و الدولة تجنّد،

جندي أنت نهاية المطاف

وقود حرب ليست حربك

فرصتك و « فرصتي »

لا فرق في الموت الهباء.

في قرارتي  نفسي أقول لا، لا أبطال في هده  الحرب و لا منتصرون،الكل مهزومون، الكل ضحايا.يخرج درويش شامخا من تحت الثراء، يتلو عليا ما تيسر من بيان الكرمل ، يقول
« في هذا الانفجار المفتوح على الإحتمالات، الإنفجار الذي يهزّ المجتمعات العربية يرتفع السؤال عن ثقافة الأزمة.  الأزمة أيضا، تصوغ ثقافتها. وثقافة الأزمة هي محصلة تاريخية لمعاناة مرحلة كاملة، مرحلة تختلط فيها الحروب بالحروب الأهلية، والحداثة بالإغتراب والأصالة بالسلفية. ويتمّ الإنفصال فيها بين المسيطر والمسيطر عليه. ولأنها كذلك، فهي مرحلة تختلط فيها النهايات بالبدايات. في ثقافة الأزمة، خيارات ورؤى متشابكة بعضها يعلن الهرب من مواجهة الحاضر عبر اللجوء إلى صياغات الماضي، يعلن العقلانية ويرتهن للغيب، يغرقنا في جنون طوائف الملوك وحروب ملوك الطوائف ويدور في الفراغ. وفيها، نعلن أن الأشياء يجب أن تمضي إلى نهاياتها وأن على المنهار أن ينهار، وأن الإندفاع إلى إعلان موت الثقافة المسيطرة والعاجزة عن الإحتفاظ بسيطرتها هو الطريق الوحيد لتحديد الأزمة والقدرة على القول أنها ليست أزمتنا، وهي المحاولة الخلاقة للإمساك بطرف الأفق. خيارنا الوحيد هو الإنتماء إلى إلإبداع في الثورة والثورة في الإبداع »
‫أقول هده الحرب ليست حربنا,

أقول الشعب يريد إسقاط النظام ..

Un texte de Naoua

Le taximan et le décolleté

Lui, n’était pas le prince charmant, ni pas charmant, ni charmant du tout d’ailleurs. Et puis que signifie charmant ? Un mot qu’il na jamais lu de toute sa vie…

Il se réveilla le matin avec une petite gueule de bois que les ablutions auront vite fait partir, s’en alla se recueillir tout en prière : pardon seigneur, j’ai pêché, mais comme tu sais, je suis un homme… et taximan pardessus le marché… et hop, attaquons la journée…

Un coup de gel, de parfum qui empeste la rose pourrie, un bisous sur le front de la « vieille » un autre sur celui du « vieux »… tout est bon pour attaquer la journée en homme de bien. Dans le taxi, avant de se diriger vers la grande route, il fit un détour par le quartier Passant devant la parfumerie, il baissa la vitre pour faire un clin d’oeil halal à la propriétaire, sa tendre bien aimée.

Zinouba, toute belle toute voilée, comme le seigneur l’a exigé, (quelque part, il ne sait plus où, mais le cheikh l’a dit) et puis c’est la loi du quartier…. donc, Zinouba est celle qui lui a vendu le parfum sentant la rose pourrie et du charme en bonus. Et puis c’est celle qui sait le remettre, quand il le faut, à sa place comme personne ne saurait le faire… sauf la « vieille » mais ne comparons pas l’incomparable…

Et puis à coup de courses par ci et par là, de clients avec qui il devisa sur la situation, les politiciens traitres, les journalistes vendus, les hommes et les femmes qui s’ecartaient des voies pourtant toutes tracées par la chariaa, que lui même respectait de façon modérée, tous les jours de 8h à 20h… il ne vit pas le temps passer, il était presque 13h.

Vers la pause, il se retrouva dans les quartiers chics au Nord de la ville. C’est là où toutes les grandes sociétés siégeaient… et c’est là où des créatures bizarres, se déhanchaient, tasses de café à la main, elles tiraient à bout portant sur les passants, à coup de pantalons slims et de décolletés… non mais, non mais, elles se croient en occident ces hérétiques… c’est pour ça qu’il ne pleut d’ailleurs plus… la barka est partie. Sensible aux formes et à la sensualité débordante elle a quitté le pays, laissant la place à un réchauffement climatique oú le méthane est un faux coupable.

Donc, après avoir déposé un client devant un hôtel prestigieux, il redémarra pour quitter les lieux maudits, mais… il n’était pas trop pressé, le spectacle n’étant pas si mauvais et, là, surgissant de nulle part, un décolleté proéminent, plus imposant que les autres, un café entre… les mains… woww euuuh astghfirullah, laanatoullah, tfoouuuh. Tu verras sale… c’est quoi du 90 C? Non mais la fille de…

Le cheikh n’avait-il pas dit qu’il fallait tout faire pour changer le monde vers le mieux vendredi dernier ?… la « vieille » n’avait elle pas passé des nuits entières à le mettre en garde contre ces femmes qui ne méritaient pas le respect ?

Le buste dehors, la main sur le volant il gueula de toutes ses forces : « cache ta poitrine salope »… hamdoullah, devoir accompli il reprend la route, vitesse grand V, loin du quartier maudit où Dieu nous en préserve, la loi de l’homme (avec un grand C ou deux, je ne sais plus) ne règne plus….

 

*Taximan est un personnage réel qui a existé

*Je ne suis pas le décolleté cité, autrement taximan ne serait pas encore en vie

*Les personnes qui entourent Taximan, eux par contre, je les ai inventés

 

Hajer Boujemaa

taxi

Vas voir un sexologue, un psychiatre et je te paie les 80 dinars

C’est l’histoire d’une femme qui s’est battue, seule, face à un homme, poignardé dans sa masculinité. Le tort de cette femme était de quitter un mâle alors qu’il avait encore envie de jouer. C’est l’histoire d’un combat difficile mais nécessaire. Je partage avec vous ce texte pour apaiser, en partie, la douleur de cette femme. Mais je le partage surtout pour dire aux autres « Allez ! Femmes ! Videz vos sacs ! Vous devez être fière de vos combats ! »

Je vous parle d’un homme qui a pris la parole pour défendre les libertés et les valeurs humaines. Ce genre d’hommes qu’on adore écouter les discours révolutionnaires sur la femme, le cinéma, la politique, la société, l’injustice sociale, les combats de libération, l’image, le pouvoir, l’art … Tout et partout, il est magnifique !  Il respecte la femme. Il a fait la révolution. Les libertés sont sa bible. L’amour est sa foi. Ce genre d’hommes qui vous parle de Fallegua, de Jhon Lee Hooker, de Grace Jones et de Monthy Python.

On est sorti ensemble pendant 10 mois à peu près et je l’ai quitté doucement tout en sachant qu’il était dans la merde. Durant une longue période, j’ai supporté ses discours dépressifs et suicidaires. Puis, à un moment, je n’en pouvais plus. Avec le temps, je me suis rendue compte qu’il sera toujours dans la merde parce qu’il le veut bien. Petit à petit, j’ai vu en lui le bouffeur d’énergie, le parasite qui ne s’aime pas, qui se déteste et qui détruit tout ce qui l’entoure. Je ne peux pas être avec une personne qui se déteste car je crois profondément qu’il faut s’aimer et s’accepter pour pouvoir aimer les autres.

Alors, j’ai quitté cette putain de table, sans faire le moindre bruit. Avec le recul, je pense, qu’en fait, je n’ai pas connu une personne mais plutôt son ego. Et quand l’ego se trouve seul face à ses propres démons, avec les années de vide et l’absence du moindre travail sur soi-même, ça fait un mélange explosif de haine, de méchanceté et de wabna. Alors, pour calmer la tempête de son ego, ce « merveilleux menayek » (on va l’appeler ainsi) s’attaque à l’Autre sans relâche. Parce que, lui, il est parfait. Il oublie toute l’image qu’il a dessinée de lui-même et s’abdique devant sa seule et unique vérité : un merveilleux menayek !

De mon côté, j’étais dans une étape où je voulais avancer à tout prix. Donc,  il m’a fallu quitter ce petit monstre et j’ai pris mon temps pour guérir de cette relation toxique et de passer à autre chose. J’étais naïve ! Je ne pensais pas que ma souffrance venait tout juste de commencer. Le jour de la rupture, le merveilleux menayek me menace. « Tu es devenue mon ennemie » voilà ce qu’il m’a dit. J’ai rien dit sur le coup. J’ai su que j’allais payer la facture et c’était vraiment le cas.

Pendant 7 mois, j’ai reçu, quotidiennement, des insultes sur mon téléphone, facebook et mon mail. Il a fait des caricatures horribles de moi. Il a massacré mon visage grâce à une tablette graphique. Il a remplacé ma tête avec celle d’un robot (eyh :D) et il a publié toutes ces photos sur Behance.

Quand j’ai changé de téléphone, il a débarqué chez moi. J’ai eu peur mais il n’a rien eu…

Imaginez ce quotidien ! Vous vous réveillez chaque matin avec ces mots « yé 9a7ba , yé malhét… je vais te détruire … tu ne vaux rien … » C’était mon quotidien ! Et ça a duré 7 mois (210 jours ) ! Moi, je l’ai vécu, réellement, tout ça, et sans que je m’en rende compte à quel point c’était cruel. Ces messages, je les ai reçus, dans la moyenne de 5 fois par jour. Mon combat était de ne pas me laisser influencée par ses propos. Mais, à force d’user de ma force, il m’a eu. J’étais devenue, au bout de quelques mois, une grande décharge émotionnelle d’énergie négative, de complexes et d’insultes …

Mon merveilleux menayek avait fait tout un rituel de harcèlement. La journée, vers 14h, il s’excuse sur les messages de la veille. C’est le moment des remords, juste après le café « matinal ». Vers 18h, au bout de la deuxième bière, il reprend les insultes. Et il se lâche à nouveau sur moi. Les mêmes insultes. Les mêmes complexes. Vers 2h du matin, il m’envoie (mais tout le temps d’un autre numéro) d’autres messages où il parle avec une vulgarité énorme de mon corps, de mes seins, de mes cuisses, etc.

Il m’a eu à l’usure. À force de lire ses textos et ses messages, je culpabilisais, tous les jours, en me disant que je l’ai détruit, que je suis responsable de son état actuel, il y’ avait des moments de faiblesses et de solitudes où je ne m’aimais plus.  Mais, après, je reviens sur mes pensées noires. Non ! Il doit assumer ce qu’il a fait. Il est mature et je n’ai pas à avoir ses échecs sur le dos. Je n’en suis pas responsable !!! Et je n’ai rien fais ! J’ai rompu kahaw 🙂

Ce qui m’a appris mon merveilleux menayek à travers le mélange explosif d’ego, de complexes et aussi de lâcheté est que la bassesse n’a pas de limite. Une bassesse inattendue mais d’une pertinence incroyable et avec la cerise sur le gâteau: mon silence face à ses insultes. Un silence qu’il ne supporte pas. Un silence qui l’a rendu fou. Un silence qui lui a servi de catalyseur pour embrasser le fond de la médiocrité.

Ce qu’il a fait ? Il a envoyé des messages à mon père, ma mère, mes sœurs et mon petit frère qui contiennent  à peu près les mêmes propos :

« Votre fille m’a quitté et elle a préféré sa vie de 9a7ba. Elle fume des joints. Elle boit de l’alcool. Elle a avorté et elle risque de ne plus avoir des enfants. Je voulais garder le bébé ( nostorha) mais elle a refusé parce que c’est une salope. En plus, elle a un compte bancaire ( echkhass saadi ) et elle a des clients partout qui lui offrent les bières ».

En pièces jointes, il a envoyé les documents médicaux de mon avortement. Et, il a tout balancé sur facebook.

Mes parents sont divorcés. Le soir où mon merveilleux Menayek a envoyé le message à ma famille. Ce soir-là, j’étais avec mon père, sa femme et mon frère et deux sœurs. Je les ai invités chez moi pour passer le weekend. J’ai passé 27 ans à tout faire pour rester proche de mon père. Je faisais 300 km régulièrement pour aller le voir. Je me suis tapée les bus de 5h du matin, les terrains de 12h pour garder contact avec lui. Je me suis battue pour préserver notre relation malgré le divorce, la société « bhima » dans laquelle on vit et les difficultés de vivre avec une mère seule, divorcée …

Ce soir-là, sur le toit de la maison, ma petite sœur est venue me dire que notre papa et ma grande sœur (voilée et un peu réservée) savent tout et savent que j’ai avorté.

A cet instant précis dont j’ai encore du mal à en parler, j’ai ressenti une rage indescriptible! J’ai ressenti une grande haine. À cet instant, j’avais envie de le massacrer. J’ai passé des mois à chercher une image dans ma tête pour donner forme à ma vengeance. Et je ne l’ai pas encore trouvée. J’ai pensé à plusieurs trucs, qu’il soit tabassé tous les jours et qu’il soit jeté nul part. J’ai pensé à des scènes de torture et à lui faire du mal ! Mais, j’ai très vite renoncé. Je ne suis pas un monstre !  Je me suis dite que cette bassesse, je ne l’ai pas découvert pour y succomber.

Alors, ce soir, sur le toit de notre belle maison et avec mes amours, je me suis trouvée à allumer une cigarette face à mon père assis devant la table de dîner arrosé. Il me regardait, silencieux et il attendait une réponse. J’avais peur. J’avais les boules. Un harcèlement permanent, un avortement pénible sur le dos et quelque chose qui ressemble à une crise d’angoisse qui a accompagné tous mes mots.

J’ai tout balancé !

oui, je bois et j’ai des préférences. J’aime la tequila !  Oui, je suis tombée enceinte. J’ai refusé de garder le bébé et j’avais raison. Oui, j’ai avorté mais j’étais la majeur de ma promotion pourtant j’étais dans la merde. Oui, j’ai le droit d’avoir des relations sexuelles et je m’en tape carrément des règles imposées par la société. J’ai mes propres règles et c’est ma vie et j’en suis responsable.

Ma famille était sous le choc. C’était réellement dur de tout se dire au même temps. Ils comprenaient pas comment et pourquoi j’ai rien dit et j’ai tout encaissé toute seule. Mon père m’a toujours aidé par son amour, ses paroles, les livres qu’il m’a offerts et les citations qu’il m’a toujours répétées dont  “ومن يتهيب صعود الجبال يعش أبَــدَ الدهــر بيــن الحــفرْ

Mais il n’était jamais là concrètement. J’ai grandi seule. Je suis devenue femme seule. Et donc, personne n’a le droit de me juger. C’était dur mais j’étais capable de m’en sortir seule! Avec ces mots, j’ai exigé le respect de tout le monde. Et je l’ai eu.

« Si vous voulez aider, supportez mes projets, et faites-moi confiance, car je mérite cette confiance, et malgré tout , j’ai avancé et vous le savez tous! ». Et je n’ai pas pleuré ! Mon père m’a dit : « tu resteras toujours ma fille ! Je t’aime et je te laisserai jamais tomber ». Ma grande sœur, quant à elle, pleurait car elle n’a jamais imaginé que sa sœur a enduré tout ça SEULE. 

Le lendemain, mon merveilleux menayek. Cet homme mature, qui a une image intacte et qui prétend défendre les libertés… s’est réveillé avec sa belle gueule de bois habituelle. Pris par les remords du café matinal, il a envoyé des messages d’excuses à ma famille. Il leur a dit que   je suis une femme libre, talentueuse et que je suis une femme qui impose le respect…etc

Et, personne ne lui a répondu.

Ma famille est partie et j’étais à nouveau seule. Evidemment, quelques heures après, il a repris les insultes et le harcèlement.

Deux mois après cet incident , j’ai essayé de montrer à tout ma famille que j’étais forte et que je m’en sortais , que je suis sur la bonne voie et que je l’ai complètement dépassé , je n’avais pas le droit à l’erreur.

Mais au fond, je n’étais pas forte. J’ai passé des mois à réaliser ce qui s’est passé. Ça m’a pris beaucoup de temps.  Quand ils sont partis, je me suis effondrée. Je me suis trouvée seule avec mes angoisses et ma rage. Même si cet incident m’a montré à quel point j’ai une famille qui m’aime et un père, honnête qui n’est pas comme tous les autres hommes schizophrènes. Mon père sait que sa fille a un cerveau putain !! C’était la seule chose qui me consolait à cet instant.

De cet épisode de ma vie, j’ai gardé des séquelles. J’avais, au quotidien, une peur qui surgit à la surface et qui me honte. J’ai passé une bonne période à l’imaginer devant ma porte. Là, devant moi, en train de me tabasser. Donc, avec le temps, je me suis fait une armure mentale et émotionnelle pour dépasser ma peur.

Mon arme était de toujours penser qu’il ne pouvait pas me faire plus de mal. Lui, il n’a pas arrêté de m’envoyer des messages. Mais cette fois pour me menacer d’autres choses. « Je vais aller au poste de police et leur dire que tu fume de la Zatla. Et je vais donner les noms de tous tes amis ». Comme d’habitude, je n’ai pas répondu.

Mon merveilleux menayek voulait me détruire à tout prix. Il a tout essayé sauf l’agression physique.  D’ailleurs, j’aurai aimé qu’il le fasse. S’il a osé me gifler ou me casser la gueule, je serais par terre à accepter les coups. Je lui donnerai des armes pour m’arracher les dents, me couvrir de sang, je serai par terre morte de rire.

« Oui j’ai avorté ! Je n’ai pas gardé le bébé !  Oui ! Je l’ai fait ! Oui! Oui j’ai refusé d’être ta femme ! Oui! J’ai pris cette décision et j’en suis fière ! Oui ! J’ai galéré ! Mon corps a subit cette décision ! Et maintenant je me sens bien ! Putain ! Je me sens bien ! Je suis bien sans toi, sans tes crises de jalousie, tes crises de doute et de haine envers les autres! Oh ! Je me sens bien ! Tabasse-moi encore et encore ! Ces coups seront orgasmiques! J’aurai des orgasmes successifs ! Tue-moi ! Je ne suis pas à toi et je ne serais jamais à toi yé mnayyek, yé mnayyekj yé mnayyek !! Tu ne peux pas détruire une femme qui s’assume ! » Ainsi serait ma vengeance.

Allo! Mon merveilleux menayek! je m’adresse à toi ! Je vais te dire un truc que j’ai jamais dit à personne ! Va voir un sexologue, un psychiatre et je te paie les 80 dinars !

Je te souhaite des crises d’angoisses, une solitude médiocre, et un mépris à l’infini. Le jour de ta mort, je ne baiserai pas sur ta tombe. Mais, je serai là, probablement bourrée, avec un beau joint et mon homme à mes côtés. On pleurera l’acte de ta naissance. On partira du cimetière en fanfare pour fêter ta mort. Et j’appellerai mon père bourrée à 3h du matin, pour lui dire combien je l’aime.

P.S :

Je suis sure que tu vas lire cet article partagé par plusieurs personnes que tu fréquente. Et je te préviens que si ton ego te mimera ne serait-ce qu’une petite vengeance de moi ou de mes proches, sache que je garde encore tout l’archive de tes œuvres d’insultes et de menaces dans un dossier nommé « le merveilleux menayek ». Mon avocat t’offrira, en bonus, un beau séjour à la prison de Morneguia.

Donc, lis cet article, silencieusement ! Si on se croise, baisse la tête ! Ta seule demande qui sera accepté est de te donner 80 dinars pour le sexologue et le psychiatre ! T’as besoin d’aide mon grand !

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Un foetus qui meurt جنين يموت

شكّلتنى أمّى كما شاءت

و ها أنا ذا

دموعها التي لم تنزل

صرختها التي لم تعرف الفضاء

و حشتها الطّويلة

يأسُها الكتوم

وجع مفاصلها

اللاّ ، القُصوى التي لفظتها ذاتُها

شهوتها ، حرّة ، كاملة

ثلاث درجات فوق السّطح

و دعاء عميق بالسّقوط

في بطنى جنين يموت

و أحلام بالدّفء تتحلّل

الألم ينهش كبدى

لكن مثير للرّثاء أن أحزن

أبكى ، و يبكى في رأسى نساء عدّة

أعرفهنّ بالإسم

أعرف الكثير من صفحاتهن

أي سجن هذا الذي يجمعنا ،

أيّ سجن نساء

هنا

هذا ما نحن عليه

و الحرب تهلّ ساخرة

في حلقى جنين يموت

جسدى يتنفّس الصُّعداء

« مرّ كلّ هذا بخير « 

لكنّ النّساء داخلى لا يسكتن

« تبا لهذا الوجود »

« تبا لهذا الوجود »

داخلي جنين يموت

إحتفاءًا بهذا الألم

لم لا تتوقّف الحرب قليلا

لم لا تنته لم لا ننجب كلّ الأطفال

أحبّ أن أنجب طفلا كل شهر

و تركض الحياة صاخبة

الحياة سأتعلم الكثير عنها

الآن سمّ أسود،

يستعرض خطاه فى دمى

لم لا تنتهى الحرب يا أمّى ؟ ؟

لم لا تسكت أناتك الحزينة ؟

لن أحارب !

لن أحارب !!

أطفئى الضوء. ماما

أحب أن ألتقى برجل يائس

يصلني بالحياة

رجل يائس يحب امرة يائسة

و يبدآن كل هذا من جديد

أجل،

يمكنني أن أصدق من الحزن ،

ستنمو شجرة كبيرة

من ماء

لاجل كل الدموع التي تسكبها النساء في عينى

و الرجال السذج

ستكبر داخلى شجرة

و تزهر كل الأجنة الميتة

ماما انتظري،

أغلقى الباب.

Ma mère m’a façonnée à son goût !

Me voilà !

Ses larmes retenues

Son cri, qui ne connut point d’espace 

Et sa grande mélancolie   

 

Me voilà

Son désespoir inavoué

Sa douleur osseuse  

Le « non » extrême

De son âme prononcée

 

Sa volupté, libre et parfaite

Trois pieds au-dessus du toit

Et un profond vœu de défaite.

 

J’ai

Dans mes entrailles, un fœtus qui meurt

Des rêves de tendresse qui se décomposent

Et de déchirants maux de cirrhose

Faut –il être triste pour raviver la complainte ?

 

Je pleure, et dans ma tête pleurent maintes femmes

Je sais leurs signatures

Je connais leurs écritures

Quelle est cette cage qui nous réunit ?

Cette cage

Des femmes

Ici.

Voilà où nous en sommes

Pendant que la guerre à nos portes ricane.

 

J’ai

Dans ma gorge, un fœtus qui meurt.

Mon corps soulagé soupire :

« Tout ça, c’est fini »

Pourtant les femmes en moi ne se taisent pas :

« Maudite soit cette vie. »

« Maudite soit cette vie »

 

J’ai

En moi, un fœtus qui meurt

 

Pour commémorer cette douleur 

Pourquoi cette guerre ne prend pas-t-elle trêve ?

Pourquoi ne s’arrête-t-elle guère ?

Pourquoi n’accouche – on pas de tous les enfants ?

Je rêve d’en enfanter un chaque mois,

Voir la vie galoper, groovante.

La vie !

M’apprendra tant.

 

Maintenant

Dans mes veines

Défile fièrement le venin noirâtre.

Pourquoi la guerre ne s’arrête elle pas, Mère ?

Et tes plaintes ?

Je ne vais pas faire la guerre !!

Je ne vais pas faire la guerre !

Éteins la lumière.

Maman.

 

Je veux aimer un homme désespéré

Qui me lie à la vie

Un homme désespéré aimant une femme désespérée

Pour partir de nouveau.

Oui, je peux croire que

De la mélancolie

Croîtra un grand arbre

De l’eau

Au nom de toutes ces larmes de femmes,

 Versées dans mes yeux

Au nom de tous les hommes crédules

Grandira, en moi, cet arbre,

Où fleuriront tous les embryons fanés.

Attends, maman !

Ferme la porte.

 

 

أمل كلودال كاميليا  Amal Claudel

Trad. Yosra E.

Parlez !

C’était dix-neuf trente, fin d’hiver, je rentrais de chez mon oncle quand j’ai rencontré cet ami, enfin plutôt une connaissance, d’ailleurs je ne connaissais que son prénom.

Il était avocat, à peine 27 ans, beau, très bien bâti et très sympa, il faut aussi préciser qu’il venait d’un milieu social aisé … je me rappelle qu’on avait parlé de quelque chose en rapport avec mon accident et il m’a demandé gentiment de passer avec lui à son cabinet, à 5 minutes de là où on se trouvait, j’ai accepté. Sur la façade de l’immeuble, à côté de la porte principale s’affichaient toutes ces plaques métalliques sur lesquels étaient inscrits noms d’avocats et d’experts comptables.  Ce n’était pas dans une ruelle, l’endroit n’était pas désert, c’était plutôt dans une grande rue très bien éclairée et vivante, rien d’alarmant, pourquoi serai- je inquiète ?
Monté à l’étage, il tourne la clef.  La porte s’ouvre sur un couloir, il entre, je reste dehors, il fera vite … il m’appelle, je fais un pas, un autre et je pénètre dans le « cabinet » … Je le cherche, les portes sont fermées, une seule au fond du couloir est entrouverte, je la pousse et là, je découvre une chambre, une table avec sa chaise, un lit et une armoire.  Inquiétée de ce décor inattendu, je fais un pas en arrière, je piétine quelque chose, je regarde en bas tout en me retournant, et sursaute…

Il était derrière moi, à quelques millimètres, un sourire narquois affiché sur le visage… Je ne me rappelle plus des détails exacts de ce qui s’était passé… Je crois plutôt que je ne veux pas m’en rappeler et que mon cerveau les a écartés, ou caché au fin fond du dernier recoin poussiéreux de ma mémoire.

Je me rappelle vaguement de la panique qui m’a prise, lui avoir demandé ce qui se passait, avoir vu derrière lui que la porte d’entrée était fermée… Je me rappelle avoir voulu crier mais qu’aucun son n’était sorti de ma gorge la première fois…

Je ne sais plus comment je m’étais retrouvée sur le lit, lui au-dessus de moi… Je me rappelle seulement avoir essayé de me débattre, l’avoir poussé, frappé, griffé, avoir hurlé… mais, très lourd, je n’arrivais même pas à le faire bouger… Un monstre était étendu sur moi… il bavait, puait l’alcool -chose que je n’avais pas remarquée au début-, la sueur et la cruauté, oui je pouvais la sentir, même ses yeux qui s’injectaient de sang à vue d’œil…

D’une main, il immobilisa les miennes au-dessus de ma tête… je me rappelle qu’il avait arraché mon collier, un gros collier lourd… mon cou déjà meurtri par l’accident que j’avais eu quelques mois auparavant,  a failli se briser une seconde fois  et j’ai dû d’ailleurs prolonger le port de la cervicale, qui me permit en même temps de cacher les traces bleus, rouges, violettes et noires ,  traces de ses morsures-…

Il m’avait arraché plusieurs touffes de cheveux… il m’avait frappée, mais pas au visage… il me répétait en haletant que sa mère lui disait qu’il ne fallait jamais frapper quelqu’un au visage… Je hurlais, je pleurais, je hoquetais, je le suppliais de me lâcher, je toussais, des fois je n’arrivais plus à parler, mon Dieu cette fois, c’était mon tour, devais-je me laisser faire pour qu’il ne me frappe plus… mais à quoi pensais-je ! Je devais être forte, trouver une manière de m’enfuir, le pousser, le frapper, le mordre… pourtant, j’étais coincée…

Je me rappelle qu’il était en train de baisser mon pantalon quand je criai, comme un dernier appel au secours, que j’étais vierge… je me rappelle de son regard noir et des coups que je reçus ensuite … Il me releva ensuite, desserra sa prise, prit un mouchoir, m’essuya le visage doucement, m’embrassa sur la joue et me mena vers la porte…

Une fois sortie, j’errai dans la rue, le corps endolori, l’esprit mutilé, il était peut-être 21h et je ne savais pas quoi faire Je devais aller au poste de police, mais pourquoi dire ? J’étais prête à exploser à n’importe quelle question mal placée ou à n’importe quelle remarque avec une arrière-pensée …

non, en fait là n’était pas vraiment la question, j’avais peur, peur de mon père, comment lui expliquer ce qui venait de se passer… pourtant je sais qu’il m’aurait aidé, il m’aurait supporté, je ne sais pas pourquoi cette pensée m’avait traversé l’esprit… et jusqu’à cet instant, il ne le sait toujours pas, il lira sûrement le texte en même temps que vous… je rentrai donc chez mon oncle, il me réprimanda pour mon retard, Tunis n’est pas la banlieue nord disait-il, la nuit peut être dangereuse , je lui assurais qu’il n’avait pas à s’inquiéter…
Pendant des jours, je n’étais plus la même, il m’arrivait de sursauter quand l’un de mes amis me touchait, je me perdais souvent dans mes pensées… pendant des semaines, je ne me supportais plus, je voulais m’écorcher, arracher cette peau souillée, sous la douche, il m’arrivait de m’érafler, dans l’espoir de ne plus ressentir ce dégoût qu’avait laissé le contact de sa peau… Pendant des mois, je perdis le goût de la vie, mais je fis semblant que tout allât bien… j’ai été faible, je n’ai pas pu en parler, je ne suis pas allée à la police, je l’ai laissé vivre tranquillement, peut-être même qu’il l’a refait…

Juridiquement, c’était une tentative de viol, pour moi, il avait violé chaque parcelle de mon corps.

Cela fait presque deux ans maintenant que c’est arrivé, il y a quelques mois, je pus en parler vaguement, je n’ai toujours pas d’excuses pour ne pas aller le dénoncer, je ne l’ai jamais revu, j’ai même oublié ses traits… Cela fait presque deux ans que j’ai compris, que les femmes violées ne peuvent pas toujours se débattre ou s’enfuir, qu’elles ne peuvent pas toujours en parler, que souvent elles vivent avec ce poids sans pouvoir rien y faire, souvent elles se croient fautives, elles se détestent et se détruisent la vie en espérant que ce qui les hante disparaisse un jour, en espérant qu’un jour elles pourraient se regarder dans le miroir sans y repenser, qu’elles n’auraient plus honte de ce qu’elles ont subi car la honte, la vraie, était qu’elles n’avaient pas parlé, ou comme moi; qu’elles ne l’avaient pas fait à temps.

Nada. S

 

 

تعهد بالقضاء على العنف ضد النساء

علاش الالتزام هذا ؟
على خاطر العنف ضد النساء، البنات و المجموعات المنبوذة، هو انتهاك لحقوق الانسان. هو زادة تمييز ضد النساء هاذم يخلي عدم المساواة متواصل بين النساء و الرجال.
العنف عاقبتو خايبة بالنسبة للنساء و الرجال أما ماهوش حاجة مفروضة علينا و الوقاية منو مش ممكنة اكهو اما لازمة.
المسألة عالمية و 70% مالنساء تعرضو للعنف في حياتهم.
باش تنجم تبدا ؟
العنف الجنسوي ماهوش مشكلة النساء كهو اما مشكلة الناس الكل. الكلنا عنا دور لازم نلعبوه و مالازمناش انغمضو عينينا.
الالتزام بتشكيل مجتمع قائم عالاحترام يشجع  النساء المعنفات باش يتكلمو يعاون الي منعو باش يبراو.
ال 16 يوم متاع النشاط ضد العنف المسلط على النساء هوما فرصة نتفكرو فيهم الضحايا و نتحركو فيهم. شاركوا في القضاء على العنف المسلط على النساء.
ما تنساش تبارتاجي العريضة
كيفاش تلتزم بالحق ؟
  • خمم مليح في شنوة تنجم تعمل كي تشوف اعتداء و الا تهديد.
  • اذا كان تحس الي حد مالناس الي دايرين بيك تعرض للعنف، لازمك تعرف الي فما اشخاص و هياكل مؤهلة تنجم تعاونو. الي يتعرض للعنف، يحتاج للاعتراف بكونو ضحية باش ينجم يعاود يبني حياتو نفسيا و جسديا. باش تعاون المرا المعنفة وجهها، اسمعها، خليها تعبر. قوللها الي العنف ما عندوش مبرر و ماهوش مقبول و شوف معاها طريقة تحمي بيها روحها.
  • حاسس الي واحد من اصحابك عنيف ؟ احكي معاه في الموضوع، وعّيه و احمي االمرا المعنفة والا الي اتنجم تكون معنفة.
  • اذا كانك تكره العنف المسلط على النساء و المجموعات المنبوذة قولها و بصوت عالي.
  • كان كنت في فترة من حياتك عنيف، خلي شكون يعاونك، أصعب خطوة هي الوعي.
  • ما تنساش تعطي المثل و تكون قدوة اجتماعيه ثقافية للي أصغر منك.
  • خليهم يكون أحسن منا. داوي، اتكلم، كون فايق و رد بالك. شجع عالحوار، وعّي، و افضح الممارسات.
  • استغلّ مواقع التواصل الاجتماعي باش تعلم الي يرتادو هالمواقع و توريهم مساندتك للنساء المعنفات من خلال نشرك لمحتويات منهم هالمقال باش تفضح و توعي.
  • كان امكانياتك تسمح، ما فيها باس تعاون في تمويل ملاجئ لضحايا العنف و حملات توعية و مكافحة للعنف ضد النساء.
  • استدعي ناس اخرين لحوارات عالعنف المسلط على النساء و شوفو شنوة اتنجمو تعملو باش تعاونو في القضاء عليه.
  • مثلا اذا كانك عضو في نادي قراءة، اقترح عناوين تتناول موضوع العنف.
  • في خدمتك، في مكتب، نظم نهار للتوعية في الموضوع.

اشهد !

اشهد و احنا ننشرو شهادتك على مدونتنا و على صفحاتنا حتى كان ما تحبش تكشف اسمك. و لازم تعرف الي احنا يفرحنا برشه نحكيو و اناقشو معاك.