Que reste-t-il de nos vingt ans ? ماذا بقي من عشريناتنا

Que reste-t-il de nos vingt ans ?

فقط حَلماتُ صدري  ..  و صُورة

Une image figée d’un souvenir lointain et l’odeur d’une cité pressée, un lundi.

صَباح  آخر ليومٍ فارغ..
الرّغبة في عناقً صباحِيٍّ ،
قبلةُ العُنق ,دلال الضوء
ثم  رائحة البنزين يحترقِ,  دائمًا

Brûlantes étaient tes lèvres, ce jour-là.

Brûlantes étaient nos étreintes volées au temps…

Et aux yeux des passants.

Ceux-là, comptaient nos souffles et sûrement, riaient de la stupidité de notre jeune âge.

أصطاد الغبار على كتف سترتك .. و أفكّر
كم عَقدُوا من قِمّة  ، كي لانُدرك الهاوية ..
كم إجتمع من خبير ذكاءٍ  لفهم غبائِنا البِكر
أن كيف حقًّا٬ حَلُمنا، بكأسٍ و قُبلة ,في شارع خالٍ،تحت المطر.

Tu n’avais sorti ton parapluie, ce jour-là.
Ton manteau te protégeait du temps qui gèle, mais moi, mon nez pleurait d’appréhension, mes mains se crispaient de froid.
Et mes yeux.. scrutaient tes lèvres..
Oh ! Tes lèvres.
Tes mots. Tes slogans. Et tes.. « Je pars en guerre, ne m’attends pas ! ».

زفراتُ الملَلِ عالقة بالسّقف، ترسم دوائر صفراء  ..
كالدّهشة  في عيني ضفدع
كالصّدأ بحرف طنجرة
كرائحة الرُّطوبة بقميص صوف .. هكه  يتكوَّن العُمر.
تُصفق النّافذة ، يَشهق قلبِي : ستعود !

Et puis.
J’ai arrêté d’attendre.
Attendre épuise et je n’étais qu’une petite fille.
Je ne pouvais pas lâcher prise, et je t’ai cherché.
Dans les livres que tu m’as laissés.
Dans les musiques de lutte que tu m’apprenais.
Dans les films interdits qu’on regardait… blottis… l’un contre l’autre… entre deux orgasmes.
Dans la fumée des cigarettes, que jeune, me répugnait.
Dans les bouteilles de rouge que tu préférais.
Dans ton souvenir. Dans l’espoir de te voir revenir.
Dans tes bars. Dans tes amis. Dans tes ennemis.
Dans ma revanche.
Dans ce qui reste de mes vingt ans.
Et puis…
Le temps d’une Révolution, j’ai vieilli !

هَرِمنا ..  هكذا قلتَ
– صَدفَة
– سُلحفَاة
ضَحِكنا .. ضَحِك طِفليْن ..
قُلوبُنا إسفنجٌ أحمَر .. يبتَلِعُ بحر الوقت و  لا يَهرم

Tes mots me redonnent le sourire, Amal !
Un sourire amer, pourtant. La même amertume d’une vieillesse précoce, celle d’un samedi soir à la maison, d’un thé vert à la menthe, des glibettes, et d’histoires d’amourettes qui s’entassent.
Une ville souffrante d’amnésie.
Un rêve qui s’évanouit.
D’une révolution morte dans son sommeil.

و البدويَّاتُ  ، في القُرَى البعِيدة، خلف نَول الإِنتظار
تُنشِدن أهازيج عن الحُبِّ و الوفاء
تَرُسُم خيُوطُهنّ شهوة الفجر، صليل السُّيوف، صهيل الخُيول المُهاجرة
وإنحِسار الضّوء ، خلف قُرصٍ دامٍ

« C’est écrit ! ».
« Maktoub ! ».
« Inshallah ! ».
Je viens de cette terre qui ne nous met pas au monde. Elle nous avorte.
Des mort-nés, voilà ce que nous sommes.
Et pour quelques chanceux… des darwishs tourneurs… qui dansent la mort !

لن اصير يوما ما اريد…

Nos excuses à Darwish !

mendieta-body-trcks-2st-1974

PS: ( Texte coécrit , Hazar en fr et Amal en arb)
( نص مشترك أمل بالعربية و هزار بالفرنسية )
La photo est une performance de Ana Mendieta.

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