حديث مع طفل لم يوجد

انت تتساءل بلا شك: لم لم توجد؟ و انا مثلك اتساءل.

يحدث فى عالم الآدميين الذى لا تعرفه ان تبقى الاسئلة معلّقة، مجرّد أسئلة… 

افهمك تماما، يبدو هذا غريبا، كيف لسؤال ان يفضي لسؤال آخر، ثم آخر، ثمّ آخر، دون أن ينتهي أبدا الى جواب.. هذا هو غرور الاداميين، نرفض ان نعترف ان لا جواب. مع أننا نعرف بشكل ما، أنه ما من جواب..

هى لعبة العقل، ان نفترض معرفة الجهل بالاشياء، فهمنا لهذا الجهل، إدراكنا لمحدوديّته، و سعينا الدؤوب نحو بتره.. لقد تبنينا المعرفة كخلفيّة مطلقة و صرنا بها مؤمنين. 

تفلسفت عليك ؟؟ طيب بكل صدق و جهل لامحدود لا امل فى تقلّصه، جهل شاسع كمحيط يبتلعني، و يغمس عقلى كبسكوتة فى الماء، ليتفكك و اتفكك.. لا اعرف لماذا لم توجد و اعرف ان لا جواب لهذا السؤال. لن يكون.

ساخبرك، ان قرار الوجود من عدمه، قرار لامعقول، اقصد لا يمكن لهذه الأشياء ان تقرر، هي تحدث او لا. 

لقد سائلت نفسي ذات مرّة : هل تحبيّن ان توجدي ؟؟

و طمئنتها: لك الحق الكامل فى الاختيار.

خيّل الي اني أملك الاختيار، مع اننى بمجرّد وجودي فقدت موضوعيّتي تماما، فقدت المسافة المتساوية التى تخوّل لى ان اختار. 

كلّ ما اختاره خارج الممكن، لا معنى له. لكنه وهم العقل، وهم التجريد، لعبة الرياضيات…

من الجميل أن نتحدّث عن الارادة الحرّة و حق الاختيار و تحديد المصير.

نحن البشر يا صديقي كائنات ضئيلة تدعو للشفقة يعصف بنا الوهم و الحاجة و الذعر، كائنات عنيفة جدّا موغلة فى الخيلاء، أعطينا أنفسنا كامل الصلاحيّة، لأجل ان نختار خارج الممكن. مع أننا نحسّ و نشعر و لنا مصابيح داخليّة مضيئة: الحدس.

انت فى عالم لا اعرفه، من عالم المعرفة المعبّد الى قاع المحيطات العنيف الاهوج، حيث تستوي الامور فى طبيعتها و تتوازن بقانون بسيط لا يشكّله الوهم.

هناك فى قاع المحيط كل شئ جميل و شاسع، القتل خاطف لا ادّعاء فيه، لا خيار، لا تفاضليّة معرفة او جهل.

هناك فى قعر الضّلمة، سمكات مشعّة مضيئة، لم تفقدها الحضارة حدسها، غريزة الدفاع عن اليوم القادم، بدعوى أنها تملك حق اختيار الموت.. الذى لا تعرفه.

 

Les tunisiennes ne sont pas à l’abri du « revenge porn »

 « Des photos de toi nue ! Partout sur Internet ! »

Les messages affluent par dizaines. Je ne sais plus où donner de la tête. Les alertes viennent de partout : SMS, e-mails, messages instantanés. Des amis, des connaissances, des inconnus. Tous m’informent que des photos intimes de moi circulent comme un virus de portable en portable et sur les réseaux sociaux. Mon corps se met à trembler. Reste calme. Paniquer ne sert à rien. Je dois voir les clichés en personne pour me rendre compte de l’ampleur du désastre avant de m’apitoyer sur mon sort et d’envisager une réaction. Je demande à Pamela de m’envoyer une copie de ce qu’elle a vu. Sa réponse sonne comme un mauvais présage. « Je ne peux pas Nathalie. C’est trop… c’est trop cru. » Mon pouls s’accélère. Si je ne peux pas les voir, je dois en connaître la source. Pamela est la première à m’avoir informée. Elle doit connaître l’origine de leur publication. « Je les ai reçues via un groupe d’amis basé à New Bell », me signale-t‑elle

Je suis chez moi lorsque je trouve le courage d’ouvrir les fichiers joints à leurs messages d’alerte. Le choc est d’une violence inouïe. Je manque de m’effondrer. Il n’y a aucune place pour l’imagination. Tout est là. Mon corps nu, dans les postures les plus dégradantes, et jusque dans les moindres détails. L’une d’elle me montre en plein ébat avec un homme que je reconnais comme étant Sonor. Une autre est un selfie pris devant un miroir dans le plus simple appareil. Une autre encore, sans doute la plus choquante, me pré- sente en train de me masturber les quatre fers en l’air. Ce n’est pas juste de la nudité : ce sont des instantanés de ma vie sexuelle jetés en pâture au public. Bravo. Ça y est. Il a gagné. Samuel m’a tuée. Son geste n’est pas une simple revanche, aussi cynique et perverse soit-elle : c’est un assassinat social. Je ne souhaiterais pas pareille infamie à mon pire ennemi. Il n’a pas hésité à l’infliger à celle qui l’a tant aimé. Je crie, je pleure, dans un déluge de rage et de haine mêlées. C’est trop. C’est insupportable. C’est irréversible. Je m’écroule, inconsciente, terrassée par le choc Je me réveille tuyautée de partout. Les médecins expliquent m’avoir injecté du glucose pour me remettre sur pieds. En me rappelant la raison de mon état et de ma présence ici, ma crise de larmes repart de plus belle et paraît ne plus devoir cesser. Me voir ainsi offerte à la face du monde n’est pas le pire. C’est lorsque je pense à mes frères, à ma mère, mes oncles, mes cousins, à tous ceux qui me sont chers et qui ont vu ou verront un jour ces horreurs que je plonge dans le désespoir le plus absolu. Comment vivre avec une pareille abomination sur la conscience ? Comment sortir dans la rue en supportant le regard des miens, des autres ? Aucun homme ne voudra de moi. Mon employeur va me virer, et aucune entreprise ne m’embauchera plus. Tuez-moi. Je préfère crever. Jamais je ne pourrais m’en relever. Il n’y a pas, il n’y aura jamais d’issue à cette souffrance qui me poursuivra toujours. »

C’est avec ces mots que  Nathalie Koah raconte comment elle a subi la violence extrême du Revenge porn .  Mais  le Revenge porn n’est qu’une facette d’un problème plus large . La cyberviolence est  «  l’usage des différents outils de connexion en ligne ou par téléphone mobile dans le but d’insulter, harceler, humilier, répandre des rumeurs, ostraciser, exercer une coercition externe sur un individu qui ne peut pas facilement se défendre seul ou qui subit une domination. »

Il a été porté à notre connaissance que de plus en plus de tunisiennes ont subi la publication en ligne par leur partenaires ou ex partenaires de leurs photos ou vidéos les montrant explicitement dans des ébats intimes, et ceci, sans leurs consentements. 

Les femmes qui nous ont raconté leurs expériences  nous ont souvent avoué que la prise de photos, selfies ou de vidéos intimes pour leur amoureux ont été faite sans  une réelle envie, voire même sous pression 

La réalisation et la diffusion de photos sans leur sans accord constitue une violence passible d’une peine  : De plus en plus de femmes avouent avoir retrouvé une photo ou une vidéo intime diffusée sans leur consentement, ou avoir retrouvé une photo ou une vidéo où on les obligeait à faire des pratiques sexuelles .  
Nous sommes très préoccupées par l’ampleur et l’impact mental et psychologique qu’a cette cyberviolence sur ces femmes, et qui peut aller jusqu’au suicide. 
Il s’agit là d’une forme de violence complexe dans le cadre d’une relation intime et d’une violation de la vie privée.
Nous rappelons dans ce contexte, le droit à la protection des données à caractère personnel relatives à la vie privée, garanti par la constitution 
Nous appelons à la nécessité d’inscrire, dans le cadre d’une loi, un délit spécifique pour lutter contre ce type de violence qu’on appelle ‘‘revenge porn ».

 

 

لا أعرف كيف أغضب لوحدى …

لا أعرف كيف أغضب لوحدى كيف أغضب لامرأة صغيرة واحدة و أكتفي !

في حلقي قبيلة من النساء تتربعن، تضربن على ركبهن و تصرخن أن لا، لا، لا ! عيونهن الذبيحة إرتجاف الذعر بين رموشهن زخات القهر و سعرة الغضب ماء حارق في جوفى.

في حلقي قبيلة من النساء تتربعن، ظهورهن إلى الأمام، محنية أكتافهن من الظلم يبرق بينهن الرعد في آن: لعنات السماء على الكل !

في حلقي قبيلة من النساء و إمراة صغيرة واحدة، يزلزلها الصوت و لا تعرف كيف تبكي.

« Image : tableau d’ Afarin Rahmanifar,  « Recess of a journey part one

Journal d’une dépressive

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Dormir m’empêche d’entendre que la terre est plate, d’être discriminée dans la rue, de devoir supporter la pollution sonore, de souffrir du chemin que prennent les relations humaines, de m’habiller, de me regarder dans le miroir, de parler, etc. Je donnerai ma vie pour être « la belle au bois dormant ». Alors, je ferme les yeux, que tout s’obscurcisse, pas obscure parce que mauvais, mais obscure comme un avenir qu’on ne connait pas. Et je me dis que c’est possible, que ce truc est possible, jusqu’à ce que j’y arrive vraiment. Mais c’est comme se forcer à sourire jusqu’à devenir vraiment heureux, ce n’est pas possible.

J’écris aujourd’hui car je me sens lasse, lassée, vide et vidée. Vidée, à ce moment de ma vie, ce mot prend tout son sens. Au moment où l’on perd tout : son travail, son amour, son idole, voire même le gout à la vie. En une semaine, tout. Et se dire « ainsi-soit-elle, cette âme frêle ». Je suis une morte vivante car certains n’ont pas besoin de mourir pour être considéré morts, tandis que d’autres ne meurent pas.

Alors, oui, j’ai fait des erreurs. Oui, j’ai changé d’avis. Oui, je me suis contredite. Oui, je me suis perdue, je me suis tuée, je me suis détruite. « Oui, je n’ai pas mangé quand j’avais faim, ni dormi quand j’étais fatiguée, ni couverte quand je mourrais de froid ». Je me suis rendue vulnérable. Je me suis rendue faible. Et puis comme l’OA l’a dit « je croyais que si je jetais un beau filet, je n’attendais de pêcher que de belles choses ». Tout était devenu si obscure.

Comme Duras l’avais dit en parlant de la maladie de la mort, « l’envie d’être au bord de tuer un amant, de le garder pour vous, pour vous seul, de le prendre, de le voler contre toutes les lois, contre tous les empires de la morale », je la connais. Je suis une fervente servante de ce sentiment humain. Je m’y suis dévouée malgré les intempéries et je peux vous dire qu’elles étaient violentes.

On m’a beaucoup parlé d’amour. J’ai aussi beaucoup lu. J’ai essayé de me questionner à plusieurs reprises sur la faisabilité, l’existence, les lois… Et j’ai compris qu’il était à créer et que pour cela se fasse, il fallait beaucoup de lutte, d’abord contre soi, puis pour soi, ensuite pour le couple, contre les intempéries et enfin contre le monde. C’est une guerre pour la paix mais si ce n’est pas un travail à deux, il n’y a pas de paix.

Cette semaine, en perdant cela, j’ai su que ce n’est pas la distance qui sépare les gens mais le silence. Je suis aussi une fervente servante du silence. Les femmes ont tendances à fermer les yeux, la bouche et grand ouvrir le cœur. Une femme ça ne dit pas tout. Ça parle beaucoup mais ça cache beaucoup. Se donner corps et âme à cet aventure jusqu’à se discriminer est, malheureusement, possible.

Je parle mais je ne dis jamais tout. Pourtant, je parle beaucoup. Oui, même féministe, je me discriminais moi-même. Il fallait que je fasse plus d’efforts, que je supporte plus, que je ne dise rien et que j’encaisse. J’occultais mes envies, même, les plus légitimes. Je camouflais mes peurs, cachais mes problèmes, dissimulais mes dépressions. Je faisais tout, pour tout détruire, sans le vouloir un instant. Comment ? En étant sexiste avec moi-même.

Additionné aux problèmes du quotidien extérieur comme l’argent, le boulot, l’entourage… ça éclate. C’est là qu’on éclate. A ce moment on peut enfin dire qu’on est triste, impuissant et seul. C’est ainsi que la descente se fait parce que créer un mythe est un travail plus que difficile.

J’étais glissée dans une dépression d’adolescente et je me suis ridiculisée. J’ai perdu ma confiance en moi, avant celle des gens envers moi. J’ai perdu mon envie de vivre, mes ambitions, mes rêves, pour donner place, non pas à la crainte ou la méfiance, mais la confusion. Ainsi, j’ai tout perdu.

J’en arrive à un point ou je pense que je ne sais plus où j’en suis. Ce moment où je mets en doute mes valeurs, pas en les confrontant mais en m’en échappant. Je me suis échappée, un soir, à 22 heures, de là où j’avais trouvé de la terre, parce que je n’avais pas pu confronter l’une de mes valeurs certaines, l’amour. Ainsi, tout est parti.

J’ai longtemps pensé au mécanisme de la blessure. A chaque fois, je partais vers là où ça vient de commencer. Et puis je bloquais. Je n’avançais plus. En réalité, c’était une mauvaise méthode. On ne peut pas réduire une blessure à un seul coup, car ce qui fait mal est cumulatif. Ça arrive au fil du temps. J’absorbe jour après jour, coup après coup, choc après choc et douleur après douleur. Savoir, exactement, comment j’en suis arrivée là, ne veut pas dire que je peux réparer. Je ne peux pas guérir toutes mes blessures. Et ce n’est pas grave. Du moins, je dois croire que ça ne l’est pas. De toute façon, si quelque chose semble difficile à réparer, ça ne veut pas dire que c’est cassé.

En hibernation, je n’ai plus aucun désir, aucun putain de désir. Je na sais pas de quoi ai-je besoin et ne sais pas si j’ai un, quelconque, besoin. On appelle ça le vide. Je me suis jetée dans le vide et l’obscurité m’a envahi. Pour clarifier, quand je dis « hibernation » je veux dire « dépression ». Pendant cet état dont je me suis faite prisonnière, plus que les souvenirs, les objets, eux-mêmes, portent des sens profonds. L’amour est invisible mais il est partout. La paix vous dites ? Je vous donne une belle corde. Je pourrai même l’accrocher à mes rêves.

Amal Bint Nadia

Les surnoms pas du tout « cute » que certaines tunisiennes donnent à leurs amoureux

Voilà ! Quand on est entre copines , et qu’on parle  entre autres de nos « amours » , nous les femmes on a tendance à utiliser des surnoms pour désigner nos hommes , eh oui ! Parce que sinon ,  vous savez , dans la cocagne des prénoms , on s’y perd ! 

On a alors posé la question à nos amies  : Comment appelleriez -vous vos mecs , vos « chums  » (comme disent les canadiens) quand vous discutez entre copines ?

Je vous préviens ! on est bien loin des  petits surnoms mignons qu’on donne généralement, c’est carrément du sexisme inversé ! Oui oui Messieurs !  Y’a du travail !!

 Et donc voilà ce qu’elles ont répondu : 

السخطة

ولد تيييت

مكبوب السعد

الطحّان

العص

Tyrannosaure

Lord caca

Petit P

Train arrière

Big

المرحوم

المرحوم 2014

المرحوم 2015

المرحوم 2016

L’homme aux cheveux gris

Ultimate sexiness

The stranger

L’homme journaliste
نونة

Mister cul

Chéri PIPI

Chéri CUNNI

Chéri SABOUN

Chéri JEUNE CADRE DYNAMIQUE

Chéri كعك ورقة

Le petit

Mr mou

Mr capote

Petit pénis

Mr عنّوقة

Superman

A(do)nis

L’ingénieur

L’expert

المزاودي ( l’artiste jazz oriental)

الطحّان

Le macho

L’écrivain

الكذّاب

المغبون

Le bogoss

 المقحوط

Sexy cul

المنّيك

الخرا

الطحّان

Le beau tendre

صاحبنا متاع الأيام الخوالي

 MR متاع الماضي

المرحوم

سي الزبي

الزب اللايث

Le bon coup

Le psycho

Le fainéant

المقحوط

Le dentiste

الدعوة

الخنينة

L’intello

سي الزبي

الخرية

الزقلوب

Le Skyso

الكازي

المرحوم

المغط

سي الخرا

المتخلف

Le connard

الماسط

المعدة

الجلاّغ

السخطة

الجلطام

المنّيك

العلكة

بو الترامي

العكّة

Avec tout notre amour Messieurs !

L’univers du gaming en Tunisie : des jeunes femmes revendiquent leur place

Passionnées, talentueuses gameuses et pourtant elles ont du mal à prendre leur place dans l’univers du gaming. Pour faire face à cette pénurie d’équipes féminines, et surtout pour pouvoir participer à des compétitions de haut niveau au même titre que les hommes, des gameuses tunisiennes se rassemblent sur le net pour former ce qu’elles appellent « une team » féminine et pourquoi pas une association .

Première étape : rassembler la communauté des gameuses dans un groupe Facebook. Pour Barto Romero, l’administrative du groupe : « Ce groupe vise à éliminer l’écart entre les sexes et  à éclairer le fait qu’une GAMER EST UN GAMER, indépendamment des choix, du genre, ou   la sexualité de chacun. »  En somme , c’est une initiative pour la construction et l’autonomisation de la communauté des gameuses tunisiennes .

Si vous êtes gameuse, passionnée de jeux vidéo, rejoignez cette communauté de gameuses  tunisiennes sur ce groupe :

https://www.facebook.com/groups/1736250879972289/

على قدر وجعك تتّسع الأرض

 

 

من القائل أن لا أقسى من سجن بلا جدران؟

كنت سأكون قائلتها قبل ادونيس بلا منازع لو اخطأ القدر في بعثي إلى زمان اسبق من هذا بكثير أو ربّما أصاب. اليوم و بما أن القدر زجّ بي هنا (هي رغبة كبير السلالة دون شك) لا ضرر في أن أعيد قولها مادمت وحدي أمام هذه الشاشة الصغيرة دون أدنى استشعار لمراقبة السلطة. ربّما هي تدسّ لي في كلّ زوايا البيت مسجّلات للصوت و كاميرا مراقبة بوليسيّة للإيقاع بي في بؤرة الانقلاب على عادات الأسرة و قواعدها الصارمة  لكن المهم أني لا أحس بذلك الآن على الأقل.

هي لحظة صادقة بين الروح و الجسد. مبارزة فكريّة و عاطفية تقوم على نقد ذاتي و جزئيّ لمكوناتي الحيويّة دون مساس بماهيّتي أو تدنيس لما به أصبحت إنسانا خلافا لما كنته في الجنّة. هذه اللحظة الصادقة تعرّي ما سعيت لإخفائه أمدا من ارتجاجات عقلي و توعّكاته العميقة. فليكن عريا فاضحا إلى ابعد الحدود..عريا حدّ النخاع.. عريا ينحو بي من السلبية إلى الايجابية حسب نظريّة برمينيديس حول الأضداد. السلبي الذي جعلني أتبنى تبنيا أعمى الأنا الأعلى لهذا العالم الهشّ و الايجابي الذي حرّرني منه إلى تفكير روحي جليّ و تأملات وجوديّة ملخّصة لإرادتي و محبوكة بروايات فلسفيّة رجوت تطبيقها على ارض صلبة.

عرفت مذ نعومة أظافري أنّ لي سجنا و قد بدا لي الأمر في البداية مسلّيا إلا انه بات مرعبا حدّ الدوار. سجني الأول كان هذا العضو الغريب الذي تصر أمي على تغطيته حتّى أمام والدي و تنهرني إذا ما سعيت إلى لمسه أو اكتشاف ما وراء هذا الشيء من أسرار و خفايا تجعله محطّ خوف الانكشاف أمام نور الله. و مع مرور الوقت تمطط القماش الذي يستر شيئي ليسيح على السرة و الردفين و النهدين..

لم أتساءل حينها لم عليّ أن اخفي هذا الجمال؟ او بالأحرى ما يبدو لي جميلا؟

كنت أراه شكلا هندسيا متوازن الأركان و مختلف الخطوط في انسيابية اللحن العميق. انحدار الرقبة الموصل لتكور النهدين.. شكل الكمنجة حدود الكليتين.. اكتناز الأرداف و تناسقهما مع ضرف الزاوية المظلّلة. كلّ تلك المثلثات و الدوائر كانت سببا لأشعر بتميّزي و طرافتي أمام الجنس المقابل لرهافتي. لكني نسيت وقتها أن تلك الأشكال الهندسيّة كانت خطوطا مغلقة و محكمة تضيّق حركتي و أفعالي و تضيق أكثر فأكثر لتحرمني من رؤيتها حتّى. أن لا تخرجي دون أن تغطي مفاتن جسدك كي لا يتحرش بك الرجال, أن لا تتجاوزي الساعة الثامنة كي لا يتحرش بك الرجال, أن لا تتبختري في مشيتك كي لا يتحرش بك الرجال.. هكذا أمسى جسدي كعنوان لوجودي الأنثوي تصدير إرسالي إلى سجن أولي برتبة إيقاف مع التحفظ. سجن لا يحتمل ثقله و لا تحتمل خفّته. إذ لا فرق بينهما حين ينبثق بينهما خيط رفيع ما إن يتمزّق حتّى يصير الجسد ركاما خانقا.

نفس الخيط الرفيع كان يربط جسدي بالروح.

تلك الروح التي بعثت مع أول تلاق لبويضة أمي بحيوان أبي المنويّ كانت عزاءهما لأصير قدّيسة الرحمة في الأسرة. كبرت و في الظلمة تجاوزت نصف العمر لكن روحي ظلت متشبثة بشرنقتها خائفة من الولوج في هذا العالم الرتيب الذي سيقضي دون شكّ على مغامراتها المؤجلة. لم أصر قدّيسة و لم اعرف الرحمة إلا بين اسطر الكتاب الكريم في حين ظلت روحي معلقة على غصن إحدى الشجيرات الباسقة بالحكايات.

كثيرا ما استهوتها الحكايا كرحلات السندباد و هيام شهريار و انجازات غيلان و أحداث قصر الشوق و تجليات الأرواح المتمرّدة و قصائد الحب العشرين لنير ودا و مغامرات بوكوفسكي و المسيرة الكبرى لكون ديرا و البحث عن الله في الخيمياء. استهوتها لدرجة أنها حاولت ان تجرب بعضا منها ولم تفلح. كانت جلّ تجاربها تنحو بها إلى السجن الأول:الجسد.. فتغرق الروح في عوالمها المتوحدة و تنسى كأنها لم تكن. لم يكن خطأها أنهم لم يكتشفوها كان عيبهم أن بصيرتهم العمياء لم توفّق إلى التمحيص و التدقيق فيها. لم يكن خطأهم أن بصيرتهم عمياء لا ترى بل كان خطأها حين لم تدع نفسها تنهمر عليهم كالسيل الجارف لتعلّمهم الرحمة التي ملئت قلب صاحبتها بعد أن ملئت اسطر الكتاب الكريم.

« عيبك انّك صلبة حدّ الهشاشة »

تلك الروح تشرذمت مع أول صفعة تلقّتها من العالم الخارجي.

تلك الروح ناحت حتّى شحب لونها و اندثر شعاعها.

هذه الروح أمست سجنا آخر.

 

أيها العالم لم تعتصر جسدي و تخنق روحي المهترئة؟

لم تجرّني كدقائقك الستين في دورة واحدة نحو اتجاه واحد يوصلني إلى نقطة البداية؟

لم كل هذا الدوار الذي يعبق برائحة الموت المشتهاة؟

أيها العالم الذي اغتصب براءتي و عنّف أنوثتي و سخر من أنات هذه الروح الجريحة.. لم تصرّ على تشذيب أغصاني و حرق جناحيّ الذين أهبتهما طويلا للتحليق في سمائك؟

ياعادات الأسلاف القدامى و أفكار الأجداد و عيون الحساد و الفضوليين و كلمات المقرّبين البعيدين و سخافات الأصدقاء الغائبين و كذبات العشاق الوهميين و تأوهات المشردين المتخفين عن الأنظار و أشعار المغمورين بخيالهم و مصالح المنعزلين عن الشارع و نوايا المكروهين المحبوبين الفقراء الأغنياء التافهين الرائعين العظماء الأحياء المقبورين المجبولين على الفضيلة المختارين لأشنع الأفعال..كيف تحولتم إلى سجن يدعو إلى الغثيان لرداءة نوعكم و تعفّن حروفكم؟

أيها العالم.. كفّ عن التحديق فيّ بعينين ذئباويتين.. فمازالت فيّ نفحة من حمل و قلب لبؤة لأجابهك بما تبقّى من بعضي.

أيها الوجع المتجذّر في العروق.. ستغرق بك الأرض يوما و ستنبت بفضل عطائك وردة باسمي.

***

يرجع بي الزمن في لحظات الصدق و التي اعتبرها نادرة جدّا في حياتي القصيرة او بالأحرى السريعة.

أنا لم أكن صادقة مع نفسي كفاية حتّى استطيع فهمها. كنت ارمي شكواي دائما على من حولي و اعتقد بكل جهد أنهم المخطئون دائما. فماذا لو قلبنا الأدوار لمرّة واحدة؟

في السنتين الأخيرين من عمري الضئيل أي ما بعد مرحلة المراهقة وقبل مرحلة النضوج كانت خياراتي الحياتية خاطئة تماما.. مرّة كبصلة خضراء.. متكلّسة كقلبي المعلّق في سقف الغرفة.

بين الثمانية عشر و العشرين قرارات وحشيّة جدّا خربشت جسدي الطفوليّ و انقضّت على شفاهي تلتهمها إلى أن أغنتني عن الكلام او.. التفكير فيه. وقرارات بغيضة أيضا هدّمت صرح براءتي و أثثت على وجهي قناعا بشعا.

أنا منافقة جدّا فانا أتبجّح أمام الناس بطهارتي المقدّسة و لكني في واقع الأمر متعفّنة من الداخل حتّى أني اشتم رائحتي الكريهة عند دخولي إلى الفراش فأضم فخذيّ إلى بعضهما البعض و أدس وجهي بين ركبتيّ و انغمس في لعقهما علّني افلح في طرد الرذيلة المميتة عنهما.

الرائحة تنتشر في الغرفة الضيّقة. تنطرد من تحت الغطاء و تهيج على الجدران  متسربة إلى ما بين فواصل الأثاث و زوايا الكتب المرصفة على المكتب. أسرع مائجة إلى الباب أوصده و ارتمي فوقه باكية محاولة بكلتا يديّ درء الرائحة عن تجاوزه.

الرائحة الفضيحة التي ستساوم بها رقبتي. الرائحة التي صنعتها لنفسي ك »غرينوي » بطل رواية العطر لكني صنعتها بعشوائية اختياراتي و رداءة مواقفي لا بكميات معينة من روح البنفسج آو بصيلات العنبر.

ما المبدأ؟ أظنني لم أضعه في أولوياتي مسبقا و الأغلب اني كنت أغيره دائما. عزوفي عن الذوبان في مبدأ حياتيّ منظّم لأفعالي جعلني دون شكّ امرأة هشّة جدا تسعى دوما لإرضاء رغباتها و تندم في ما بعد بنفس السرعة التي تقام عليها النشوة الجنسية.

أنا ضعيفة جدّا و لم أكن يوما امرأة قويّة كما ادّعي أمام الجميع. كنت أوهم نفسي بداية باني صلبة كحجر الصّوان و مع تراكم أخطائي و هفواتي صار قلبي صوانة تتفتت في جسدي ببطء مما يجعلني لا أبهت في موتي بفشل كلويّ.

السنتان الأخيرتان كانتا في الواقع فجوة عميقة في حياتي. صادفت فيها أصدقاء و اعداء كثيرين .. شعراء و أدباء و متملّقين .. رجالا و نساء و أولادا و حكايا و روايات طويلة.. في الأخير لم يبق من كلّ هذا شيء و السبب معلوم مسبقا. تلك الفجوة سقطت فيها كلّ البراءة و كلّ الرصانة و كلّ المبدأ.

أظن أنني سابكي. سأعود إذن في لحظة صدق أخرى.

آلاء بوعفيف

الصورة : لوحة للفنّانة تغريد البقشي

Toutes les vraies femmes sont des putes.. Ma mère la première. ( Mes hommages)

Mes hommages à vous mesdames, aux grosse putes, aux folles du cul, aux connes incorrigibles, aux amoureuses chroniques, aux dames aux mœurs décalées, aux pouffiasses qui savourent tant les saucisses que les moquettes. Aux grandes râleuses qui pleurent 300 jours par ans, qui dépriment une fois par semaine, qui se remettent en question une fois par mois.

Mes hommages à vous autistes de l’amour, hystériques, mythomanes à vos heures perdues, nymphomanes quand amoureuses, frigides quand c’est lui l’amoureux. Mes hommages à vous les folles du 21ème siècles qui savent ce qu’elles veulent, qui ne veulent pas qu’on les serve, qui veulent juste arracher l’herbe du voisin qui est toujours plus verte.

Mes hommages à vous les putes de ma cités, en mini-jupes, en voile ou en burqa, à vous et à vos paires de seins qui ont libéré des cités, qui ont déclenché des guerres. Gloire à vous les connasses de féministes qu’on utilise pour pouvoir baiser sans avoir à les épouser, gloire à vous les anti-féministes car trop bêtes ou illuminées, ou juste qui veulent être décalées.

Mes hommages à nos mères qui nous ont mal faite, à nos mère qui ont connu le bonheur de ne pas vivre leur vingt ans après une pseudo-révolution où tout le monde déprime, où plus personne n’est là pour nous écouter râler.

On l’emmerde cette révolution, où même le privilège de déprimer, d’être maudit n’est plus accordé.

Cordialement.

*

« Ce n’est pas de ta faute, tu es juste difficile à vivre, je veux une femme qui m’accompagne, qui me rend la vie facile, qui m’aide à devenir un homme, qui facilite mes choix.. tu es compliquée.. tu ne sais pas ce que tu veux, et ce que tu veux, ce n’est certainement pas moi.. », disait-il.

« Je t’emmerde ! Une femme ne rend pas la vie facile. Une femme c’est la vie. Et la vie, elle est difficile. »

by

Joe Rge’Sand 

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إليهن ، أنتمى

أنتمى الى ضحكات النّساء الخليعة
إلى إبتساماتهن المغمّسة بالدّلال ، اللّؤم و النميمة
أانتمى الى صراخهنّ المكبُوت ، الى فجيعتهنّ
إلى طرف الغطاء التى تضغطه الاسنان
انتمى الى الأرجل المغلقة ، الى الزرّ المُقفل بعناية أعلى الصّدر
الى إرتجاف الأصابع ، الى قبضة اليد المشدودة
أنتمى الى الفساتين ، الى قصّات الكتلوجات
الى النّظرات الميتة بعيُون دمى البلاستيك
أنتمى الى الأقمشة ، تحديدا الى القطن و الدُّونتيل

أنتمى الى المطبخ
الى البخار و رائحة البصل
الأضافر المكسورة و الأعمال التى لا تنتهى
أعمال مجانية دائما، بلا قيمة.
انتمى الى الارضيّات ، الى رائحة الجافيل و المطهِّرات
الى حبال الصّابون التى تسكنها العصافير
و رائحة النّظافة

أنتمى الى أغطية الرّأس ، المكشوفة دائما
إلى المحارم حول العنق
الى الأكمام المشمّرة
الى قطرات العرق فوق الجّلد
لتلك الحرارة الحارقة ، الضّاغطة على طرف النّهد
أنتمى إلى زفرات الضّيق ، مونولوجات التّذمّر
إختناق اللّغة ، نوبات الهستيريا
و عواصف البكاء

انتمى الى الانكسار
انتمى الى الهزيمة
الى المكر العتيق و أدعية الحِقد

انتمى الى اللّيالى الطّويلة ، الى العُزلة ، الى الوحدة
الى موسيقى الخوف، رنين إبر الكروشيه
ازيز آلة الخياطة و وشوشة التلفاز

انتمى الى الاجتماعات ، الصّخب الذي لا ينتهى
الى أطبقة الحلوى و كؤوس الشّاي
الى الرّنّات ، الهمسات ، الى الضّحك السّّّافر ، النُكت البذيئة
الى الحكايات ، الفضائح و النّميمة
أنتمى الى علبة المكياج، الى الألوان ، لضلال العُيون
لذلك الخيط المُظلم جدا فوق الجفون
انتمى إلى خدر العطر
الى سُكّر البنات
الصّرخة الاولى ، الجلدة الرطبة الحمراء
أنتمى الى الشّعرة الأخيرة
أنتمى الى ذلك العالم الذى تعرفونه ، خلف السِّتار
الى الأصيص المتروك فى زاوية، المزدحم بالغبار و زُهور الزّينة..

Amal Claude

L’hystérie pour les nuls à chier

C’est un médecin grec, Hippocrate, qui a inventé le mot « hystérie », pour décrire une maladie déjà étudiée par les égyptiens. Le terme signifie en Grec les entrailles, la matrice ou l’utérus. Jusqu’à la fin de l’Antiquité classique, l’hystérie fut considérée comme une maladie organique, utérine. La théorie disait que l’utérus se déplaçait dans le corps entier ce qui entraîne les symptômes de l’hystérie. Platon disait que « la matrice est un animal qui désire ardemment engendrer des enfants ; lorsqu’elle reste longtemps stérile après l’époque de la puberté, elle a peine à se supporter, elle s’indigne, elle parcourt tout le corps, obstruant les issues de l’air, arrêtant la respiration, jetant le corps dans des dangers extrêmes, et occasionnant diverses maladies, jusqu’à ce que le désir et l’amour, réunissant l’homme et la femme, fassent naître un fruit et le cueillent comme sur un arbre ». Vous l’auriez deviné, le traitement, à l’époque, était le mariage pour les jeunes filles et le remariage pour les veuves.

Au Moyen Âge, pendant deux siècles, c’est le bal de la chasse aux sorcières. Les hystériques, bien sûr que des femmes, étaient considérées possédées par le diable et donc le seul traitement : l’Exorcisme. Les moins chanceuses étaient confondues avec ce qu’ils appelaient des sorcières. Durant cette période, le nombre d’hystériques qui montèrent au bûcher reste inconnu par l’histoire.  Oui, la médecine à l’époque pensait que l’hystérie était démoniaque.

Au tout début du dix-septième siècle, en 1618,  Charles Lepois, un médecin français, professeur et doyen de l’école de Médecine de l’Université de Pont-à-Mousson, a trouvé une localisation cérébrale de l’hystérie. Il a affirmé que la  théorie utérine est absurde puisque la maladie peut s’observer dans les deux sexes. Par ailleurs, en 1653, le traité de médecine de Pieter van Foreest recommandait quant à lui des massages des organes génitaux, qui par l’atteinte du «paroxysme de l’excitation» devaient guérir la malade. A cette époque aussi, on conseillait aux femmes de faire du cheval ou de la balançoire… C’est l’arrivée de l’électricité au dix-neuvième siècle qui nous a sauvé des massages avec l’invention du vibromasseur. (Si vous pensez que les femmes sont hystériques, achetez des vibromasseurs).

Et puis, ça ne s’est pas arrêté. Plus de 200 ans après, tu as Paul Briquet, un médecin français qui définit la maladie comme une « névrose de l’encéphale », qui  dénombra un cas d’hystérie masculine pour 20 cas d’hystérie féminine, qui prétend que cette affection était absente chez les religieuses et fréquentes chez les prostituées, que 25% des filles d’hystériques le devenaient elles-mêmes et que l’affection touchait les couches sociales inférieures et était plus fréquente à la campagne qu’en ville. Puis en 1886, tu as Moriz Benedikt, neurologue autrichien, qui pense que les traumatismes et la sexualité infantile peuvent être les sources de l’hystérie. Dès 1889, il utilise une psychothérapie sans hypnose pour conscientiser des souvenirs ou traumas enfouis.

Puis tu as, enfin, Charcot, neurologue français, tout en conservant l’idée d’une localisation cérébrale, promut l’idée d’une origine psychogène de l’affection en faisant apparaître et disparaître les symptômes par hypnose.  Puis, en 1888, tu as Paul Julius Möbius, neurologue allemand, qui annonce que « Sont hystériques toutes les manifestations pathologiques causées par des représentations ». Mais il fallait qu’en 1893 Freud mette son nez. Avec Breuer, ils publient leurs études où ils analysent la causalité psychotraumatique et le traitement par hypnose qui consiste à réveiller les souvenirs traumatiques enfouis, à l’origine de troubles, générant une décharge émotionnelle libératrice. Freud pense bien sûr que le traumatisme à l’origine de l’hystérie est sexuel mais Breuer n’est pas d’accord. Et puis la liste est longue.

En 1952, l’hystérie disparaît des livres de médecines. Elle laisse place à la tétanie, la spasmophilie, l’anorexie, les crises de larmes ou de nerfs… et j’en passe.  Ça n’a donc rien changé. Quand une femme est trop triste, pas heureuse, perdue, se sent seule ou a envie de rester seule, c’est toujours associé à la dépression ou à l’anxiété. Si une femme craque, s’indigne et se rebelle contre l’oppression, c’est surement de l’hystérie. Ce n’est jamais considéré comme des réactions normales aux aléas de la vie.

Aujourd’hui, on invente, encore, des maladies. Les industries pharmaceutiques ont besoin de vendre, alors ils engagent des publicitaires qui feront des médicaments de merdes des comprimées et des pilules magiques pour les ménagères débordées, les célibataires déprimées, les règles douloureuses, les maternités alliées à l’insomnie et les ménopausées irritantes.

Alors, oui les femmes sont deux fois plus souvent diagnostiquées dépressives que les hommes. Je pense que tout comme les femmes, les hommes souffrent d’une conception sociale qui les façonne. Dès leur plus jeune âge, ils savent qu’ils n’ont pas le droit de pleureur. La société impose aux hommes d’être ce dur, solitaire, viril… Ce qui valorise le contrôle émotionnel. Mais ça ne veut pas dire que s’ils ne montrent pas leurs tristesses c’est qu’ils ne le sont pas. C’est qu’une femme est plus encline à consulter un médecin qu’un homme.

Pour finir, je reviens sur le fait que les femmes sont deux fois plus souvent dépressives que les hommes et ce n’est pas qu’une question d’hormones. Selon Xavier Briffault, chercheur en sociologie et épidémiologie de la santé mentale, tout le monde et à tout âge peut être concerné par un épisode dépressif. Mais les femmes sont plus exposées, comme la dépression est liée à certains facteurs de risques : milieu familiale instable, agression sexuelle, violence physique ou morale, difficultés d’accès aux études, chômage, précarité professionnelle, dépendance financière… Plus souvent, encore à cause de l’inégalité homme-femme, les femmes sont plus exposées que les hommes à ces risques. D’où, elles seront 23 % à vivre un épisode dépressif majeur au cours de leur vie, contre 12 % des hommes.

Alors si quelqu’un me dit encore que je suis hystérique parce que selon lui je suis trop émotive, il a des choix :

  • M’exorciser
  • Me brûler vif sur un bûcher
  • Me faire un massage clitoridien
  • M’offrir un cheval ou une balançoire
  • Me castrer
  • M’acheter un vibromasseur
  • Ou la plus facile de tous, mener cette bataille ensemble, contre ce système de valeurs que nous imposent l’argents, le pouvoir par l’oppression, l’injustice, et l’inégalité.

 

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