Vas voir un sexologue, un psychiatre et je te paie les 80 dinars

C’est l’histoire d’une femme qui s’est battue, seule, face à un homme, poignardé dans sa masculinité. Le tort de cette femme était de quitter un mâle alors qu’il avait encore envie de jouer. C’est l’histoire d’un combat difficile mais nécessaire. Je partage avec vous ce texte pour apaiser, en partie, la douleur de cette femme. Mais je le partage surtout pour dire aux autres « Allez ! Femmes ! Videz vos sacs ! Vous devez être fière de vos combats ! »

Je vous parle d’un homme qui a pris la parole pour défendre les libertés et les valeurs humaines. Ce genre d’hommes qu’on adore écouter les discours révolutionnaires sur la femme, le cinéma, la politique, la société, l’injustice sociale, les combats de libération, l’image, le pouvoir, l’art … Tout et partout, il est magnifique !  Il respecte la femme. Il a fait la révolution. Les libertés sont sa bible. L’amour est sa foi. Ce genre d’hommes qui vous parle de Fallegua, de Jhon Lee Hooker, de Grace Jones et de Monthy Python.

On est sorti ensemble pendant 10 mois à peu près et je l’ai quitté doucement tout en sachant qu’il était dans la merde. Durant une longue période, j’ai supporté ses discours dépressifs et suicidaires. Puis, à un moment, je n’en pouvais plus. Avec le temps, je me suis rendue compte qu’il sera toujours dans la merde parce qu’il le veut bien. Petit à petit, j’ai vu en lui le bouffeur d’énergie, le parasite qui ne s’aime pas, qui se déteste et qui détruit tout ce qui l’entoure. Je ne peux pas être avec une personne qui se déteste car je crois profondément qu’il faut s’aimer et s’accepter pour pouvoir aimer les autres.

Alors, j’ai quitté cette putain de table, sans faire le moindre bruit. Avec le recul, je pense, qu’en fait, je n’ai pas connu une personne mais plutôt son ego. Et quand l’ego se trouve seul face à ses propres démons, avec les années de vide et l’absence du moindre travail sur soi-même, ça fait un mélange explosif de haine, de méchanceté et de wabna. Alors, pour calmer la tempête de son ego, ce « merveilleux menayek » (on va l’appeler ainsi) s’attaque à l’Autre sans relâche. Parce que, lui, il est parfait. Il oublie toute l’image qu’il a dessinée de lui-même et s’abdique devant sa seule et unique vérité : un merveilleux menayek !

De mon côté, j’étais dans une étape où je voulais avancer à tout prix. Donc,  il m’a fallu quitter ce petit monstre et j’ai pris mon temps pour guérir de cette relation toxique et de passer à autre chose. J’étais naïve ! Je ne pensais pas que ma souffrance venait tout juste de commencer. Le jour de la rupture, le merveilleux menayek me menace. « Tu es devenue mon ennemie » voilà ce qu’il m’a dit. J’ai rien dit sur le coup. J’ai su que j’allais payer la facture et c’était vraiment le cas.

Pendant 7 mois, j’ai reçu, quotidiennement, des insultes sur mon téléphone, facebook et mon mail. Il a fait des caricatures horribles de moi. Il a massacré mon visage grâce à une tablette graphique. Il a remplacé ma tête avec celle d’un robot (eyh :D) et il a publié toutes ces photos sur Behance.

Quand j’ai changé de téléphone, il a débarqué chez moi. J’ai eu peur mais il n’a rien eu…

Imaginez ce quotidien ! Vous vous réveillez chaque matin avec ces mots « yé 9a7ba , yé malhét… je vais te détruire … tu ne vaux rien … » C’était mon quotidien ! Et ça a duré 7 mois (210 jours ) ! Moi, je l’ai vécu, réellement, tout ça, et sans que je m’en rende compte à quel point c’était cruel. Ces messages, je les ai reçus, dans la moyenne de 5 fois par jour. Mon combat était de ne pas me laisser influencée par ses propos. Mais, à force d’user de ma force, il m’a eu. J’étais devenue, au bout de quelques mois, une grande décharge émotionnelle d’énergie négative, de complexes et d’insultes …

Mon merveilleux menayek avait fait tout un rituel de harcèlement. La journée, vers 14h, il s’excuse sur les messages de la veille. C’est le moment des remords, juste après le café « matinal ». Vers 18h, au bout de la deuxième bière, il reprend les insultes. Et il se lâche à nouveau sur moi. Les mêmes insultes. Les mêmes complexes. Vers 2h du matin, il m’envoie (mais tout le temps d’un autre numéro) d’autres messages où il parle avec une vulgarité énorme de mon corps, de mes seins, de mes cuisses, etc.

Il m’a eu à l’usure. À force de lire ses textos et ses messages, je culpabilisais, tous les jours, en me disant que je l’ai détruit, que je suis responsable de son état actuel, il y’ avait des moments de faiblesses et de solitudes où je ne m’aimais plus.  Mais, après, je reviens sur mes pensées noires. Non ! Il doit assumer ce qu’il a fait. Il est mature et je n’ai pas à avoir ses échecs sur le dos. Je n’en suis pas responsable !!! Et je n’ai rien fais ! J’ai rompu kahaw 🙂

Ce qui m’a appris mon merveilleux menayek à travers le mélange explosif d’ego, de complexes et aussi de lâcheté est que la bassesse n’a pas de limite. Une bassesse inattendue mais d’une pertinence incroyable et avec la cerise sur le gâteau: mon silence face à ses insultes. Un silence qu’il ne supporte pas. Un silence qui l’a rendu fou. Un silence qui lui a servi de catalyseur pour embrasser le fond de la médiocrité.

Ce qu’il a fait ? Il a envoyé des messages à mon père, ma mère, mes sœurs et mon petit frère qui contiennent  à peu près les mêmes propos :

« Votre fille m’a quitté et elle a préféré sa vie de 9a7ba. Elle fume des joints. Elle boit de l’alcool. Elle a avorté et elle risque de ne plus avoir des enfants. Je voulais garder le bébé ( nostorha) mais elle a refusé parce que c’est une salope. En plus, elle a un compte bancaire ( echkhass saadi ) et elle a des clients partout qui lui offrent les bières ».

En pièces jointes, il a envoyé les documents médicaux de mon avortement. Et, il a tout balancé sur facebook.

Mes parents sont divorcés. Le soir où mon merveilleux Menayek a envoyé le message à ma famille. Ce soir-là, j’étais avec mon père, sa femme et mon frère et deux sœurs. Je les ai invités chez moi pour passer le weekend. J’ai passé 27 ans à tout faire pour rester proche de mon père. Je faisais 300 km régulièrement pour aller le voir. Je me suis tapée les bus de 5h du matin, les terrains de 12h pour garder contact avec lui. Je me suis battue pour préserver notre relation malgré le divorce, la société « bhima » dans laquelle on vit et les difficultés de vivre avec une mère seule, divorcée …

Ce soir-là, sur le toit de la maison, ma petite sœur est venue me dire que notre papa et ma grande sœur (voilée et un peu réservée) savent tout et savent que j’ai avorté.

A cet instant précis dont j’ai encore du mal à en parler, j’ai ressenti une rage indescriptible! J’ai ressenti une grande haine. À cet instant, j’avais envie de le massacrer. J’ai passé des mois à chercher une image dans ma tête pour donner forme à ma vengeance. Et je ne l’ai pas encore trouvée. J’ai pensé à plusieurs trucs, qu’il soit tabassé tous les jours et qu’il soit jeté nul part. J’ai pensé à des scènes de torture et à lui faire du mal ! Mais, j’ai très vite renoncé. Je ne suis pas un monstre !  Je me suis dite que cette bassesse, je ne l’ai pas découvert pour y succomber.

Alors, ce soir, sur le toit de notre belle maison et avec mes amours, je me suis trouvée à allumer une cigarette face à mon père assis devant la table de dîner arrosé. Il me regardait, silencieux et il attendait une réponse. J’avais peur. J’avais les boules. Un harcèlement permanent, un avortement pénible sur le dos et quelque chose qui ressemble à une crise d’angoisse qui a accompagné tous mes mots.

J’ai tout balancé !

oui, je bois et j’ai des préférences. J’aime la tequila !  Oui, je suis tombée enceinte. J’ai refusé de garder le bébé et j’avais raison. Oui, j’ai avorté mais j’étais la majeur de ma promotion pourtant j’étais dans la merde. Oui, j’ai le droit d’avoir des relations sexuelles et je m’en tape carrément des règles imposées par la société. J’ai mes propres règles et c’est ma vie et j’en suis responsable.

Ma famille était sous le choc. C’était réellement dur de tout se dire au même temps. Ils comprenaient pas comment et pourquoi j’ai rien dit et j’ai tout encaissé toute seule. Mon père m’a toujours aidé par son amour, ses paroles, les livres qu’il m’a offerts et les citations qu’il m’a toujours répétées dont  “ومن يتهيب صعود الجبال يعش أبَــدَ الدهــر بيــن الحــفرْ

Mais il n’était jamais là concrètement. J’ai grandi seule. Je suis devenue femme seule. Et donc, personne n’a le droit de me juger. C’était dur mais j’étais capable de m’en sortir seule! Avec ces mots, j’ai exigé le respect de tout le monde. Et je l’ai eu.

« Si vous voulez aider, supportez mes projets, et faites-moi confiance, car je mérite cette confiance, et malgré tout , j’ai avancé et vous le savez tous! ». Et je n’ai pas pleuré ! Mon père m’a dit : « tu resteras toujours ma fille ! Je t’aime et je te laisserai jamais tomber ». Ma grande sœur, quant à elle, pleurait car elle n’a jamais imaginé que sa sœur a enduré tout ça SEULE. 

Le lendemain, mon merveilleux menayek. Cet homme mature, qui a une image intacte et qui prétend défendre les libertés… s’est réveillé avec sa belle gueule de bois habituelle. Pris par les remords du café matinal, il a envoyé des messages d’excuses à ma famille. Il leur a dit que   je suis une femme libre, talentueuse et que je suis une femme qui impose le respect…etc

Et, personne ne lui a répondu.

Ma famille est partie et j’étais à nouveau seule. Evidemment, quelques heures après, il a repris les insultes et le harcèlement.

Deux mois après cet incident , j’ai essayé de montrer à tout ma famille que j’étais forte et que je m’en sortais , que je suis sur la bonne voie et que je l’ai complètement dépassé , je n’avais pas le droit à l’erreur.

Mais au fond, je n’étais pas forte. J’ai passé des mois à réaliser ce qui s’est passé. Ça m’a pris beaucoup de temps.  Quand ils sont partis, je me suis effondrée. Je me suis trouvée seule avec mes angoisses et ma rage. Même si cet incident m’a montré à quel point j’ai une famille qui m’aime et un père, honnête qui n’est pas comme tous les autres hommes schizophrènes. Mon père sait que sa fille a un cerveau putain !! C’était la seule chose qui me consolait à cet instant.

De cet épisode de ma vie, j’ai gardé des séquelles. J’avais, au quotidien, une peur qui surgit à la surface et qui me honte. J’ai passé une bonne période à l’imaginer devant ma porte. Là, devant moi, en train de me tabasser. Donc, avec le temps, je me suis fait une armure mentale et émotionnelle pour dépasser ma peur.

Mon arme était de toujours penser qu’il ne pouvait pas me faire plus de mal. Lui, il n’a pas arrêté de m’envoyer des messages. Mais cette fois pour me menacer d’autres choses. « Je vais aller au poste de police et leur dire que tu fume de la Zatla. Et je vais donner les noms de tous tes amis ». Comme d’habitude, je n’ai pas répondu.

Mon merveilleux menayek voulait me détruire à tout prix. Il a tout essayé sauf l’agression physique.  D’ailleurs, j’aurai aimé qu’il le fasse. S’il a osé me gifler ou me casser la gueule, je serais par terre à accepter les coups. Je lui donnerai des armes pour m’arracher les dents, me couvrir de sang, je serai par terre morte de rire.

« Oui j’ai avorté ! Je n’ai pas gardé le bébé !  Oui ! Je l’ai fait ! Oui! Oui j’ai refusé d’être ta femme ! Oui! J’ai pris cette décision et j’en suis fière ! Oui ! J’ai galéré ! Mon corps a subit cette décision ! Et maintenant je me sens bien ! Putain ! Je me sens bien ! Je suis bien sans toi, sans tes crises de jalousie, tes crises de doute et de haine envers les autres! Oh ! Je me sens bien ! Tabasse-moi encore et encore ! Ces coups seront orgasmiques! J’aurai des orgasmes successifs ! Tue-moi ! Je ne suis pas à toi et je ne serais jamais à toi yé mnayyek, yé mnayyekj yé mnayyek !! Tu ne peux pas détruire une femme qui s’assume ! » Ainsi serait ma vengeance.

Allo! Mon merveilleux menayek! je m’adresse à toi ! Je vais te dire un truc que j’ai jamais dit à personne ! Va voir un sexologue, un psychiatre et je te paie les 80 dinars !

Je te souhaite des crises d’angoisses, une solitude médiocre, et un mépris à l’infini. Le jour de ta mort, je ne baiserai pas sur ta tombe. Mais, je serai là, probablement bourrée, avec un beau joint et mon homme à mes côtés. On pleurera l’acte de ta naissance. On partira du cimetière en fanfare pour fêter ta mort. Et j’appellerai mon père bourrée à 3h du matin, pour lui dire combien je l’aime.

P.S :

Je suis sure que tu vas lire cet article partagé par plusieurs personnes que tu fréquente. Et je te préviens que si ton ego te mimera ne serait-ce qu’une petite vengeance de moi ou de mes proches, sache que je garde encore tout l’archive de tes œuvres d’insultes et de menaces dans un dossier nommé « le merveilleux menayek ». Mon avocat t’offrira, en bonus, un beau séjour à la prison de Morneguia.

Donc, lis cet article, silencieusement ! Si on se croise, baisse la tête ! Ta seule demande qui sera accepté est de te donner 80 dinars pour le sexologue et le psychiatre ! T’as besoin d’aide mon grand !

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5 réflexions sur “Vas voir un sexologue, un psychiatre et je te paie les 80 dinars

  1. WOMEN LISTEN UP!

    Being unsatisfied with your sexual life is no reason to be a feminist. Stop your immature whining.

    Being fat or ugly isn’t an excuse either.

    Stop hiding behind feminism to hate men. We’re tired of your shit

    At your age you should know it’s not a crime to shave your armpits or wash your hair. Smelling like shit won’t bring « equality, » neither will dressing like a prostitute help you being taken seriously. If you are this type of feminist who screams naked on the streets with slogans on your boobs calling everyone a « sexual misogynistic pig » you probably have a serious mental disorder. Please stop.

    J'aime

    • demoizleyosra dit :

      BOY LISTEN UP !
      If you understand feminisme as you just said. I would love to informe you with big heart, you are quit wrong, feminist dosen’t mean first of all being a women ! It’s about causes and rights, status of a women in the socity. And i recommand checking history before juging and resuming the entire mouvement and noble thaughts into a sick mind of women getting naked even if it is a way of a expression that neither you or i have the right to juge it right or wrong !

      Ps: we are beautifull. Strong indepenent women , fat, slim doesn’t define our way of thinking. So as for you you may read our last article it can be very usefull even if you sound hopeless.
      I hope Seeing u as a feminist one day . All love chaml

      Aimé par 1 personne

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