Gnose

Au nom de l’Infaillible

A rebours du psautier de l’infamie

Au nom de l’Immuable

Votre tailloir d’atomes sur la dorsale d’Adam

Au nom de l’Ineffable

Ma joute moratoire dans le tiroir des aumôniers

Au nom des miens

Prieuré de seigneurs de cénobites et de derviches hurlants

Ce puisement dans la gnose de tes corps dissipés

 

Homme s’échinant à trahir

Transi par la perte de ce qu’il ne sût garder

Femme dans les yeux lestés de l’homme

Plus belle que la promesse de l’étranger

Aimant de la discorde, l’instant se cabre s’enfielle et se tracte

Sur le macadam de la colonie

 

Voici donc la pierre ponce sous l’écorce

L’argus des terres bolaires et des arguments

La chair vive qui gicle du haut de ma vertu

Je t’aurais dit demeurons dans ce gîte où le cœur se réjouit

Honni soient les mots rêches

Et l’étreinte qui m’affranchit sans te dépêtrer

 

Se repeuple la chambre brune

Agglutinée au dernier rempart de ta volupté

N’a pas d’odeur le froissement du midi

Rengaine de lunes empalées qui ne te reviennent pas

 

Et bouches qui n’embrassent pas

Rutilant de trêves longues et exsangues

Le sacrifice du bouc émissaire

N’épanche point le rut

 

A la table de l’Univers s’est assis

Ahlem l’Avenue

La femme crue aux bras charnus

Elle raconte la traite, les nuits fauves et tous les vomito blanco

Puis détourne l’arc-en-ciel sur la ligne de crête

L’homme qui se lève pour payer son café

Ne la rhabille pas avant de s’en aller

 

L’une a trahi l’autre qui va partir

Que tu m’as dit

Toujours la même femme-enfant

Engorgée dans l’autre côte de toi-même

L’Eve née d’Adam salpêtre des temps passés et à venir

 

Vois ces terres fumantes arguant de l’abreuvoir

Où fientent les cigognes

Ce silence bancal déposé sur la table de Jugurtha

Ceint de vent et d’acouphène de la méridienne

Scellé de mes aïeux sillonnant le quantième

Jusqu’à la silice

Où décline le génotype Mayor des basses plaines

Aux saignées des hordes de Tarsus et de Zenata

 

Ici commence le partage des eaux Yarmouk ancestral de satrapes

De suppliciés du sceptre ornant le triomphe

De Cyrus d’Alexandre et de Saladin

Ici finit le voyage de Zénobie au râle sourd

De femmes d’exception coulées dans le quartz

Des Monts Qasioun et Sinaï

Dans l’impatience extasiée sur la couche des amantes

Défrayées au grènetis du gruau

 

Viril fut mon silex de prêtresse

Vaticinant les douze tribus glapissantes

Ma gemme de sentences ralliant en ces temps de marais

Le factum à l’anathème de l’orant

Mon aiguière lavant d’eau verte les échinés de la plaine

En ces temps, le feu sacrait les convois de ma tribu

Ni la stèle où fut ourdi l’épiphanie des futurs mitrés

 

Je m’ouvre femme enfin à ton engeance de chaman

De ton chavirement d’homme du naufrage

Mon pachyderme entre tes mains de désir s’effrite

En eaux-fortes suées exaucées dans le vœu de ta perte

Par nuit fractile où l’hydre par sept fois dégénéra entre tes doigts

Au rectum de nos parlêtres

L’ardeur de ton mot s’ancre à nos membres essentiels

 

Qui charrie en moi ces vives eaux de gangue

Ces jusants de béryl et de nostalgie

Geysers qui se lèvent en l’homme torpide

Et proie enfin lâchée ruisselant de ton eau en retraite

De la coulure de mon corps à ton corps encroué

La consonne sonore éplorée à l’épopée innommable

Ensevelie avec les anti-héros

 

Comme il est proche le temps de la naine blanche

Ravisseuse des magnitudes épandant la lettre servile

Et le cantique imparfait en poussière de croyants

A l’ombre molestée le kandjar de la milice

Inversant la tessiture au kana de l’étranger.

 

Un poème de Nadia Haddaoui

1906a


Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier EcriLecture de Chaml sous le thème du corps. L’idée est de faire parler des femmes, chaque mois, sur un sujet différent. Elles pourront dire ce qu’elles pensent sans que quiconque ne les représente.


ecrilecture avril 2

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