Journal d’une dépressive

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Dormir m’empêche d’entendre que la terre est plate, d’être discriminée dans la rue, de devoir supporter la pollution sonore, de souffrir du chemin que prennent les relations humaines, de m’habiller, de me regarder dans le miroir, de parler, etc. Je donnerai ma vie pour être « la belle au bois dormant ». Alors, je ferme les yeux, que tout s’obscurcisse, pas obscure parce que mauvais, mais obscure comme un avenir qu’on ne connait pas. Et je me dis que c’est possible, que ce truc est possible, jusqu’à ce que j’y arrive vraiment. Mais c’est comme se forcer à sourire jusqu’à devenir vraiment heureux, ce n’est pas possible.

J’écris aujourd’hui car je me sens lasse, lassée, vide et vidée. Vidée, à ce moment de ma vie, ce mot prend tout son sens. Au moment où l’on perd tout : son travail, son amour, son idole, voire même le gout à la vie. En une semaine, tout. Et se dire « ainsi-soit-elle, cette âme frêle ». Je suis une morte vivante car certains n’ont pas besoin de mourir pour être considéré morts, tandis que d’autres ne meurent pas.

Alors, oui, j’ai fait des erreurs. Oui, j’ai changé d’avis. Oui, je me suis contredite. Oui, je me suis perdue, je me suis tuée, je me suis détruite. « Oui, je n’ai pas mangé quand j’avais faim, ni dormi quand j’étais fatiguée, ni couverte quand je mourrais de froid ». Je me suis rendue vulnérable. Je me suis rendue faible. Et puis comme l’OA l’a dit « je croyais que si je jetais un beau filet, je n’attendais de pêcher que de belles choses ». Tout était devenu si obscure.

Comme Duras l’avais dit en parlant de la maladie de la mort, « l’envie d’être au bord de tuer un amant, de le garder pour vous, pour vous seul, de le prendre, de le voler contre toutes les lois, contre tous les empires de la morale », je la connais. Je suis une fervente servante de ce sentiment humain. Je m’y suis dévouée malgré les intempéries et je peux vous dire qu’elles étaient violentes.

On m’a beaucoup parlé d’amour. J’ai aussi beaucoup lu. J’ai essayé de me questionner à plusieurs reprises sur la faisabilité, l’existence, les lois… Et j’ai compris qu’il était à créer et que pour cela se fasse, il fallait beaucoup de lutte, d’abord contre soi, puis pour soi, ensuite pour le couple, contre les intempéries et enfin contre le monde. C’est une guerre pour la paix mais si ce n’est pas un travail à deux, il n’y a pas de paix.

Cette semaine, en perdant cela, j’ai su que ce n’est pas la distance qui sépare les gens mais le silence. Je suis aussi une fervente servante du silence. Les femmes ont tendances à fermer les yeux, la bouche et grand ouvrir le cœur. Une femme ça ne dit pas tout. Ça parle beaucoup mais ça cache beaucoup. Se donner corps et âme à cet aventure jusqu’à se discriminer est, malheureusement, possible.

Je parle mais je ne dis jamais tout. Pourtant, je parle beaucoup. Oui, même féministe, je me discriminais moi-même. Il fallait que je fasse plus d’efforts, que je supporte plus, que je ne dise rien et que j’encaisse. J’occultais mes envies, même, les plus légitimes. Je camouflais mes peurs, cachais mes problèmes, dissimulais mes dépressions. Je faisais tout, pour tout détruire, sans le vouloir un instant. Comment ? En étant sexiste avec moi-même.

Additionné aux problèmes du quotidien extérieur comme l’argent, le boulot, l’entourage… ça éclate. C’est là qu’on éclate. A ce moment on peut enfin dire qu’on est triste, impuissant et seul. C’est ainsi que la descente se fait parce que créer un mythe est un travail plus que difficile.

J’étais glissée dans une dépression d’adolescente et je me suis ridiculisée. J’ai perdu ma confiance en moi, avant celle des gens envers moi. J’ai perdu mon envie de vivre, mes ambitions, mes rêves, pour donner place, non pas à la crainte ou la méfiance, mais la confusion. Ainsi, j’ai tout perdu.

J’en arrive à un point ou je pense que je ne sais plus où j’en suis. Ce moment où je mets en doute mes valeurs, pas en les confrontant mais en m’en échappant. Je me suis échappée, un soir, à 22 heures, de là où j’avais trouvé de la terre, parce que je n’avais pas pu confronter l’une de mes valeurs certaines, l’amour. Ainsi, tout est parti.

J’ai longtemps pensé au mécanisme de la blessure. A chaque fois, je partais vers là où ça vient de commencer. Et puis je bloquais. Je n’avançais plus. En réalité, c’était une mauvaise méthode. On ne peut pas réduire une blessure à un seul coup, car ce qui fait mal est cumulatif. Ça arrive au fil du temps. J’absorbe jour après jour, coup après coup, choc après choc et douleur après douleur. Savoir, exactement, comment j’en suis arrivée là, ne veut pas dire que je peux réparer. Je ne peux pas guérir toutes mes blessures. Et ce n’est pas grave. Du moins, je dois croire que ça ne l’est pas. De toute façon, si quelque chose semble difficile à réparer, ça ne veut pas dire que c’est cassé.

En hibernation, je n’ai plus aucun désir, aucun putain de désir. Je na sais pas de quoi ai-je besoin et ne sais pas si j’ai un, quelconque, besoin. On appelle ça le vide. Je me suis jetée dans le vide et l’obscurité m’a envahi. Pour clarifier, quand je dis « hibernation » je veux dire « dépression ». Pendant cet état dont je me suis faite prisonnière, plus que les souvenirs, les objets, eux-mêmes, portent des sens profonds. L’amour est invisible mais il est partout. La paix vous dites ? Je vous donne une belle corde. Je pourrai même l’accrocher à mes rêves.

Amal Bint Nadia

L’hystérie pour les nuls à chier

C’est un médecin grec, Hippocrate, qui a inventé le mot « hystérie », pour décrire une maladie déjà étudiée par les égyptiens. Le terme signifie en Grec les entrailles, la matrice ou l’utérus. Jusqu’à la fin de l’Antiquité classique, l’hystérie fut considérée comme une maladie organique, utérine. La théorie disait que l’utérus se déplaçait dans le corps entier ce qui entraîne les symptômes de l’hystérie. Platon disait que « la matrice est un animal qui désire ardemment engendrer des enfants ; lorsqu’elle reste longtemps stérile après l’époque de la puberté, elle a peine à se supporter, elle s’indigne, elle parcourt tout le corps, obstruant les issues de l’air, arrêtant la respiration, jetant le corps dans des dangers extrêmes, et occasionnant diverses maladies, jusqu’à ce que le désir et l’amour, réunissant l’homme et la femme, fassent naître un fruit et le cueillent comme sur un arbre ». Vous l’auriez deviné, le traitement, à l’époque, était le mariage pour les jeunes filles et le remariage pour les veuves.

Au Moyen Âge, pendant deux siècles, c’est le bal de la chasse aux sorcières. Les hystériques, bien sûr que des femmes, étaient considérées possédées par le diable et donc le seul traitement : l’Exorcisme. Les moins chanceuses étaient confondues avec ce qu’ils appelaient des sorcières. Durant cette période, le nombre d’hystériques qui montèrent au bûcher reste inconnu par l’histoire.  Oui, la médecine à l’époque pensait que l’hystérie était démoniaque.

Au tout début du dix-septième siècle, en 1618,  Charles Lepois, un médecin français, professeur et doyen de l’école de Médecine de l’Université de Pont-à-Mousson, a trouvé une localisation cérébrale de l’hystérie. Il a affirmé que la  théorie utérine est absurde puisque la maladie peut s’observer dans les deux sexes. Par ailleurs, en 1653, le traité de médecine de Pieter van Foreest recommandait quant à lui des massages des organes génitaux, qui par l’atteinte du «paroxysme de l’excitation» devaient guérir la malade. A cette époque aussi, on conseillait aux femmes de faire du cheval ou de la balançoire… C’est l’arrivée de l’électricité au dix-neuvième siècle qui nous a sauvé des massages avec l’invention du vibromasseur. (Si vous pensez que les femmes sont hystériques, achetez des vibromasseurs).

Et puis, ça ne s’est pas arrêté. Plus de 200 ans après, tu as Paul Briquet, un médecin français qui définit la maladie comme une « névrose de l’encéphale », qui  dénombra un cas d’hystérie masculine pour 20 cas d’hystérie féminine, qui prétend que cette affection était absente chez les religieuses et fréquentes chez les prostituées, que 25% des filles d’hystériques le devenaient elles-mêmes et que l’affection touchait les couches sociales inférieures et était plus fréquente à la campagne qu’en ville. Puis en 1886, tu as Moriz Benedikt, neurologue autrichien, qui pense que les traumatismes et la sexualité infantile peuvent être les sources de l’hystérie. Dès 1889, il utilise une psychothérapie sans hypnose pour conscientiser des souvenirs ou traumas enfouis.

Puis tu as, enfin, Charcot, neurologue français, tout en conservant l’idée d’une localisation cérébrale, promut l’idée d’une origine psychogène de l’affection en faisant apparaître et disparaître les symptômes par hypnose.  Puis, en 1888, tu as Paul Julius Möbius, neurologue allemand, qui annonce que « Sont hystériques toutes les manifestations pathologiques causées par des représentations ». Mais il fallait qu’en 1893 Freud mette son nez. Avec Breuer, ils publient leurs études où ils analysent la causalité psychotraumatique et le traitement par hypnose qui consiste à réveiller les souvenirs traumatiques enfouis, à l’origine de troubles, générant une décharge émotionnelle libératrice. Freud pense bien sûr que le traumatisme à l’origine de l’hystérie est sexuel mais Breuer n’est pas d’accord. Et puis la liste est longue.

En 1952, l’hystérie disparaît des livres de médecines. Elle laisse place à la tétanie, la spasmophilie, l’anorexie, les crises de larmes ou de nerfs… et j’en passe.  Ça n’a donc rien changé. Quand une femme est trop triste, pas heureuse, perdue, se sent seule ou a envie de rester seule, c’est toujours associé à la dépression ou à l’anxiété. Si une femme craque, s’indigne et se rebelle contre l’oppression, c’est surement de l’hystérie. Ce n’est jamais considéré comme des réactions normales aux aléas de la vie.

Aujourd’hui, on invente, encore, des maladies. Les industries pharmaceutiques ont besoin de vendre, alors ils engagent des publicitaires qui feront des médicaments de merdes des comprimées et des pilules magiques pour les ménagères débordées, les célibataires déprimées, les règles douloureuses, les maternités alliées à l’insomnie et les ménopausées irritantes.

Alors, oui les femmes sont deux fois plus souvent diagnostiquées dépressives que les hommes. Je pense que tout comme les femmes, les hommes souffrent d’une conception sociale qui les façonne. Dès leur plus jeune âge, ils savent qu’ils n’ont pas le droit de pleureur. La société impose aux hommes d’être ce dur, solitaire, viril… Ce qui valorise le contrôle émotionnel. Mais ça ne veut pas dire que s’ils ne montrent pas leurs tristesses c’est qu’ils ne le sont pas. C’est qu’une femme est plus encline à consulter un médecin qu’un homme.

Pour finir, je reviens sur le fait que les femmes sont deux fois plus souvent dépressives que les hommes et ce n’est pas qu’une question d’hormones. Selon Xavier Briffault, chercheur en sociologie et épidémiologie de la santé mentale, tout le monde et à tout âge peut être concerné par un épisode dépressif. Mais les femmes sont plus exposées, comme la dépression est liée à certains facteurs de risques : milieu familiale instable, agression sexuelle, violence physique ou morale, difficultés d’accès aux études, chômage, précarité professionnelle, dépendance financière… Plus souvent, encore à cause de l’inégalité homme-femme, les femmes sont plus exposées que les hommes à ces risques. D’où, elles seront 23 % à vivre un épisode dépressif majeur au cours de leur vie, contre 12 % des hommes.

Alors si quelqu’un me dit encore que je suis hystérique parce que selon lui je suis trop émotive, il a des choix :

  • M’exorciser
  • Me brûler vif sur un bûcher
  • Me faire un massage clitoridien
  • M’offrir un cheval ou une balançoire
  • Me castrer
  • M’acheter un vibromasseur
  • Ou la plus facile de tous, mener cette bataille ensemble, contre ce système de valeurs que nous imposent l’argents, le pouvoir par l’oppression, l’injustice, et l’inégalité.

 

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L’Orgasme Insulaire

Toc toc, nous sommes le 1 er janvier 2007. Je suis ivre morte et j’ai perdu ma virginité. Je n’ai rien senti, mis à part la profonde honte de n’avoir pas saigné et une étrange sensation d’avoir fait pipi au lit. En revanche, Rafal, mon partenaire, avait le visage de Lewis Hamilton à son arrivé, premier, au F1 2008.

Je suis restée coi. Perplexe, la bouche anesthésiée. J’avais taie mes interrogations face à son « c’était bien ? » auquel je répondis en haussant la tête. Un « oui » muet et timide, aussi faux que les nibars de « Beshine ». Evidemment, idiote, je croyais qu’il était plus que normal de ne rien sentir. L’orgasme féminin m’était inconnu. Socialement, on ne parlait que de l’orgasme masculin. Personne ne l’avait, jamais, conjugué à l’autre sexe, en tous cas, pas en ma présence.

Et si je simulais ça lui donnerait plus d’assurance, donc, probablement, plus de plaisir pour moi.

Mauvaise idée. Il s’imaginait encore plus étalon et reproduisit, encore et encore le même schéma. Telle une étoile de mer, la position du missionnaire devint mon quotidien. Je ne dirai pas qu’il n’y avait pas de plaisir : mais siiiii, quelque fois. Quant à Rafal, je ne sais pas si c’est par indifférence ou maladresse qu’il ne s’en est jamais rendu compte mais je ne le blâmer pas. Après tout, j’occultais, moi-même, le sujet.

Pour moi, faire l’amour était ce qu’il fallait faire lorsqu’on est amoureux.

Mon corps et mon cerveau n’arrivaient à être d’accord. Mon corps en demandait plus et je n’arrivais plus à le retenir, non pas pour le plaisir, mais par faim. Il n’était jamais comblé.

Je ne vais pas nier que j’avais un blocage avec le sexe. Trop complexée, non seulement maigre mais en plus poilue, il fallait être, complètement, dans le noir. Trop féministe, je ne taillais pas de pipe : pas question qu’un homme me mette à genoux. Lui non plus n’avait pas eu l’idée de descendre à la cave. Et puis, s’il l’aurait tenté, il lui aurait fallu un écarteur pour briser l’étau de fer que formaient mes cuisses.

Craignant de passer pour une frigide, faire la « mi none mi pute », et continuer à jouer de faux orgasmes n’était plus un choix. C’était un travail à part entière. J’avais honte. Je dissimulais. Je devais raconter une histoire à mes copines. Et j’en créais tellement. J’avais une réputation à sauver.

La seule fille de l’entourage à ne plus être vierge, à ne pas le cacher et à le brandir haut et fort tel un trophée.

Le temps passe et je ne m’étais, encore, jamais sentie rassasiée. Je croquais du regard les passants, léchais, constamment, mes lèvres et haussais la voix pour attirer l’attention. Cette sensation d’avoir quelque chose qui me titille le clitoris et qui me murmure en silence « Cherche-moi. Cherche-moi. Cherche-moi », me faisait perdre la tête. La fidélité devint handicapante pour moi.

A chaque lutte, un moment ou on ne peut plus de creuser dans le vide.

Toc toc, un an après. Encore une fois, je suis bourrée et je suis allée voir ailleurs. A vrai dire, l’alcool m’était d’un grand soutien. Lui, c’est Louis. C’est à l’arrière de sa voiture, complètement ensorcelée par le charme de ce jeune homme, que je me suis abandonnée sur lui tel un glaçon sur le feu – aussi légère qu’une plume, aussi flexible qu’un élastique.

Ce soir, j’avais découvert le spasme, ce moment de contraction musculaire. Ce moment, où ton vagin se contracte involontairement, ton clitoris se rétracte, ton utérus brûle, tes tétons pointent, les battements de ton cœur s’accélèrent, ta respiration est coupée, tes cheveux défaits et que tu transpire. Ce moment où l’unique que tu puisses avoir est d’arrêter le temps. Ce moment où tu ne gère, ni les mots qui crépitent dans ton cœur, ni les pirouettes que tu fais plantée dans un socle fixe, orbitant comme des galaxies autour de son soleil.

Et si je pouvais seulement me défoncer à l’endorphine et vivre constamment cette sensation de bien-être inégalée ?

Nos galipettes se multipliairent : aux toilettes publiques, au jardin de la maison, aux parkings, sur les toits, chez des amis, dans les cuisines, chez nos parents, au milieu d’une réunion, à la fac, sous la table, sur un lit que nous partagions avec tant d’autres amis… c’était incontrôlable. Il suffisait d’un regard, un seul regard volé, pour que je vole à lui, me coller contre son corps, m’évanouir dans ses bras, m’agripper à son âme. J’étais prise par ce tourbillon. Je volais et il me guidait.

Il y avait une sorte d’horloge. Il suffisait que mon corps fasse face à un manque de son corps, et nous étions, soudain, comme ça, unis. Il était partout et nulle part. Notre jeu est simple. Il était patient et curieux de moi. J’étais insatiable et curieuse de moi. C’est une relation entre deux corps et l’idée est de faire communiquer l’un à travers l’autre. Nous communiquions trop.

Nous étions unis dans la baise, ni exclusivité, ni limite, ni contour, sans avoir à garder sa braguette fermée et son regard vers l’horizon.

Louis pouvait passait des heures à contempler chaque partie de mon corps. J’étais gênée. Non pas que je n’aimais pas, mais je ne croyais pas qu’un homme comme lui, puisse me regarder ainsi. Il relevait mes cheveux, et se glissait dessous pour souffler légèrement sur mon cou. Je ne pouvais pas me déshabiller et j’avoue que je ne le laissais pas faire. Il y avait toujours un peu de lumière. Il dégageait, alors, discrètement mes omoplates de ma veste et soufflait encore plus bas. Je ne savais pas ce que ça me faisait. Je savais que je ne détestais pas. Alors je ne bougeais plus. J’étais attentive. J’attendais un signe. J’attendais. J’attendais. J’attendais.

Le plaisir nécessite beaucoup de patience, de la persévérance et l’écoute de son corps. Je peux y arriver.

Il me souriait en me disant combien « je suis belle en plus d’être brillante ». J’apprenais à me voir ainsi à travers ses yeux. J’arrivais même à y croire. Ni moi, ni mon corps n’arrivaient, déjà, à oublier nos vieux démons. Mes complexes n’avaient pas totalement disparus. Je ne pouvais pas le laisser me toucher si je n’étais pas parfaitement épilée. Pourtant, il n’y voyait aucun problème et mon envie de lui y était.

Quand je ne le repoussais pas, je le laissais faire. Il s’en apercevait et n’aimait pas cette démission. Pour Louis, le sexe, « si ce n’est pas un plaisir à deux, dissociable de l’amour, ça n’a pas d’utilité ». Il m’avait appris, qu’avant tout, « c’est le plus court chemin vers mon corps ».

Je suis une bonne élève. Je voulais découvrir ce corps que j’ai et que je ne comprenais pas. Ce corps qui est à la fois, ma mobilité et mon handicap.

De la none à la conne, de la soumise à la croqueuse d’hommes à la sexualité débridée, je voulais apprendre. Et apprendre couchée était l’idéale. Non pas que je m’allongeasse pour apprendre mais l’apprentissage serait tellement plus dense étant allongée au creux d’un lit, ouverte à la bonne page, chapitre en feu. Je multipliais mes aventures, à droite et à gauche. Je me faisais tirer et je tirais des coups. Bleu, blanc, noir, rouge… tout était bon. Brusquement, je commençais à avoir le don d’avoir qui je veux raccompagner.

Louis m’avait-il donné confiance en moi ? Suis-je nymphomane ? Et puis au final, où est le mal dans le fait de gâter son corps ?

Un an, puis deux, puis j’en voulais toujours plus. Mes sentiments commençaient à me défier, la polygamie à m’agacer. Comment pourrai-je expliquer à mon être que je ne peux pas espérer plus de Louis, que ses heures volées ? Comment pourrai-je expliquer à mon corps que ses heures volées ne suffisent pas à mon être ?

Je l’attendais chaque soir et la tension montait : J’étais comme une bombe et il était mon détonateur. Il me faisait vibrer. Dès qu’il est là je deviens toute excitée, mouillée, prête. Il émettait des ondes involontaires et délicieuses. Pas une minute à perdre. Il me déshabille brusquement et me jette sur les draps tout blancs.

Comment il aurait su par où me faire jouir, si moi-même, je ne le savais pas ? Je devais me toucher à travers lui.

Je glisse alors ma main entre ses jambes, contourne son  membre au creux de ma main et parcours, avec, mon entre-jambe. Nous y étions. Je m’étais arrêtée. Je voulais que ça dure et il l’avait compris. Il glisse, alors, sa main. Je serre mes cuisses, autour de ces doigts. Il me couver le corps de caresses et de baisers, et je m’écarte, brusquement. Il descend. Son nez face à l’origine du monde, il me souri. Et là, il plonge sa langue dans ma fente. On ne m’avait jamais fait ça auparavant et je n’avais jamais éprouvé autant de plaisir. J’étais transportée complètement éclatée. J’étais sur les ailes de la colombe mais mon équilibre était instable.

UN DOIGT. DEUX DOIGTS. LE DÉTONATEUR. LA BOMBE A ÉTÉ MISE EN MARCHE.

Je me retire, essoufflée. Le temps d’inspirer une bouffée d’oxygène, je suis sur le ventre, le dos arqué, appuyée sur mes avant-bras. Louis, derrière moi. A travers cette position nous nous croisons sous des angles différents. Il m’attirait et je ne m’attarde pas pour aller à sa rencontre.

NOS CORPS N’EN FAISAIENT PLUS QU’UN SEUL. NOUS AVIONS FUSIONNÉ.

De soir en soir, j’apprenais à guider. Comme une symphonie, les mouvements des corps devaient se démarquer en s’accordant. De ci, de là, partout, si bien, nous ne laissions nulle position s’éterniser. « L’important est le chemin vers mon exaltation, rien que ça, seulement ça. C’est de la torture. J’aime ça. Je veux grimper cette montagne, m’assoir sur son sommet, hurler de passion et me laisser tomber ». J’étais complètement déchirée, au moment où la contraction de son cœur se sentait entre mes jambes, l’obscurité qui s’accentue au fond de moi, inerte… Mon visage après l’amour, l’éclat de mes yeux. J’en veux encore et toujours. Et ce n’est pas fini.

Suis-je devenue une guêpe d’hommes ? Des interrogations me tracassaient. D’un côté, je voulais m’affranchir, me libérer complètement de l’emprise culturelle, adepte à la loi du contre-courant, portant si bien le chromosome de « c’est mon choix ». De l’autre côté, ma libération sexuelle ne semblait pas changer grand-chose. J’avais de plus en plus de problèmes. J’étais de plus en plus triste. Les commérages m’affectaient. Et je n’arrivais pas à m’assumer.

Louis n’était jamais loin. En plus d’être mon initiateur, il était l’un de mes meilleurs amis et j’étais folle amoureuse de lui. A lui, je ne cachais rien. Il m’était d’un grand soutien et d’un peu de savoir. Et si ma libération sexuelle et ma conscience féministe n’étaient pas que féminine ? N’est-il pas en partie mon libérateur ? Quand moi-même je ne m’assumais pas et je me jugeais, n’était-il pas le seul à ne l’avoir jamais fait ?

LES AUTRES FEMMES ATTENDENT-ELLES AUSSI LEURS LOUIS OU LOUISE ? Je ne l’espère pas.

Nos évasions sexuelles devenaient moins fréquentes mais ne perdirent pas en intensité. Il pouvait encore me faire jouir comme à la première fois. J’étais enfin prête. Prête à lui transmettre mon ressenti. Je me sentais redevable. Redevable envers mon détonateur. Comment pourrions-nous mieux transférer une émotion qu’en conversant physiquement dans un silence verbal.

Je m’allongeais de tout mon corps nu sur lui. Chaque millimètre de ma peau en contact avec la sienne. J’ai confiance en lui. Je suis en sécurité. Nous avions déjà fini le marathon ce soir. Essoufflés, allongés sur le lit, nos corps déchus de tout, il allumait une cigarette que nous partagions. Le temps que nous éteignons cette flamme je me rendis compte que c’était le bon moment. Et me laissa faire.  J’avais posé ma tête sur son pli de l’aine face à ce qu’ils appellent, un bijou. La chaleur remontait.

Je regarde cette chose et je suis désolée de ne pas trouver ça beau. A l’époque, je n’osais pas le dire, mais heureusement, mon visage me trahi. Il s’en est surement rendu compte quand il a essayé de me relever et a souri, encore une fois. L’idée d’enfoncer cette chose dans ma bouche me dégouttait. Et puis, non, je ne serai jamais à genoux. Je m’efforçais de croire au partage. Je me sentais égoïste. Je me rassurais en me rappelant de ce que je ressens pour lui.

Et je glissais mes lèvres. UN CENTIMÈTRE. DEUX. TROIS. JE VAIS Y ARRIVER.

Alors, je le regarde et j’absorbe le tout, tout en faisant attention de ne jamais frotter mes dents. Il me tient la main et il la serre jusqu’à l’écrasement. C’est là que mes mini-contractions, celle de l’effet ventouse de ma mémoire vaginale reprennent. Suis-je aussi en train d’y trouver du plaisir ? Mes va et vient s’accorde sur ce même rythme. Ça va trop loin. J’ai peur de m’étouffer. Je le regarde. Son visage, l’éclat de ses yeux et les gémissements qu’il essaye timidement de cacher m’enivre. Les va et vient se font désormais tout seul.

Pour ma délivrance, je me disais « je ne suis pas obligée de le raconter à quiconque ou de m’en rappeler ».

Sur cet archipel, j’avais appris deux choses : comment baiser comme un homme et comment jouir comme une femme ? Avec Louis, j’ai appris à avoir ses pensées perverses sans avoir à les cacher. Depuis, quand j’ai envie de baiser, je le fais. Je peux tirer un coup, rassasier mon corps et me casser. Mais contrairement aux hommes que j’ai connus, je n’arrive toujours pas à contenir mes sentiments. Aujourd’hui je suis sobre. J’arrive à survivre à des mois de sécheresses et je m’épile rarement.

PLUS DE SEPT ANS APRÈS, LOUIS EST TOUJOURS MON AMANT.

Rare sont les jours qui passent sans que je ne remémore nos nuits volées, ses regards, nos discussions à sens inverses, ses caresses, ses baisers, nos mouvements, la sueur, mon corps et je tremble. Chaque instant d’une vie contre lui, avec lui et sans lui, chaque orgasme… de Louis, je n’ai rien oublié. A chaque rencontre une passion soudaine envahie mon corps. Avec Louis, je m’ouvre par mes cinq sens. Pas la peine de me censurer. Il attise mon désir et le modère si bien. En guettant sur mon visage l’impact de ses mots on n’y voyait que de l’insatiabilité. Louis me fait oublier mes regrets et mes espérances, mes devoirs envers la société, les notions qui régissent mes relations avec les humains. Quand il est là, nous sommes seuls dans ce monde, rien que nous, rien qu’ici, uniquement cette lueur d’espoir.

J’ai besoin de tendresse, d’écoute, de passion. Et il est doué.

Finalement, ce qui m’a libéré ce n’est pas Louis. Le machisme et la domination masculine ont longtemps interdit aux femmes de manifester leur désir, leurs fantasmes, leurs attentes. Louis n’est ni dominant, ni macho. Louis me respecte et ne me juge pas. Si j’ose, je dirai que Louis est l’un de ses hommes qui n’ont pas honte de leur féminité.

Bien que féministe, mon inconscience ne l’était pas, c’est pour cette raison que ce confort m’a aidé à m’ouvrir.

 

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Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier EcriLecture de Chaml sous le thème du corps. L’idée est de faire parler des femmes, chaque mois, sur un sujet différent. Elles pourront dire ce qu’elles pensent sans que quiconque ne les représente.


ecrilecture avril 2

لا تسرع حبيبي لا تسرع

لا تسرع
لا تسرع .. ودعني احس واستمتع
وفي خيالي احلم واستطلع
حتى على عرش قلبي تتربع
لا تسرع…
فشعور اللذة من الروح قبل الجسد ينبع
وفي البطء فوضى الحواس أبهى وابرع
لا تسرع ..
الى الغاب لا تسرع
كفارس مغوار متشجع
بأساطير البطولة تربى وتشبع
لا تسرع .. ودعني اتمنع
واتركني في دور ليلى اتصنع
لا تسرع …
.بل تمهل
على قمم الجبال تمهل
وعن حصانك ترجل
وعلى جيدي توسل
لعلي الى حبك أتوق واتوصل
لا تسرع
فانوثتي الى غراءزك تتوق وتتضرع
وجسدي لملامسة جسدك يتطوع
بعد ان تضور جوعا وتسكع
لا تسرع ..
وبعذب ريقي توضأ
وفي محراب نهدي تتلكأ
واسجد لجسد لا يتجزء
ففي أحضاني الياقوت والوءلوء
لا تسرع ..
من داء الحب اشفيني
وبلمساتك داويني وارويني
وبحضنك دفيني وغطيني
لامس شعري وغني لي
وأرجوك لا لا لا تسرع ..
داعب نهداي
خاصم شفتاي
والثم حلمة أذناي
فقبلات الحب نار تلسع
ولا تسرع ..
حدثني طويلا
عن قصص حبك الاصيلا
عن كل امرأة اتخذتك خَلِيلا
ففي ظلمات الليل لاسرارك أكون المستودع
ولا لا تسرع
فاصابعي تحن لملامستك
واردافي تتوق امداعبتك
واحشاءي تذوب برائحتك
حبيبي لا تسرع..
ودعني على صدرك ارتع
ارسم لوحة بإصبع
اطارد عصفورا آلى الحرية استطلع
فلا تبخل وتسرع
لان الحب في البطء يكون أمتع
Par Rima
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Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier EcriLecture de Chaml sous le thème du corps. L’idée est de faire parler des femmes, chaque mois, sur un sujet différent. Elles pourront dire ce qu’elles pensent sans que quiconque ne les représente.


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20 raisons pour lesquelles je suis fière d’être féministe

  1. Parce que je suis libre de mon corps, je m’épile quand je veux, je me maquille quand je veux, je m’habille quand je veux, je baise quand je veux… tout ce qui est en rapport avec mon corps, ne se fait que par mon souhait de le faire. Mon corps est complètement libre et défait de l’emprise culturelle.
  2. Parce que je ne suis pas dans une guerre de domination qui m’oppose à un autre humain, je lutte contre la discrimination, qu’elle soit basée sur le genre, la race, l’ethnie ou autre.
  3. Parce que je ne me bats pas pour l’égalité mais l’équité. Je ne veux pas avoir de couilles, j’ai l’impression que ça gratte et je ne crois pas qu’un jour un homme pourrait avoir les règles.
  4. Parce que je n’attends plus qu’une loi me dise ce que je suis, et ce que je peux être. J’estime qu’il est de mon droit d’avoir les mêmes chances, dont devraient disposer tous les humains, pour qu’ils puissent évoluer comme ils peuvent et veulent et que rien n’arrive à me décourager pour arracher ce droit.
  5. Parce qu’il ne suffit pas que mon équipe de foot perde un match pour que j’en devienne malade. Moi, c’est la faim dans le monde, la violence à l’égard des humains, les guerres, l’injustice, la pauvreté, la haine…
  6. Parce que depuis mon jeune âge, j’ai déconstruit les étiquettes sociales qui définissent ce qu’est un homme et ce qu’est une femme. Je suis tellement ouverte, qu’au fond, tant que X est heureux de ce qu’il est, de quoi je me mêle.
  7. Parce que je ne regarde plus la TV, j’évite au grand max de regarder les affiches publicitaires, les films commerciaux, les clips à la sauce américaine super bling bling avec des meufs toujours à poil, les télé-réalités… et que je dénonce le sexisme de ces productions. Depuis, je sens moins stupide, moins passive et moins aveuglée.
  8. Parce que mes ami(e)s à chaque fois qu’ils tombent sur un truc misogyne, un stéréotype… ils essayent de me taquiner avec. Ce qui est bien dans ça, c’est que même inconsciemment, maintenant, ils savent reconnaître ce qui est sexiste de ce qui ne l’est pas.
  9. Parce que depuis que j’ai compris qu’être féministe ça n’a rien de mauvais. Et que le fait que des gens usent de cette étiquette pour me mettre mal alaise c’est que je les provoque et depuis jeune, j’ai toujours adoré la provocation.
  10. Parce que je suis consciente que comme les femmes, les hommes aussi sont victime de ce système patriarcal, qui leur impose de dominer les femmes, d’être les hommes de la maison, d’être les responsables, les financiers, les décideurs, ceux qui doivent grimper le max d’échelon et arriver au plus haut sommet, les privant ainsi de plusieurs délice de la vie. Je pense qu’il existe des hommes qui souhaitent être des hommes au foyer mais que socialement ce n’est pas acceptable.
  11. Parce que si j’ai envie d’être une femme, je peux l’être mais si demain j’ai envie d’être un homme, personne ne peut m’en empêcher. Je refuse d’être prédéfinie par une société qui ne sait rien de moi, parfois, même pas mon apparence.
  12. Parce que je suis autonome, que je n’attends personne pour me faire plaisir. Si j’ai envie de m’acheter des chaussures hors de prix, je le fais avec mes propres tunes. Je n’attends personnes. Si j’ai envie de bien manger, de me défoncer, de me bourrer la gueule ou même de jouir… je peux le faire toute seule. Je ne dépends de personne. Je suis libre.
  13. Parce que j’adore faire du bricolage et qu’étant féministe, je ne pense plus que c’est une tâche purement masculine. Puis je me trouve très féminine avec une petite salopette en train de peindre la maison, je vérifier le moteur de la voiture de ma mère, ou de changer une prise murale. Et en plus, je suis assez bonne pour le faire.
  14. Parce que, depuis peu, quand on essaye de m’intimider, me traitant de frigide, de mal baisée, de poilue, de moche… pour m’expliquer pourquoi je suis féministe, je ne m’énerve. Au contraire, je me vante d’être féministe. Imaginez la tête d’un homme à qui ont dit « Mékich Rajil » ! Moi, le féminisme m’a appris à rester zen.
  15. Parce que je n’attends pas ce foutu prince charmant qui est supposé venir m’aider, ce n’est pas que je ne veuille pas être aidée, mais que je suis convaincue de pouvoir m’entreprendre toute seule.
  16. Parce que j’adore les chaussures, les bijoux, les robes et que je ne porte jamais de pantalon. Oui, j’assume très bien ma féminité, je prends soin de ma peau et j’adore mes jambes, mes cheveux et mon visage. Et je ne fais pas ça pour plaire aux hommes, mais pour moi-même.
  17. Parce que depuis que je le suis, je n’ai plus peur de ceux qui me harcèlent dans la rue, que je ne me cache plus et que je sais me défendre. Répondre m’aide à me sentir mieux, et à arrêter de me morfondre et me victimiser.
  18. Parce que je ne laisse plus personne me juger pour mon physique ou sur ce que j’ai mis mais pour ce que j’ai dans la tête, ce que je pense et ce que je fais. En plus, j’en ai ma claque moi, qu’on me reproche de m’habiller de façon à distraire les hommes. Pourquoi pas eux qui devraient fermer leurs yeux ou tourner leurs têtes ? Pourquoi c’est moi qui est jugée ?
  19. Parce que je ne travaille pas pour échapper aux travaux ménagers. J’adore faire le ménage, j’adore cuisiner, j’adore m’occuper de la mais, préparer des dîners pour des amis… Si j’ai décidé de travailler c’est parce que, déjà, je pense que l’intelligence que j’ai devrait servir à quelque chose, puis, c’est toujours bien d’avoir son propre argent pour ne dépendre de personne et de ne pas risquer de mourir de faim et puis j’adore m’acheter des chaussures.
  20. Parce que je n’ai plus peur d’être une femme libre, affranchie, sans maquereaux ni maîtres.

 

Alors non seulement c’est jouissif de l’être et en plus, on ne me laisse pas le choix.

J’ai toujours rêvé de déconstruire le mythe de LA femme émancipée, super libre. Cette femme que je n’ai jamais vu et dont tous me parlent. Je veux que LES femmes parlent d’elles-mêmes, s’entreprennent, luttent pour leurs droits. Je ne crois pas en la représentativité. Je ne crois pas en l’égalité.

Je trouve intolérable que les femmes soient moins payées que les hommes, dans les mêmes boulots avec le même rendement. Je crois en la méritocratie. Alors si un homme est meilleur que moi dans mon domaine, je n’ai aucun problème qu’il soit plus payé, mais si c’est juste parce que je suis une femme, c’est absurde.

Je ne comprends pas pourquoi un homme qui baise à droite et à gauche est un tombeur mais quand une femme le fait elle est nymphomane ou pute. Je n’accepte pas que les grossesses imprévues soient toujours l’erreur des femmes. Elle pouvait prendre la pilule et il pouvait mettre une capote.

Je trouve révoltant que le nombre de filles non-scolarisées est constamment en train de grandir pour des raisons connes : Papa qui a peur pour sa fille, ou sa fille qui n’a pas les moyens de s’acheter des serviettes hygiéniques quand elle a ses règles. C’est stupide qu’à cause de ça, deux tiers de la population analphabète dans le monde soient des femmes.

Je trouve révoltant que plus de 700 million de femmes sont forcées à se marier dont un tiers sont âgées de moins de 15 ans. Je suis figée depuis que j’ai su que 45,6 % des africaines sont victimes de violence sexuelle exercée par d’autres que le partenaire et 36,6 % par leurs partenaires intimes ; qu’en Tunisie, au moins une femme sur deux est victime d’harcèlement.

J’ai envie de mourir en me rappelant que plus de 30% des femmes sont victimes de violence dans ce monde, que 38 % des femmes assassinées ont succombé à la violence de leur partenaire intime. Vous savez qu’environ 120 millions de filles dans le monde ont déjà été forcées à avoir des relations sexuelles ou à s’adonner à d’autres actes de nature sexuelle à un moment donné de leur existence.

En 2016, 200 millions de filles et de femmes ont subi une forme de mutilation génitale féminine, pour la majorité c’était avant leurs 5 ans. Même dans le trafic d’être humains, dans le monde, les femmes et les filles représentent environ 70 % des ses victimes.

En espérant que vous ayez assez d’explications pour comprendre pourquoi j’en suis fière, je vous laisse digérer avec l’espoir, que peut être après, vous réfléchirez.

Galerie

Si les Femmes parlaient comme les Hommes

Ceci n’est pas un article. Ce n’est pas objectif. Et je ne vois pas comment pourrait-il l’être. Comme ça se généralise maintenant, sur les plateaux TV, au cinéma, dans la pub, passant par la rue, les bureaux, les maisons, ainsi que les établissement scolaires ; s’attaquer à l’un des fondement de notre société, je ne pouvais qu’en rêver. Mais soyons honnêtes : Je n’ai pas trouvé de solution aux inégalités et perception sexuée de nos capacités… La pensée, la créativité, l’effort physique, et heureusement la guerre… ne nous sommes pas réservés. Cette mentalité qui persiste à travers les siècles et se solidifie me rend malade.

En effet, je cherche depuis bien longtemps une solution de mettre fin à ce fléau et j’ai l’impression de tourner en rond. Où que l’on soit, être femme est devenue un combat journalier. Ce sont nos pères, nos frères, nos maris, nos compagnons, nos sex-friends, nos politiques, nos journalistes, nos professeurs, allant jusqu’à nos mères, nos amies et nos concitoyennes. Il est devenu juste insupportable de voir, d’entendre, de sortir…

Ce n’est pas une guerre de domination mais d’anti-domination et je suis bien consciente que la misogynie c’est un mal que nous partageons, hommes et femmes. Nous en sommes le bouc émissaire, les hommes en sont, à la fois, le bourreau et la victime. La victime, ce mot qui ne se prononce qu’au féminin parce qu’un homme ne peut pas être aussi faible. Pourtant, la misogynie fait de lui la victime d’une pensée explicitement inégalitaire, culturelle, émanant d’une peur bleu de se voir piquer la vedette.

Qu’avais-je trouvé à faire aujourd’hui, au lit, en train de me faire chier et manquant d’envie de me laisser subir le sexisme de rue, devenu un quotidien ? J’ai suivi la machine. Pourquoi ne pas montrer aux misogynes que je peux être, aussi, méchante qu’eux ?

Après #SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs, #SiLesHomosParlaientCommeLesHétéros voilà #SiLesFemmesParlaientCommeLesHommesJe ne sais pas si la misogynie est une haine, du mépris ou de l’hostilité envers les femmes, surtout que certaines femmes manifestent ce même trait de caractère. Et pour décrire cette campagne, je n’utiliserai pas le terme misandrie, tant que la nymphomanie n’a pas de masculin, je refuse que la misogynie ait un féminin. 

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En réponse rien de mieux que de nous « traiter » de féministe, pisseuse de bouillie intellectuelle, mal dans sa peau, qui se trouve moche, idiote ou mal comprise par la société (voire par le mec qui l’a laissé tomber malgré tout l’amour qu’elle lui a témoigné), qui réfléchie avec ses ovaires, qui entretient des débats stériles des vaginocrates mal-aimées ne mènent, certes, strictement à rien. Ce qui est drôle, est que ceux qui disent de nous ça, trouve bien de passer leurs nerfs, de temps en temps, sur des connes, comme nous, qui croit avoir tout compris sur la vie après avoir lu quelques conneries de la pro-pédophile Simone de BAVOIRE. Puis ils poursuivent en disant :
Vous les féministes, vous n’êtes que des clowns qui divertissent les mecs qui hochent la tête face à vos divagations de comptoirs pour mieux vous baiser dans les chiottes. Personne ne vous écoute et si quelqu’un vous cassait la gueule demain suite à vos insultes chroniques, sachez que cette personne a bien intégré le principe d’égalité des sexes. Pisseuse de bouillie intellectuelle.

Je ne sais pas si la misogynie est une haine, du mépris ou de l’hostilité envers les femmes, surtout que certaines…

Posté par ‎Chaml شمل‎ sur vendredi 26 février 2016

Un an sans haine, ni violence et sans regret

A mon bourreau,

Toi que j’aime autant que je déteste,

J’avais de lourdes années sur le dos, éternelle amoureuse, le cœur tendrement stupide et l’âme librement légère, je m’abandonnais avec aisance à l’indélicatesse de la vie dans un monde que je m’étais autorisée à créer. Ni maquereaux, ni maîtres, affranchie, défaite de l’emprise culturelle, adepte à la loi du contre-courant, portant si bien le chromosome de « je passe à autre chose », comme une jeune femme légèrement rangée et librement soumise, je pensais que j’été vouée à une vie libertaire, juste et dans le respect. Et pourtant…

Deux ans, il m’a fallu deux ans pour me libérer du fouet, me relever de ma descente aux enfers, dans ce que nous nommerons « amour », cette illusion morbide, ou, au mieux, ce mensonge à créer. Insultes, humiliations, violences, coups et blessures, hôpitaux, postes de police, prison et larmes, beaucoup de larmes. Et cette question que les gens n’arrêtaient pas de me poser : Pourquoi tu restes ? A laquelle je n’avais pas.

Quels mécanismes m’enchainaient à mon bourreau ? Je ne sais pas, et puis, franchement, je m’en tape.

Mon bourreau, de toi, je ne retiens que la longue impunité de celui qui bat, l’inefficacité des sanctions, la lâcheté des voyeurs, la complicité des ennemies, et je reste coi devant la manière avec laquelle un humain transforme sa névrose en une inépuisable haine, et j’ai honte.

Quand on est victime de violence il n’est jamais facile de prendre ses choses et de partir. Pourtant, c’est la première chose à faire. Je l’ai fait, au bout de deux ans.

Mon bourreau, j’aurai voulu te quitter plutôt, avec moins de traces, moins de bleus sur le cœur et la fierté et le respect que je me réserve. J’aurai souhaité partir plutôt, avec une vie, des rêves, une croyance et une confiance en un monde meilleur possible.

Mon bourreau, quand tu es une personne équilibrée, tu souris pour sourire, pas besoin de raison pour sourire, tu peux sourire à pleine bouche. Je souriais pour dissimuler, rassurer, camoufler.

Mon bourreau, je me rappelle de cet instant où rien ne se passe mais que je sais que dans l’instant d’après c’est le déclic et je me vois sur trois session. La première, c’est moi traînée par les cheveux à quatre pattes, coups de pieds sur le dos, mon visage écrasé contre la céramique, tes mains autour de mon cou, en train d’imager ma terrible fin. La seconde, c’est moi fracassée, écroulée n’ayant plus la force de résister. Et enfin, la troisième, mon réveil, moi essayant bravement de me soulever du plancher,  à l’heure où ce long sifflement envahi mes oreilles et mon crane plus lourd que le plomb, avec un seul œil et les empreinte de tes poing tatouées, amoureusement, sur mon visage.

Mon bourreau, hier, j’avais presque oublié que j’avais encore honte. Puis j’ai vu ces gens plus choqués par le nu que par le battu, par les paires de seins que par les bleus. Comme toi, la violence ne les affecte pas, la nudité les heurte.

Parce que nous sommes des victimes de violence au corps meurtri, personne ne nous défend, ni les lois archaïques, ni les droits de l’homme, ni l’Etat, ni la justice… personne ne nous vengera si nous ne le faisons pas.

Mon bourreau, si je suis en colère, ce n’est pas contre toi mais contre moi-même, moi qui est restée assez longtemps avec toi pour que ça me détruise et qu’aujourd’hui, je me sente impuissante pour les nouvelles victimes, peut-être même, tes prochaines victimes.

Mon bourreau, aujourd’hui ça fera un an, jour pour jour, sans bleus. Un an d’oubli et de pardon. Un an pour regagner confiance en moi. Un an pour reconstruire mon estime de soi. Un an pour ne plus chercher à expliquer, légitimer, prétexter la violence. Mais je reste, quand même, une victime de violence. Ça ne part pas. Ça ne s’oublie pas. Ça s’assume. Aujourd’hui, je me sens mieux. Je décide pour moi. Et si j’ai envie de me maquiller ce n’est plus pour couvrir les marques de ton amour. Aujourd’hui, je travaille, je suis libre de réfléchir comme je l’entends. Je dramatise encore mais, finalement, je suis plus équilibrée. Je ne dissimule plus mes envies, mes réflexions aussi stupides qu’elles puissent être. Aujourd’hui, est un jour d’une nouvelle vie sans haine, ni violence et sans regret.

Mon bourreau, je déprime encore, je suis aigrie et j’ai peur de la vie. J’entends souvent des « Bon, tu viens là ? » , « Jusqu’à quand ça va durer ? », « Ok, j’ai compris, il faut que te prendre par la main, de force », « Mais qu’est-ce que tu fous, là, assise par terre ? », « Dis-moi au moins pourquoi tu pleures ! ». J’y réponds souvent, avec des « Je ne sais pas, c’est comme ça, j’ai plus la force de me lever, j’ai plus la force de retenir mes larmes, je suis désolée… ».

Par moment c’est difficile. On se sent vide, vide, vide. Un trou noir qui nous ronge l’estomac et un nœud dans la gorge, comme à ce moment où je lis cette lettre. Je me sens constamment triste. Parfois je n’ai plus la force de sortir, de travailler, ou même de vivre. J’ai souvent l’impression que tout s’effondre, mes projets, ma vie, je n’y crois plus. Ou je cherche à ne plus y croire. Je dors trop ou pas du tout. J’ai trop faim ou pas du tout. Je maigris, ou je grossis. Je me coupe du monde et me laisse couler. Je continue à sourire, pour ne pas inquiéter. Car dans mon esprit, je ne mérite pas d’attention. Je mérite juste d’être abandonné. L’effroi qui résulte de cet incompréhensible geste de souffrance sidère l’esprit.

Je pourrai mettre fin à ma vie, mais pourrais-je, en le faisant, mettre fin à ce qui m’aurait tué ? Pourrai-je faire en sorte que ça ne tue plus personne ? Si non, ne voudrais-je pas, mourir de nouveau ?

Mon bourreau, je suis restée avec toi car je pensais être seule sans toi, puis je me suis souvenue à quel point j’étais chanceuse d’avoir des ami(e)s qui n’ont jamais eu à l’idée, de me laisser un instant. Eux qui ne m’ont jamais regardé avec pitié. Eux, qui à chaque descente me disent : « de bon matin, demain, en te réveillant, tu te regardes dans le miroir, pas que pour te dire que tu es la plus belle, mais pour te dire que tu es une battante, une guerrière. Qu’avoir été dans le trou, ne veut pas dire y rester. Que tu étais forte, consciente, même dans les moments les plus difficiles, et que ce ne sont que des étapes dans la vie. Que si tu as envie de broyer du noir, c’est ton droit et qu’on sera là pour toi, parce que selon nous, on fête la survie en faisant la fête ou en déprimant. Et puis, on n’a d’ordres à prendre de personnes ». Ils me diront de me rappeler que ceux que je considérais comme élites, il y a quelques années, je les ai dépassé, de loin, par mon vécu, ma sincérité et mes émotions. Pour finir, ils me diront que je suis une putain de femme, et qu’ils m’aiment, que je les inspire et qu’ils seront toujours là pour moi, moi.

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Karim Kamoun

 

بيان جمع شمل حول إيقاف الناشطة عفراء بن عزة

تونس في 17 ديسمبر 2015
  

بيان جمع شمل

حول إيقاف الناشطة عفراء بن عزة

 

أقدمت مساء أمس، 16 ديسمبر 2015، قوات البوليس بمركز الأمن الوطني بالكاف، على إيقاف المواطنة عفراء بن عزة البالغة من العمر 17 سنة، على اثر مشاركتها في وقفة احتجاجية تندد من خلالها بإلغاء التفريط بمقهى سيدي مخلوف التراثي بالكاف. وقد تعرضت أثناء إيقافها إلى العنف اللفظي و المادي من قبل أعوان الامن بمنطقة الكاف. وحسب شقيقتها و والدتها فقد تم الإعتداء عليها بمركز الأمن أثناء استجوابها دون حضور محاميها، و أكرهت على إمضاء محضر بحث عدلي و محضر الاحتفاض بها و الحال أنها قاصر.

 يندد جمع شمل بخطورة هذه الممارسات البوليسية التي تستند إلى التحكيم الفردي لبعض الأعوان بما لا يحترم إجراءات الايقاف و حقوق المواطنين الدستورية و تكرس ثقافة العنف و الاستقواء و الهيمنة.

و يستنكر بشدة عدم مراعاة النيابة العمومية لسن الطفلة عفراء و لظروفها العائلية و ملفها الصحي وإصرارها على الاحتفاظ بها

و يدعو للافراج الفوري عنها و يحمل المؤسسة الأمنية مسؤلية كل التداعيات الصحية و النفسية المنجرة عن العنف الممارس ضدها في تزامن مع حملات محلية و دولية ضد العنف المسلط علي المرأة.

كما يدعو مختلف مكونات المجتمع المدني من منظمات نسائية و منظمات حقوق الانسان و منظمات حماية الطفولة للتصدي لمثل هذه الممارسات القمعية التحكمية التي يتعرض إليها المواطنون و خاصة منهم الشباب و الأطفال

يدعو جمع شمل أخيرا المسؤولين للتحلي بالمسؤلية و الانتباه لخطورة هذه الممارسات تكرس هدم الثقة بين المواطنين و مؤسسات الدولة الأمنية و القضائية، و تداعياتها على السلم الاجتماعي و الصحة النفسية و الأمن الداخلي

الحرية للشباب الثائر

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فقد حانَ وقتُ المُحاكمة

بقلم عفراء بن عزة
هيّا فقد حانَ وقتُ المُحاكمة، فَتحَت المَحكمةُ أبوابَها، فَتحَت الزّنازينُ أبوابَها، نُصِبَت المَشانِقُ ووقف المَدعوّونَ جنباً الى جنبٍ في انتظار حُكمِ القاضي، فحدثت المفاجأة و طُبّقَ القانون على أكملِ وجه.
غَسَّلوني، ألبَسوني كَفناً لتقديمي كقُربانٍ للرّب، كقُربانٍ لِما يُسمّى بالشّرف.. نَاولُوه مفتاح الزّنزانة زمام الاستعباد و سوط الأدب..
أنا السّجينةُ وأخي الحارس، أنا حاملةُ القيدِ العظيمِ، قيدُ الشّرف. وهو الحارِسُ لإرثِه، وَرِثَ هذا العملَ الاستبدادي عن أبٍ شديد التمسّكِ بتقاليد تُحكِمُ غلقَ الأبوابِ على تاء التّأنيثِ منذُ عتَبةِ الطّفولة وتحكم بِسجنِها مَدى الحياة بين الجُدران إلى أن يتمّ نقلها إلى السجنِ الآخر « بيت زوجها »، فالمَرأة لا تغادرُ بيتَ والدها إلّا للذهابِ لبيتِ زوجها، هُم يتشبّثون بهاتِه التّقاليد لأنّها تُرضي ميولهم السّاديّة وتُلائِمُ طَبع الاستعباد عندهم.
السّجنُ هُنا لا يَفرق كثيراً على معنى السّجنِ المُتداول، جريمةٌ قانونٌ محاكمةٌ قيودٌ ثمّ قضبانٌ وزنزانة.
السّجن هُو تِلك القُيود اللّامرئيّة الّتي تَمنعُنك من الحركة، التّفكير، التّحليق، القيودُ الّتي تَسلبك ذاتك ووجدانك، تغتالُ إبداعك.
القُضبانُ هُنا هي ألمُ الانكسار والرّضى بالدمع، الجُرح، الذُلّ ثم الإيمان بِها كفضيلةٍ عُظمى.
كبرتُ، يوماً بعد يومٍ أيقنتُ أنّ أُمّي مُصابة بما يُسمّى بِمُتلازمة ستوكهولم وأنّ أهمّ أهدافها في الحياة أن تنقُل العَدوى لبَناتِها، أيقنتُ أنّ حِرمانيَ من الخروجِ ومُراقبة خصوصيّاتي ليسَ خوفاً عليّ بل خوفا على سمعتهم من كلام النّاس.
في يَومٍ ما زادَت بي جرعة الذُلّ فانتفض الشيطانُ داخلي رافضاً السُّجود مُجدّداً، راحَ يُضرِمُ النّار في كل حُجّةٍ تُقنعني بالخنوع.
هَل سأنسى ذاكَ الموت التدريجيّ الّذي كانَ يَقتُلني بِمرارةٍ كلّ يَوم؟
مِن أجلِ ماذا؟ لأجلِ مَن؟ لأجلِ النّاس وإرثِ العادة « الشّرف »؟..
توقّفت للحظاتٍ أتأمّلُ ذُلّي في صمتٍ مُتسائِلة هل أنسحبُ من السّاحة ضعيفةً مهزومة؟
أَم أُكمِلُ ما بَدَأت؟
إن انسحبتُ سأرتكبُ ذَنباً كبيراً وجريمةً سوداء في حقيّ وفي حقوقِ تلك السّجيناتُ اللواتي أحرّضهنَ على التمرّد.
– لكن النّاس؟ العائلة؟ الشّرف؟ لَن يَرحم النّاس عاهرةً تجرّأت على عائِلتِها، سينبُذك الجّميع يا فتاة، مَن سيقبل بفتاةٍ جلبت العار لعائلتها؟ لوّثت اسم عائلتها؟
– وأين الأنا مِن كُلّ هذا؟ من رخّصَ لهم ليُلبِسُوني قَيد الشّرف المُقدّس؟
وإن أرضيتُ النّاس و مضيوا لي على صكّ العفّة فهل سأُرضي نَفسي؟ هل سأستطيع النّوم و جَسدي مُورّم من قِبَلِ جلّاد سلّمته السوط بنفسي؟ هل لي أعين لأواجه ذاتي بالمرآة؟ لَم يجلب لي الخضوع غير الذلّ، النّكد، الهم، الضعف، وذل فذل ثم ذل..
أعلمُ أنّك للحُرّيةِ جائعة..
اصمدي، لا تهتميّ لطبولِ الهَزيمة الخادعة..
اصرخي في وجه كُلّ مُستسلمةٍ خانعة..
مشاعرك مقيّدة..
جنّتك المَزعومة من طُوبِ الظّلم مُشيّدة..
يُحاولون تبرير الإهانة فلا تنخدعي بلغة التّكريم
ثُوري على ثقافة الحريم
ثُوري، زَمجري و اغضبي ..
تمرّدي اصرخي و خرّبي..
تقدّمي، من صَوت سِياطهم لا ترتعبي..
كوني أنت شرارة الثّورة لا تنسحبي..
انتفضي ، تمرّدي على قوانين سجنتك من عصور..
احرقي مَقصورة الحَريم في القصور..
تمرّدي على ظُلّامك..
و سُجّانك..
ثُوري على ربٍّ أهانَك..
ثُوري على رسولٍ صنّفكِ عَورة..
 اصرخي في وجه عبيده وأعلني الثّورة
ثُوري على كل من تجرّأ ولَمَسَ كَيانك..
ثُوري على شَريعةٍ سَلبَتكِ حقّك..
تَمرّدي أرهِم معنى الصّمود ..
تمرّدي فبدونكِ لما كانَ الوجود..
تمرّدي أرهِم عظيم كيدك..
تمرّدي فلن تخسري إلّا قيدك.

 

Dites « je m’engage à éliminer les violences faites aux femmes »

(Version en Tunisien)

Pourquoi vous engager ?

Parce que :

Les  violences  contre les femmes, les filles et les communautés stigmatisées est une violation des droits de l’Homme. C’est une discrimination à l’encontre des victimes, qui assure la persistance des inégalités entre hommes et femmes. La violence sous toutes ses formes  a de lourdes conséquences aussi bien sur les femmes que sur les hommes. Elle n’est pas inéluctable , sa prévention est non seulement possible mais essentielle.

C’est un problème mondial. Jusqu’à 70 pour cent des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie.

Par quoi pouvez-vous commencer à faire  ?

La violence sexiste ne concerne pas que les femmes mais tous. Et tous avons un important rôle à jouer pour le régler. Il n’est pas question de fermer les yeux.

S’engager pour façonner une société respectueuse, qui encourage les femmes à s’exprimer  , à dénoncer ces violence , et une société qui  les  soutient .

Les 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes sont une occasion de dénoncer ce problème, surtout, de passer à l’action. Impliquez-vous à éliminer la violence faite aux femmes et aux filles.

Impliquez-vous : Je m’engage à éliminer les violences faites aux femmes (lien de la pétition)

*N’hésitez pas à partager la pétition avec l’article. Il est important de comprendre l’engament.

Comment  vous engager réellement ?

  • Réfléchissez à ce que vous pouvez faire si vous êtes témoins d’une agression ou d’une menace.
  • Vous croyez qu’une personne de votre entourage est ou a été victime de violence. Des structures adaptées, ainsi que des personnes qualifiées peuvent l’aider. Une victime a, avant tout, besoin de reconnaissance, qu’on reconnaisse son statut de victime ; première pierre dans l’édifice de sa reconstruction psychologique et physique. Aidez-le en l’orientant vers ces personnes / structures qualifiées en étant à l’écoute, en la laissant s’exprimer. Expliquez-lui que la violence n’est ni acceptable ni justifiable et discutez avec lui de ce qu’il doit faire pour se protéger
  • Vous croyez que quelqu’un de vos amis est violent, abordez avec lui le sujet. Aidez-le à prendre conscience et protégez la victime ou potentielle victime.
  • Vous n’aimez pas la violence envers les femmes et les communautés stigmatisées, dites-le.
  • Et surtout, avouez-vous si, même, un jour dans votre vie vous avez été violent. Réfléchissez et si vous avez besoin d’aide, prendre conscience est le pas le plus dur à faire.
  • N’oubliez pas de donner l’exemple. Ceux qui sont plus jeunes que vous, apprendrons une socio-culture de vous. Faites qu’ils soient meilleurs que nous.
  • Prévenez, parlez-en. Soyez vigilent et attentif. Encouragez le dialogue. Dénoncez et sensibilisez.
  • Au moyen des médias sociaux, informez d’autres internautes et affichez votre soutien aux victimes de violence en publiant du contenu pour dénoncer et sensibiliser et cet article.
  • Si vous avez les moyens, appuyez le financement des refuges, des assistances psychologiques, des campagnes de lutte, etc. pour l’élimination des violences faites aux femmes.
  • Invitez d’autres personnes à participer à des conversations sur la violence faite aux femmes et aux filles et renseignez-les sur ce qu’elles peuvent faire pour contribuer à son élimination.
  • Si vous êtes membre d’un club de lecture, par exemple, proposez aux autres membres de lire un livre sur la violence à caractère sexiste.
  • Au travail ou à l’école, organisez une journée de sensibilisation à la violence faite aux femmes et aux filles.

Témoignez ?

Témoignez et nous publierons sur notre blogue et nos réseaux sociaux vos témoignages, même anonyme si vous le demandez. Et par la même occasion, chacune de nous, sera heureuse d’en discuter avec vous.