Des chats, des chattes, du sperme et des fausses blondes

Le ciel grogne de mécontentement et la foudre menace d’éclater à tout moment, au même rythme d’un coup de foudre qui risque de foutre en l’air ce qui reste de ce semblant de vie

La désolation stagne dans chaque recoin de la ville et les murs tatoués de cris de haine, de ras le bol, et de désenchantement, ces murs puent la pisse des ivrognes de la dernière heure, chassés des bars à deux balles, crasseux, leurs derrières de pantalons bleus jaunâtres rappellent ces tabourets en plastiques sur lesquels ils étaient assis, ils puent surement le sperme des va, et des vient.

Ils manquent de bol, mais, vaut mieux se bourrer de mauvais vin, que de tirer des balles, disent-ils. Des balles réelles mais fausses. Qui ratent au passage. Et au passage, que des chiens errants. Même les chats, qui la nuit, sont tous gris, n’osent plus sortir.

Tunis, n’est plus une ville de chats. De chattes, oui.

Comme les balles, fausses, des blondes trainent depuis deux heures sur les trottoirs de la ville, elles vont se faire mettre, des mains. Juste des mains. Rien de plus. Pour se faire mettre une fausse blonde sans manquer d’oseille, il faut un sacré bol, que ces ivrognes n’ont pas, une sacrée queue, ou alors qu’ils paient. Mais la paie se fait longue, la queue aussi. Le manque aussi.

Violée, déchiquetée, tabassée, ensanglantée, des bleus sur tout le corps, elle la ferme et traine toujours, en attendant de mettre le voile ou de mettre les voiles.

Le grand nombre et le manque de bénédiction ! Dirait le dicton d’une ville lasse, lésée et laissée pour compte contre un conte de jasmin et de révolution. Même le jasmin, sur une table, le lendemain d’une grosse cuite et d’une partouse de corps engraissés rappelle l’odeur de pisse et de tabac froid.

Dans ce décor de jugement dernier, le moche aux bois dormant s’est réveillé, la veille. Et la veille qui à peine commençait, le laissait aux abois au rythme d’une migraine et d’une gueule de bois. Une gueule qui se fait démonter à coup de bienvenu en démocratie.

Le moche aux bois dormant devait changer de nom, de plus il vit en ville à présent, et ne dort plus longtemps. Depuis la veille. Et bien qu’il manque d’oseille, il se tient droit, fier, comme un peuple qui depuis des siècles avait crié dégage, et avait pris pour gage, de se complaire dans la médiocrité.

A suivre.

 

Joe Rge’Sand

 

 

 

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