Un foetus qui meurt جنين يموت

شكّلتنى أمّى كما شاءت

و ها أنا ذا

دموعها التي لم تنزل

صرختها التي لم تعرف الفضاء

و حشتها الطّويلة

يأسُها الكتوم

وجع مفاصلها

اللاّ ، القُصوى التي لفظتها ذاتُها

شهوتها ، حرّة ، كاملة

ثلاث درجات فوق السّطح

و دعاء عميق بالسّقوط

في بطنى جنين يموت

و أحلام بالدّفء تتحلّل

الألم ينهش كبدى

لكن مثير للرّثاء أن أحزن

أبكى ، و يبكى في رأسى نساء عدّة

أعرفهنّ بالإسم

أعرف الكثير من صفحاتهن

أي سجن هذا الذي يجمعنا ،

أيّ سجن نساء

هنا

هذا ما نحن عليه

و الحرب تهلّ ساخرة

في حلقى جنين يموت

جسدى يتنفّس الصُّعداء

« مرّ كلّ هذا بخير « 

لكنّ النّساء داخلى لا يسكتن

« تبا لهذا الوجود »

« تبا لهذا الوجود »

داخلي جنين يموت

إحتفاءًا بهذا الألم

لم لا تتوقّف الحرب قليلا

لم لا تنته لم لا ننجب كلّ الأطفال

أحبّ أن أنجب طفلا كل شهر

و تركض الحياة صاخبة

الحياة سأتعلم الكثير عنها

الآن سمّ أسود،

يستعرض خطاه فى دمى

لم لا تنتهى الحرب يا أمّى ؟ ؟

لم لا تسكت أناتك الحزينة ؟

لن أحارب !

لن أحارب !!

أطفئى الضوء. ماما

أحب أن ألتقى برجل يائس

يصلني بالحياة

رجل يائس يحب امرة يائسة

و يبدآن كل هذا من جديد

أجل،

يمكنني أن أصدق من الحزن ،

ستنمو شجرة كبيرة

من ماء

لاجل كل الدموع التي تسكبها النساء في عينى

و الرجال السذج

ستكبر داخلى شجرة

و تزهر كل الأجنة الميتة

ماما انتظري،

أغلقى الباب.

Ma mère m’a façonnée à son goût !

Me voilà !

Ses larmes retenues

Son cri, qui ne connut point d’espace 

Et sa grande mélancolie   

 

Me voilà

Son désespoir inavoué

Sa douleur osseuse  

Le « non » extrême

De son âme prononcée

 

Sa volupté, libre et parfaite

Trois pieds au-dessus du toit

Et un profond vœu de défaite.

 

J’ai

Dans mes entrailles, un fœtus qui meurt

Des rêves de tendresse qui se décomposent

Et de déchirants maux de cirrhose

Faut –il être triste pour raviver la complainte ?

 

Je pleure, et dans ma tête pleurent maintes femmes

Je sais leurs signatures

Je connais leurs écritures

Quelle est cette cage qui nous réunit ?

Cette cage

Des femmes

Ici.

Voilà où nous en sommes

Pendant que la guerre à nos portes ricane.

 

J’ai

Dans ma gorge, un fœtus qui meurt.

Mon corps soulagé soupire :

« Tout ça, c’est fini »

Pourtant les femmes en moi ne se taisent pas :

« Maudite soit cette vie. »

« Maudite soit cette vie »

 

J’ai

En moi, un fœtus qui meurt

 

Pour commémorer cette douleur 

Pourquoi cette guerre ne prend pas-t-elle trêve ?

Pourquoi ne s’arrête-t-elle guère ?

Pourquoi n’accouche – on pas de tous les enfants ?

Je rêve d’en enfanter un chaque mois,

Voir la vie galoper, groovante.

La vie !

M’apprendra tant.

 

Maintenant

Dans mes veines

Défile fièrement le venin noirâtre.

Pourquoi la guerre ne s’arrête elle pas, Mère ?

Et tes plaintes ?

Je ne vais pas faire la guerre !!

Je ne vais pas faire la guerre !

Éteins la lumière.

Maman.

 

Je veux aimer un homme désespéré

Qui me lie à la vie

Un homme désespéré aimant une femme désespérée

Pour partir de nouveau.

Oui, je peux croire que

De la mélancolie

Croîtra un grand arbre

De l’eau

Au nom de toutes ces larmes de femmes,

 Versées dans mes yeux

Au nom de tous les hommes crédules

Grandira, en moi, cet arbre,

Où fleuriront tous les embryons fanés.

Attends, maman !

Ferme la porte.

 

 

أمل كلودال كاميليا  Amal Claudel

Trad. Yosra E.

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