Lettre ouverte à la petite chose que je ne rencontrerai jamais

Tunis , le 17 Mars 2015

J’ai deux fois plus d’appétit et moitié moins d’énergie, le fait de ne de ne pas ressentir l’enchantement que je devrais ressentir me dépèce le cœur.   Je suis à la fois triste et sans regret.

Je suis désolée que ceci soit un au revoir, je suis triste de ne jamais te revoir tu devrais avoir les yeux de ton père, le teint de ta mère…   Mon petit bout de choux, crois- moi, la prochaine fois tu seras dans la même réalité que moi, je te le promets, la prochaine fois, tu pourras m’appeler maman sans aucun doute, je serai prête pour toi petite chose… petit embryon qui tient bon. Je te sens là, courageux, t’accrochant à la vie, secoué par les tremblements de mon cœur ; et puis tu sais, tu es la seule personne qui a entendu mon cœur battre de l’intérieur.

Petit embryon qui a choisi une maman qui te dira non, et moi ta maman qui aurais tant voulu t’offrir de la douceur à la place de cette rancœur. Ce fut un court voyage à tes côtés, c’était le plus déchirant de tous les au revoir.

Puisses-tu être au royaume des tendres bébés qui n’ont pas vu le jour.

Celle qui t’a porté en elle pour si peu de temps.

Celle qui n’a pas pu être ta maman.

Celle qui a choisi l’avortement.

Nadia Fourti Fourati

crédit photo : Alix-Marie – Uterus (extrait de la série Apex- 2010)

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